‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 44 sur 723 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

fy iModrais on plaiflir extrême.

Lemoodeest TÎeax, dit-on : je le crois; cependant D le bat amoBer enoM' comme on eniknt.

FABLE V

VHùJBMM et la Puee,

Par dei?aRix important nous ftitigoons les dieux, SouTent pour des sujets même indignes des hommes : n semUe qne le ôd ma tons tant qne nous sommes Soit obligé d*aTOir incessamment les yeux , Et que le plus petit de la race mortelle , à chaque pas qu'il Êdt , à chaque bagatelle , Doive intrigner TOlympe et tons ses citoyens , Comme s*il s^agissait des Grecs et des Troyens.

Un lot par une paoe eut Tépaide mordue. Dam ks plis de fes draps elle alla se loger. Hercule , ce dit-41 , tu devais bien pui^r la terre de celte hydre au printemps revenue I Qne Cus^u , Jupiter, que du haut de la npe Ta n'en perdes la race afin de me venger l

Pour tuer mie puce , il voulait obliger

Ces dieux à lui prêter leur foudre et leur massue.

FABLE VL LêS Femmes et le Secret

Rien ne pèse tant qu'un secret :

Le porter loin est difficile aux dames ; Et je sais même sur ce fiiit Bon nombre dliommes qui sont femmes.

Pour éproavcr la sienne un mari s'écria ,

La nuit , étant près d'elle : O dieux 1 qu'est-ce cela?

Je n'en pnis plus I on me déchire I (voilà

Qooîl j'acooocfae d'un œuf! ^D'un œuf? — Oui, le Frais et nouveau pondu : gardez bien de le dire; On m'appellerait poule. Enfin n^en pariez pas.

La femme, neuve sur ce cas ,

Ainsi qne sur mainte autre affoire , Crut la chose, et promit ses grands dieux de se taire;

Hais ce serment s'évanouit .

Avec les ombres de la nuit.

L'épouse, indisorète et peu fine ,

eeat vingl-iKavième noavelle de Boniventiire dei Ferien, «omiDe fa prétenda uo oommenUteur de notre poète. PemoU mil en ven le ooote de PtaMrd*Ant , et fl a été publié séparé- ■ent avec la noaTelle de GriséiidU de Boocaœ. versifiée par le nêoie anteor, maie poetérlearement à cette (abte. Ces contes de ftei, r^leonie da tenipede Louis XIV, ont une origfne plus ■vienne. Vojrei lee LMret sur l'm-igHie de ta féerie et $ur fuwnleedeféèeaUiH^iêés à Perrault, IS26, lQ-12,

Sort du lit quand le jour ftat à peine levé ;

Et de courir chez sa voisine :

Ma commère , dit-elle , un cas est arrivé ; N'en dites rien surtout , car vous me feriez battre : Mon mari vient de pondre un œuf gros comme quatre.

Au nom de Dieu , gardez-vous bien

D'aller publier ce mystère.

Vous moquez-vous? dit Tautre: ahl vous ne savez Quelle je suis. Allez, ne craignez rien, (guère La femme du pcmdeur ' s'en retourne chez elle. L'autre grille déjà de conter la nouvelle : Elle va là répandre en plus de dix endroits :

Au lieu d'un œuf elle en dit trois.

Ce n'est pas eucor tout ; car une autre commère En dit quatre , et raconte à Toreille le fait ;

Précaution peu nécessaire,

Car ce n'était plus un secret.

Comme le nombre d'œufe , grâce à la prénommée

De bouche en bouche allait croissant ,

Avant la fin de la journée

Us se montaient à plus d'un cent.

FABLE VU

Le Chien qui porte à son cou le dîné de son Maître.

Nous n'avons pas les yeux à l'épreuve des belles , Ni les mains à celle de Tor :

Peu de gens gardent un trésor Avec des soins assez fidèles.

Certain chien , qui portait la pitance au logis , S'était fait un collier du diné de son maître. Il était tempérant , plus qu'il n'eût voulu l'être

Quand il voyait un mets exquis; Mais enfin il l'était : et^ tous tant que nous sommes, Nous nous laissons tenter à l'approche des biens. Chose étrangel on apprend la tempérance aux chiens,

Et l'on ne peut rapprendre aux hommes!

Ce chien-ci donc étant de la sorte atoumé , Un mâtin passe , et veut lui prendre le diné.

n n'en eut pas toute la joie Qn'il espérait d'abord : le chien mit bas la proie Pour la défendre mieux , n'en étant plus chargé.

Grand combat. D'autres chiens arriveiit :

Us étaient de ceux-là qui vivent Sur le public , et craignent peu les coups. Notre chien , se voyant trop faible contre eux tons , Et que la chair courait un danger manifeste , Voulut avoir sa part; et , lui sage , il leur dit : Point de courroux , messieurs ; mon lopin me suffit:

Faites votre profit du reste.

