‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 37 sur 723 · LIVRE vn · texte numérisé non relu

LIVRE vn

O^expicr eon forfidt. On le lui fit bien Toir.

Sdon que voos serez poissant oo misérable,

Us joKcments de coar tous rendront blanc ou noir.

FABLE IL

Le mal marié,

Qiie le boD soit toujours camarade da beau,

Dès demain je diercherai femme; Uns comme le divorce entre eux n'est pas nouTcau, Et que peu de beaux corps, hôtes d'une belle âme ,

Assemblent Tun et Tautre point, Ne trouvez pas mauvais que je ne cherche point. J'ai TD beaneoup dliTiDeos ; aucons d'eux ne me tentent : Cependant des humains presque les quatre parts S'exposent hardiment au plus grand des hasards ; Les quatre parts aussi des humains se repentent. J» vab alléguer un qui , s'étant repenti

Ne put trouver d'autre parti

Que de renvoyer son épouse ,

Querelleuse, avare , et Jalouse.

Rien ne la contentait, rien n'était comme il faut : On se levait trop tard , on se couchait trop tôt ; Puis du blanc, puis du noir, puis encore autre chose. ^ Les valets enrageaient ; Tépoux était à bout : Monsieur ne songe à rien, monsieur dépense tont ,

Monsieur court, monsieur se repose, Elle en dit tant, que monsieur, à la fin.

Lassé d'entendre un tel lutin ,

Vous la renvoie à la campagne Chez ses parents. La voilà donc compagne De certaines Pbilis qui gardent les dindons.

Avec les gardeurs de cochons.

Ao bout de quelque temps qu'on la crut adoucie, Le mari la reprend. Eh bien! qu'avez-vous ftiit?

Comment passiez-vous votre vie?

L'innocence des champs est-elle votte bit?

Assez , dit-elle : mais ma peine Était de voir les gens plus paresseux qu'ici ;

Ds n'ont des troupeaux nul souci.

Je leur savais bien dire , et m'attirais la haine

De tons ces gens si peu soigneux.

Eh 1 madame , reprit son époux tout à l'hein-e \

Si voire esprit est si hargneux

Que le numde qui ne demeure Qu'on moment avec vous, et ne revient qu'au soir ,

Est déjà lassé de vous voir.

Que feront des valets qui , toute la journée ,

Vous verront contre eux déchaînée?

Et que pourra ftdre un époux

* Cert4 dirp, inr^e-clmap. Cette exprenion n'est plut usitée «an oe fsit.

Que vous voulez qui soit jour et nuit avec vous? Retournez au village : adieu. Si de ma vie

Je vous rappelle , et qu'il m'en prenne envie , Puissé-je chez les morts avoir , pour mes péchés , Deux femmes comme vous sans cesse à mes côtes 1

FABLE lU.

Le Rai qui s'est reiirè du monde.

Les Levantins en leur légende Disent qu'un certam rat, las des soins d'ici-bas ,

Dans un fromage de Hollande

Se retira loin du tracas.

La solitude était profonde ,

S'étendant partout à la ronde. Notre ermite nouveau subsistait là dedans.

II fit tant , de pieds et de dents , Qu'en peu de jours il eut au fond de l'ermitage Le vivre et le couvert : que feut-il davantage? n devint gros et gras : Dieu prodigue ses biens

A ceux qui font voeu d'être siens.

Un jour, au dévot personnage

Des députés du peuple rat S'en vinrent demander quelque aumône légère :

Hs allaient en terre étrangère Chercher quelque secours contre le peuple chat;

Ratopolis ^ était bloquée :

On les avait contraints de partir sans argent ,

Attendu l'état indigent

De la république attaquée.

Ds demandaient fort peu , certains que le secours

Serait prêt dans quatre ou cinq jours.

Mes amis , dit le solitaire , Les choses d'id-bas ne me regardent plus :

En quoi peut un pauvre reclus

Vous assister? que peut-il foire Que de prier le del qu'Û vous aide en ced? J'espère qu'il aura de vous quelque soud.

Ayant parlé de cette sorte.

Le nouveau saint ferma sa porte

Qui désigné-je , à votre avis , Par ce rat si peu secourable ?

Un moine ? Non , mais un dervis :

Je suppose qu'un moine est toujours charitable.

FABLE IV

L€ Hérou» ^

Un jour, sur ses longs pieds , allait, je ne sais où, ' Le héron au long bec emmanché 4'Qn long cou. Il côtoyait une rivière.

' Mot composé, jlngiiifie x\Ut du Ratt.

FABLES

L'obdeétaittnnsparentefnnsiqu'aaxpliiébeaQxjou^ Bfa commère la carpe j foisait mille tomv

Avec le brochet son compère.

