LIVRE VIII
Ahl M ToasconnaîfflieT comiiic moi certain naal
Qui nous plaît et qui nous enchante , QB*e8lbie&80i]slecîeIqai vous parût égail
Souffrez qu'on yous le conunnniqne -,
CmfeÈrËÈMÂy n*ayez point de peur :
Yoidrai»-je yoos tromper, tous, pour qui je me pique te plus doux sentiments que puisse avoir un cœur î
Amarante aussitôt réplique :
CoBHDent Tappelez-vous, ce oôal? quel est son nom?— l'iBioar.— Ce mot est beaul dites-moi quelques mar- ^ <|Qoi je le pourrai connaître : que sent-on? — [ques ^pdnes près de qui le plaisir des monarques ^k eonoyeux et fode : on s'oublie , on se plaît
Toute seule en une forêt.
Se mire-t-on près d'un rivage , n'est pas soi qu'on voit ; on ne voit qu^une image i sans cesse revient , et qui soit en tous lieux :
Pour tout le reste on est sans yeux.
n est un berger du village Xoot l'abord , dont la voix , dont le nom fait rougir :
On soupire à son souvenir ; On ne sait pas pourquoi , cependant on soupire ; On a peur de le voir, encor qu'on le désire.
Amarante dit à l'instant :
Oh 1 oh I c'est là ce mal que vous me prêchez tant ! B ne m*est pas nouveau : je pense le connaître.
Tircis à son but croyait être , Quand la belle ajouta : Voilà tout justement
Ce que je sens pour Clidamant.
L'autre pensa mourir de dépit et de honte.
n est force gens comme lui , Qui prétendent n'agir que pour leur propre compte, Et qui font le marché d'autrui.
FABLE XIV
Les Obsèquei de la Lionne.
La feoune du lion mourut ;
Ausitdt chacun accourut
Pour s'acquitter envers le prince De certains ooinpliments de consolation ,
Qm sont surcroît d'afOiction.
B fit ayerdr sa province
Que les obsèques se feraient Unid jouTyCn tel lieu; ses prévôts y seraient
Pour ré^er la cérémonie ,
Et pour placer la compagnie.
Jogez si chacun s'y trouva.
Le prince aux cris s'abandonna ,
Et tout son antre en résonna :
Les lions n'ont point d'autre temple.
On entendit, à son exemple.
Rugir en leur patois messieurs les courtisans.
Je définis la cour on pays où les gens , Tristes , gais , prêts à tout , à tout indifférents , Sont ce qu'il plaît au prince, ou s'ils ne peuvent rêtre)
Tâchent au moins de le paraître \ Peuple caméléon, peuple singe du maître; On dirait qu'un esprit anime mille eorpa : C'est bien là que les gens sont de simiÂca ressorts.
Pour revenir à notre affaire ^ Le cerf ne pleura point. Cotnment eûtril pn fidre? Cette mort le vengeait .' la reine avait jadb
Étrange sa femme et son fils.
Bref, il ne pleura point. Un flatteur l'alla dire ,
Et soutint qu*il l'avait vu rire.
La colère du roi , comme dit Salomon , .Est terrible, et surtout celle du roi lion ; Mais ce cerf n'avait pas accoutumé de lire. Le monarque lui dit : Cbétif hôte des bois , Tn ris 1 tu ne suis pas ces gémissantes voix 1 Nous n'appliquerons point sur tes membres profones
Nos sacrés ongles! Venez , loups.
Vengez la reine ; inmiolez , tous ,
Ce traître à ses augustes mânes.
Le cerf reprit alors : Sire, le temps de pleurs * Est passé; la douleur est ici superfluCr Votre digne moitié , couchée entre des fleurs ,
Tout près d'ici m'est apparue ;
Et je l'ai d'abord reconnue.
Ami , m'a-t-elle dit , garde que ce convoi , Quand je vais chez les dieux, ne t'oblige à des larmes. Aux champs élysiens j'ai goûté mille charmes , Conversant avec ceux qui sont saints comme moi. Laisse agir quelque temps le désespoir du roi : J'y prends plaisir. A peine on eut oui la diose , Qu'on se mit à crier : Miracle 1 Apothéose,! Le cerf eut un présent , bien loin d'être puni.
Amusez les rois par des songes , Flattez-les , payez-les d'agréables mensonges : Quelque indignation dont leur cœur soit rempli | Bs goberont l'appât; vous serez leur ami.
FABLE XV
Le Rat et VÈliphant.
