LIVRE VIII
fy iModrais on plaiflir extrême.
Lemoodeest TÎeax, dit-on : je le crois; cependant D le bat amoBer enoM' comme on eniknt.
FABLE V
VHùJBMM et la Puee,
Par dei?aRix important nous ftitigoons les dieux, SouTent pour des sujets même indignes des hommes : n semUe qne le ôd ma tons tant qne nous sommes Soit obligé d*aTOir incessamment les yeux , Et que le plus petit de la race mortelle , à chaque pas qu'il Êdt , à chaque bagatelle , Doive intrigner TOlympe et tons ses citoyens , Comme s*il s^agissait des Grecs et des Troyens.
Un lot par une paoe eut Tépaide mordue. Dam ks plis de fes draps elle alla se loger. Hercule , ce dit-41 , tu devais bien pui^r la terre de celte hydre au printemps revenue I Qne Cus^u , Jupiter, que du haut de la npe Ta n'en perdes la race afin de me venger l
Pour tuer mie puce , il voulait obliger
Ces dieux à lui prêter leur foudre et leur massue.
FABLE VL LêS Femmes et le Secret
Rien ne pèse tant qu'un secret :
Le porter loin est difficile aux dames ; Et je sais même sur ce fiiit Bon nombre dliommes qui sont femmes.
Pour éproavcr la sienne un mari s'écria ,
La nuit , étant près d'elle : O dieux 1 qu'est-ce cela?
Je n'en pnis plus I on me déchire I (voilà
Qooîl j'acooocfae d'un œuf! ^D'un œuf? — Oui, le Frais et nouveau pondu : gardez bien de le dire; On m'appellerait poule. Enfin n^en pariez pas.
La femme, neuve sur ce cas ,
Ainsi qne sur mainte autre affoire , Crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire;
Hais ce serment s'évanouit .
Avec les ombres de la nuit.
L'épouse, indisorète et peu fine ,
eeat vingl-iKavième noavelle de Boniventiire dei Ferien, «omiDe fa prétenda uo oommenUteur de notre poète. PemoU mil en ven le ooote de PtaMrd*Ant , et fl a été publié séparé- ■ent avec la noaTelle de GriséiidU de Boocaœ. versifiée par le nêoie anteor, maie poetérlearement à cette (abte. Ces contes de ftei, r^leonie da tenipede Louis XIV, ont une origfne plus ■vienne. Vojrei lee LMret sur l'm-igHie de ta féerie et $ur fuwnleedeféèeaUiH^iêés à Perrault, IS26, lQ-12,
Sort du lit quand le jour ftat à peine levé ;
Et de courir chez sa voisine :
Ma commère , dit-elle , un cas est arrivé ; N'en dites rien surtout , car vous me feriez battre : Mon mari vient de pondre un œuf gros comme quatre.
Au nom de Dieu , gardez-vous bien
D'aller publier ce mystère.
Vous moquez-vous? dit Tautre: ahl vous ne savez Quelle je suis. Allez, ne craignez rien, (guère La femme du pcmdeur ' s'en retourne chez elle. L'autre grille déjà de conter la nouvelle : Elle va là répandre en plus de dix endroits :
Au lieu d'un œuf elle en dit trois.
Ce n'est pas eucor tout ; car une autre commère En dit quatre , et raconte à Toreille le fait ;
Précaution peu nécessaire,
Car ce n'était plus un secret.
Comme le nombre d'œufe , grâce à la prénommée
De bouche en bouche allait croissant ,
Avant la fin de la journée
Us se montaient à plus d'un cent.
FABLE VU
Le Chien qui porte à son cou le dîné de son Maître.
Nous n'avons pas les yeux à l'épreuve des belles , Ni les mains à celle de Tor :
Peu de gens gardent un trésor Avec des soins assez fidèles.
Certain chien , qui portait la pitance au logis , S'était fait un collier du diné de son maître. Il était tempérant , plus qu'il n'eût voulu l'être
Quand il voyait un mets exquis; Mais enfin il l'était : et^ tous tant que nous sommes, Nous nous laissons tenter à l'approche des biens. Chose étrangel on apprend la tempérance aux chiens,
Et l'on ne peut rapprendre aux hommes!
Ce chien-ci donc étant de la sorte atoumé , Un mâtin passe , et veut lui prendre le diné.
n n'en eut pas toute la joie Qn'il espérait d'abord : le chien mit bas la proie Pour la défendre mieux , n'en étant plus chargé.
Grand combat. D'autres chiens arriveiit :
Us étaient de ceux-là qui vivent Sur le public , et craignent peu les coups. Notre chien , se voyant trop faible contre eux tons , Et que la chair courait un danger manifeste , Voulut avoir sa part; et , lui sage , il leur dit : Point de courroux , messieurs ; mon lopin me suffit:
Faites votre profit du reste.
