‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 331 sur 723 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

SÉBURE.

Perfide que je sois 1 infortuné Sémire !

Les bmits qu'en ces hameaux je répands tous Ittjoon

Soulageront-ils mon martyre?

Que me sert de troubler d'innocentes amoon? J'aime Ajtrée , et je tente un dessein téméraire. Je détruis son amant ; mais qne feîs-je pour moi? Ce qui le rend suspect de violer sa fol

Me rend-il capable de plaire ?

Au sein d'Astrée en vain j'ai versé cent poisons. L'implacable dépit, les injustes soupçons,

L'aveugle et la sourde colère , La jalousie, au repos si contraire,

Enfonts de l'art dont je me sers , M'ont en vain procuré le secoars des enfers. Quel fruit aura ton crime , infortuné Sé^sùn? Les mensonges divers à quoi ta donnes ooon

Soulageront-ils ton martyre?

Que te sert de troubler d'innocentes amonis ?

Je me venge, il suffit; je fais des misérables. N'est-ce pas un bien assez doux?

AchCYons ; puis retirons^ious En des déserts inhabitables.

Amants, heureux amants, dont je détruis la foi, Puissiez-vous devenir plus malheureux que moi 1

Je vois déjà cette bergère en humes; Ce doit être l'effet des dernières alarmes Par qui mon imposture a séduit sa raison. Laissons sur son esprit agur notre poison.

Page 1