* Mot de la création de notre poète, si bien adapté k cette lilslorielte qu'on ne pourrait peut-être l'employer aiilenn.

FABLES

k ces moto , le premier, il toos bappe ui morceta ; £t chacun de tirer, le mâtin , la canaille , A qui mienx mieux : ils firent tons ripaille Chacon d'eox eut part an gâteau.

Je crois voir en ced rimage^^nne viUe

Où Ton met les deniers à la merci des gens.

Échevins , préTÔt des marchands ,

Tout foit sa main : le plus habile Donne aux autres Texemple, et c'est un passe-temps De leur Yoir nettoyer un monceau de p&stoles. Si quelque scnipuleux , par des raisons MtoIcs , Veut défendre Targent , et dit le moindre mot ,

On lui foit voir qu'il est un sot.

n n'a pas de peine à se rendre.

C'est bientôt le premier à prendre.

FABLE VIIL

Le iliaur ei l$s Poisicns.

On cherche les rieurs; et moi je les éTÎte.

Cet art veut , sur tout autre , un suprême mérite :

Dieu ne créa que pour les soto

Les méchanto diseurs de bons moto.

Tea Tais peut^tre en une feble

Introduire un ; peut-être aussi Que quelqu'un trouvera que j'aurai réussi.

Un rieur était à la table D'un financier, et n'avait en son coin Que de petito poissons : tons les gros étaient loin. Il prend donc les menus , puis leur parle à Toreille ;

Et puis il feint , à la pareille , D'écouter leur réponse. On demeura surpris :

Cela suspendit les esprito.

Le rieur alor^, d'un ton sage ,

Dit qu'il craignait qu^un sien ami ,

Pour les grandes Indes parti ,

FTeût depuis un an Ikit nauftrage.

Ils'en informait donc à ce menu fretin : Mais tous lui répondaient qu'ils n'étaient pas d'un âge

A savoir au vrai son destin ;

Les gros en sauraient davantage.

FTen pui&je donc , messieurs , un gros interroger?

De dire si la compagnie

Prit goût à sa plaisanterie , J'en doute ; mais enfin il les sut engager A lui servir d*un monstre assez vieux pour lui dire Tous les noms des chercheurs de mondes inconnus

Qui n'en étaient pas reVenus , Et que depuis cent ans sous Fablme avaient vu^

Leto anciens du vaste empire.

FABLE IX

URatet VHnUn.

Un rat, hôte d'un champ, ratdepeudeoerfeUe, Des lares paternels un jour se trouva soûl, n laisse là le diamp, le grain, et la javelle, Va courir le pays , abandonne son trou.

Sitût qu'il fut hors de la case :

Que le monde, dit-il, est grand et spadenxl Voilà les Apennins , et vdci le Caucase ! La moindre taupinée était mont à ses yeux. Au bout de quelques jours le voyageur arrive En un certain canton on Téthys sur la rive Avait laissé mainte huître ; et notre rat d'abord Crut voir, en les voyant , des vaisseaux de haut bord. Certes , dit-il , mon père était un pauvre sire I n n'osait voyager, craintif au dernier point. Pour moi , j'ai déjà vu le maritime empire : J'ai passé les déserto ; mais nous n'y bûmes point '. D'un certain magister le rat tenait ces choses ,

Et les disait à travers champs ; N'étant point de ces rato qui , les livres rongeante,

Se font savanto jusques aux dento.

Parmi tant d'huîtres toutes doses Une s'était ouverte ; et , bâillant au soleil , .

Par un doux zéphyr réjouie , ^

Humait Taîr, respirait , était épanouie , Blanche, grasse, et d'un goût, à la voir, nonpareil. D'aussi loin que le rat voit cette huître qui bâille : Qu'aperçoisje 1 dit-il ; c'est quelque victuaille I Et, si je ne me trompe à la couleur du mets, Je dois faire aujourd'hui bonne chère , ou jamais. Là-dessus , maitre rat , plein de belle espérance , Approche de l'écaillé, allonge un peu le cou , Se sent pris comme aux lacs ; car l'huître tout d'un Se referme. Et voilà ce que fiiit l'ignorance, foonp

Cette fable contient plus d'un enseignement :

Nous y voyons premièrement Que cepx qui n'ont du monde aucune expérience Sont, aux moindres objeto, frappés d'étonnement; Et puis nous y pouvons apprendre Que tel est pris qui croyait prendre.

* AHuikm à an paMage de Rabetata, Ihrve I, ch. xxxni, 1. 1 . p. 123. Qaand oo propose tPicroGhole la oonqnêle du monde, et qu'on lai fait traTener en idée . avec toute sa suite , les trois Arables, il dît : « Hat paoYies gens, que boH^ont-noos par ces déserts? ■ On lui répond qu'on a pourvu à tout, et que la et nvane de la Mecque s*y trouve, et lui fournit du pain et do via. • Voira (dit Picrochoie) , maisBOos ne tuimes poinot (rais. »

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