* Mot de la création de notre poète, si bien adapté k cette lilslorielte qu'on ne pourrait peut-être l'employer aiilenn.
FABLES
k ces moto , le premier, il toos bappe ui morceta ; £t chacun de tirer, le mâtin , la canaille , A qui mienx mieux : ils firent tons ripaille Chacon d'eox eut part an gâteau.
Je crois voir en ced rimage^^nne viUe
Où Ton met les deniers à la merci des gens.
Échevins , préTÔt des marchands ,
Tout foit sa main : le plus habile Donne aux autres Texemple, et c'est un passe-temps De leur Yoir nettoyer un monceau de p&stoles. Si quelque scnipuleux , par des raisons MtoIcs , Veut défendre Targent , et dit le moindre mot ,
On lui foit voir qu'il est un sot.
n n'a pas de peine à se rendre.
C'est bientôt le premier à prendre.
FABLE VIIL
Le iliaur ei l$s Poisicns.
On cherche les rieurs; et moi je les éTÎte.
Cet art veut , sur tout autre , un suprême mérite :
Dieu ne créa que pour les soto
Les méchanto diseurs de bons moto.
Tea Tais peut^tre en une feble
Introduire un ; peut-être aussi Que quelqu'un trouvera que j'aurai réussi.
Un rieur était à la table D'un financier, et n'avait en son coin Que de petito poissons : tons les gros étaient loin. Il prend donc les menus , puis leur parle à Toreille ;
Et puis il feint , à la pareille , D'écouter leur réponse. On demeura surpris :
Cela suspendit les esprito.
Le rieur alor^, d'un ton sage ,
Dit qu'il craignait qu^un sien ami ,
Pour les grandes Indes parti ,
FTeût depuis un an Ikit nauftrage.
Ils'en informait donc à ce menu fretin : Mais tous lui répondaient qu'ils n'étaient pas d'un âge
A savoir au vrai son destin ;
Les gros en sauraient davantage.
FTen pui&je donc , messieurs , un gros interroger?
De dire si la compagnie
Prit goût à sa plaisanterie , J'en doute ; mais enfin il les sut engager A lui servir d*un monstre assez vieux pour lui dire Tous les noms des chercheurs de mondes inconnus
Qui n'en étaient pas reVenus , Et que depuis cent ans sous Fablme avaient vu^
Leto anciens du vaste empire.
FABLE IX
URatet VHnUn.
Un rat, hôte d'un champ, ratdepeudeoerfeUe, Des lares paternels un jour se trouva soûl, n laisse là le diamp, le grain, et la javelle, Va courir le pays , abandonne son trou.
Sitût qu'il fut hors de la case :
Que le monde, dit-il, est grand et spadenxl Voilà les Apennins , et vdci le Caucase ! La moindre taupinée était mont à ses yeux. Au bout de quelques jours le voyageur arrive En un certain canton on Téthys sur la rive Avait laissé mainte huître ; et notre rat d'abord Crut voir, en les voyant , des vaisseaux de haut bord. Certes , dit-il , mon père était un pauvre sire I n n'osait voyager, craintif au dernier point. Pour moi , j'ai déjà vu le maritime empire : J'ai passé les déserto ; mais nous n'y bûmes point '. D'un certain magister le rat tenait ces choses ,
Et les disait à travers champs ; N'étant point de ces rato qui , les livres rongeante,
Se font savanto jusques aux dento.
Parmi tant d'huîtres toutes doses Une s'était ouverte ; et , bâillant au soleil , .
Par un doux zéphyr réjouie , ^
Humait Taîr, respirait , était épanouie , Blanche, grasse, et d'un goût, à la voir, nonpareil. D'aussi loin que le rat voit cette huître qui bâille : Qu'aperçoisje 1 dit-il ; c'est quelque victuaille I Et, si je ne me trompe à la couleur du mets, Je dois faire aujourd'hui bonne chère , ou jamais. Là-dessus , maitre rat , plein de belle espérance , Approche de l'écaillé, allonge un peu le cou , Se sent pris comme aux lacs ; car l'huître tout d'un Se referme. Et voilà ce que fiiit l'ignorance, foonp
Cette fable contient plus d'un enseignement :
Nous y voyons premièrement Que cepx qui n'ont du monde aucune expérience Sont, aux moindres objeto, frappés d'étonnement; Et puis nous y pouvons apprendre Que tel est pris qui croyait prendre.
* AHuikm à an paMage de Rabetata, Ihrve I, ch. xxxni, 1. 1 . p. 123. Qaand oo propose tPicroGhole la oonqnêle du monde, et qu'on lai fait traTener en idée . avec toute sa suite , les trois Arables, il dît : « Hat paoYies gens, que boH^ont-noos par ces déserts? ■ On lui répond qu'on a pourvu à tout, et que la et nvane de la Mecque s*y trouve, et lui fournit du pain et do via. • Voira (dit Picrochoie) , maisBOos ne tuimes poinot (rais. »