Le héron en eftt fait aisément son profit : Tons approchaient du bord ; Toisean n^avait qu*à

Mais il crut mieux foire d'attendre (prendre.

Qu'il eût un peu plus d'appétit :

U vivait de régime , et mangeait à ses heures. Après quelques moments Tappétit vint : Toiseau,

S*approchant du bord, vit sur Teau Des tanches qui sortaient du fond de ces demeures. Le mets ne lui plut pas ; il s'attendait à mieux ,

Et montrait un goût dédaigneux

Gomme le rat du bon Horace ^ Moi , des tanches ! dit-il , moi , héron , que je fiisse Une si pauvre chère I Et pour qui me prendkui? La tandie rebutée , il trouva du goujon. Du goujon 1 c'est bien là le diner d'un héron ! rouvrirais potu* si peu le bec 1 aux dieux ne plaise ! n rouvrit pour bien moins : tout alla de foçon

Qu'il ne vit plus aucun poisson. La feim le prit : il fut tout heureux et tout aise

De rencontrer un limaçon.

Ne soyons pas si difficiles :

Les plus accommodants., ce sont les plus habiles ; On hasarde de perdre en voulant trop gagner.

Gardez-vous de rien dédaigner , Surtout quand vous avez à peu près votre compte. Bien des gens y sont pris. Ge n'est pas aux hérons . Que je parle : écoutez , humains , un autre conte : Vous verrez que chez vous j*ai puisé ces leçons.

FABLE V

LaFillê.

Gertaine fille , un peu trop f ère ,

Prétendait trouver nn mari Jenne , bien ftdt , et beau , d'agréable manière , Point froid et point jaloux : notez ces deux points-ci.

Gette fille voulait aussi

Qu'il eût du bien, de la naissance, » De l'esprit , enfin tout. Mais qui peut tout avoir? Le Destin se montra soigneux de la pourvoir :

n vint des partis d'importance.

La belle les trouva trop chétife de moitié : Quoi 1 moi I quoi ! ces gens-là 1 l'on radote, je pense A moi les proposer! hébisl ils font pitié :

Voyez im peu la belle espèce I

■ Anarion à ces vefs d'Honce t

Copleni Ttrla fastldU oaaa • Vlnoer* tongeotit mnto tlogola dénie

Llb. M, nt. Ti, V

L'un n'avait en l'esprit nulle délicatesse ; '

L'autre avait le nez fait de cette fiiçon4à :

G'était ceci , c'était cela ;

G^était tout , car les précieuses

Font dessus tout les dédaigneuses.

Après les bons |iartîs , les médiocres gens

Vinrent se mettre sur les rangs.

Elle de se moquer. Ah ! vraiment je suis bonne De leur ouvrir la porte I Ils pensent que je suis

Fort en pdne de ma personne :

Grâce à Dieu, je passe les nuits

Sans chagrin , quoique en solitude.

La belle se sut gré de tous ces sentiments ; « L'flge la fit déchoir : adieu tous les amants. Un an se passe , et deux, avec inquiétude : Le chagrin vient ensuite ; elle sent chaque jour Déloger quelques Bis , quelques Jeux, pois rAmoor;

Puis ses traits dioquer et déplaire ; Puis cent sortes de ferds. Ses soins ne parent fûre Qu'elle échappât au temps, cet insigne larron.

Les mines d'une maison Se peuvent réparer : que n'est cet avantage

Pour les ruines du visage I Sa prédoaité ' changea lors de langage. Son miroir lui disait : Prenez vite un mari. Je ne sais quel désir le lui disait ausd : Le désir peut loger chez une précieuse. Gelle-ci fit un choix qu'on n'aurait jamais cru , Seirouvant à la fin tout aise et tout heureuse

De rencontrer un malotru.

FABLE VL

. Les Souhaits.

Il est au Mogol des follets

Qui font office de valets, Tiennent la maison propre , ont soin de l'équipage ,

Et quelquefois du jardhiage.

Sit vous tondiez à leur ouvrage^ Vous gâtez tout. Un d'eux près du Gange autrefois Gultivait le jardin d^un assez bon bourgeois. Il travaillait sans bruit, avait beaucoup d'adresse ,

Aimait le maître et la maîtresse, Et le jardin surtout Dieu sait si les Zéphyrs, Peuple ami du démon , l'asslntaiênt dans sa tâche ! Le follet , de sa part , travaillant sans relâche ,

Gomblait ses hôtes de i^aisirs.

Pour |ilus de marques de son zèle ,

■ Ce mot eft ezceUent , et si clair qu'il ii*t pas beiohi d'explication; cependant Q n'a jamais été admb dans le dictionnaire dç l'Académie française x mais, avant notre poâle, Hénage Tarai d^à employé plosieun fois dans b seconde partie de* Obup valioitu tur la lamgus franfoise, I67S, in-|a, p. 310 et 4IS.

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