POUR MADEMOISELLE DE SILLERT
J'avais Esope quitté Pour être tout à Boccace' ; Mais une divimté . Veut revoir sur le Parnasse Des fobles de ma façon.
Or, d'aller lui dire : Non , Sans quelque valable excuse , Ce n'est pas comme on en use Avec les divinités , Surtout quand ce sont de celles Que la qualité de Belles Fait reines des volontés.
Car, afin que Ton le sache , C'est Sillery qui s'attache A vouloir 4ue , de nouveau , Sire loup , sire corbeau , « Chez moi se parlent en rime.
Qui dit Sillery dit tqut :
Peu de gens en leur estime Lui refusent le haut bout ; Comment le pourrait-on foire?
Pour venir à notre affaire ,
Mes contes , à son avis ,
Sont obscurs : les beaux esprits
N'entendent pas toute chose '.
Faisons donc quelques récits
Qu'elle déchiffre sans glose :
Amenons des bergers ; et puis nous rimerons Ce que disent entre eux les loups et les moutons.
Tiras disait un jour à la jeune Amarante :
> Gabrielle-Prançoise Brulartde Sillery, nièce , par sa mtet, du duc de la RocheflbuCauld. l'auteur des Maximes, Bile fut mariée le 2S mai 1075 k Louis de Tlbergeau, marquis de U M othe au Maine, et mourut k Paris , le V juin 1739 , k l'Age de quatre-vingt-trois ans. (Voyei notre Histoire de ia 9ié et du ouvrages de la Fontaine, troisième éditiou. p. 288.) Ces bib prouTent que notre auteur a composé cette fable arant te noii de mal 1875.
s Un grand nombre de bblea de notre po^ sont tiréeid'Bsope. et n a puisé dans Boccace les sujets de plusinurs de tes contes. Il en avait publié un recueil en I67S> doutla vent<* atait été interdite par sentence de police : orqni ne Tempèchait pv d'avouer qu'il s'occupait encoreà composerde nouveaui oootei. Peut-èlre aussi cet aveu prouve-t-ll que la composlUoD de ceitt tible est antérieure k Tannée 1673. Quoi qu'il en soit, il iiu^ de nouveaux contes parmi d'autres poésies de lui, publiées postérieurement k cette fable, en iaS2 et en ISSS.
' Une demoiselle qui ne craignait pas d'avouer qu'elle avsft lu les contes de notre poète devait dédrer faire croire qu'elle M les comprenait pas bien. 11 est étonnant qu'un esprit aussi dâié queChamfort n'ait pasentendn le sens de cette pbnw, nlspoi* rirooio fine et délicate qu'eUe ranfemie.