Se croire un personnage est fort commun en France : On y feit l'homme d'imi)ortance , Et l'on n'est souvent qu'un bourgeois.
C'est proprement le mal françois :
* Vil. Kditian dé 1678 : parétre. U Fontaine a écrit ainsi oe mot poar rimer, aux jeta comme à l'oreiUe , arec le Yen précédent, et par une licence commune ani poêles de çon temps.
> Vab. Les éditions, excepté celle de Coste, 1743, et celle de Didot pour le Dauphin, mettent à tort (• tmnips àM plmrs.
FABLES
La soite vanité nous «t paitieolière.
Les Espagnols sont vains, mais d^une aulre manière : Le w orgueil me semble , en on mot | Beaucoup plus fou , mais pas si sot.
Donnons quelque image du q^tre, Qui sans doute en Taatfaien un antre*
tJn rat des plus petits voyait un éléphant
î>es plus gros , et raillait le marcher un pealest
De la bête de haut parage , * Qui mardiait à gros équipage.
Sur ranimai à triple étage
Une sultane de renom ,
Son chien , son chat et sa guenon , Son perroquet, sa vieille, et tonte sa maison ,
S'en allait en pèlerinage.
Le rat s^étonnait que les gens Fussent touchés de voir cette pesante masse : Comme si d'occuper on plus ou moins de place liions rendait, disait-il , plus on moins importants ( Mais qu*admirez-vous tant en lui,vousautre8 hommes? Serait-ce ce grand corps qui fait peur aux enfeints ? Noosne nous prisons pas, tout petitsque nous sommesi
D'un grain moins que les éléphants.
n en aurait dit davantage ;
Mais le chat, sortant de sa cage ,
Lui fit voir en moins d'nn instant
Qn'un rat n^est pas nn éléphant.
FABLE XVL
VHoroseope»
On rencontre sa destinée r Souvent par des chendns qu'on prend ponr Téviter,
Un père eut pour toute lignée Un fils qu'il aima trop , jusques à consulter
Sur le sort de sa génitnre
Les diseurs de bonne aventure.
Un de ces gens lui dit que des lions surtout Il éloignât Tenfisint jusques à certain âge ;
Jusqu^à vingt ans , point davantage.
Le père , poor venir â bout D*une précaution sur qui roulait la vie De celui qu'il aimait, défendit que jamais On lui laissât passer le seuil de wa palais* 0 pouvait , sans sortir, contenter son envie i Avec ses compagnons tout le jour badiner,
Sauter, courir, se promener.
Quand il fut en Page où la chasse
Plaît le plus aux jeunes esprits ,
Cet exerdœ avec méprit
Loi Alt dépeint ; nuds, c]noi qu'on ftuse ,
Propos , conseil , enseignement ,
Rien ne diange nn tempérament.
Le jeûne homme, inquiet, ardent, plein de conrage, A peine se sentit des bonillons d^un tel âge ,
Qu'il soupira poor ce plaisir.
Plus l'obstade était grand, pins fort Ait le désir, n savait le sujet des fatales défenses ; Et comme ce logis, plein de magnificences ,
Abondait partout en tableaux ,
Et que la laine et les pinceaux Traçaient de tous côtés chasses et paysages,
En cet endroit des aiûmanx ,
En cet autre des personnages , Le jeune homme s'émeut, voyant peint nn licm : Ah ! monstre , cria-t-il ; c^est toi qui me ftds vivra Dans l'ombre et dans les fers ! A ces mots il se livre Anx transports violents de Tindignation ,
Porte le poing sur Tinnooente l)éte.
Sous la tapisserie un don se rencontra :
Ce don le blesse , il pénétra Jusqu'aux ressorts de l'âme ; et cette dière tète , ' Pour qui l'art d'Esculape en vain fit ce qa*U put , Dut sa perle à ces soins qu^on prit ponr son saint '. Même précaution nuisît au poète Eschyle* Quelque devin le menaça , ditK)n ,
De la chute d*une maison.
Aussitôt y quitta la ville , Mit son lit en plein champ, loin des toits , sooi lei Un aigle , qui portait en Tair une tortue , [deux. Passa par là , vit l'homme , et sur sa tête nue , Qui parut un morceau de rocher à ses yeux ,
Etant de cheveux dépourvue , Laissa tomber sa proie , afin de la casser : Le pauvre Eschyle ainsi sut ses jours avancer*
De ces exemples il résulte Que cet art , s'il est vrai, fait tomber dans les miax
Que craint celufi qui le consulte ; Mais je l'en justifie , et maintiens qu'il est ftiox.
' Je ne crois pdntque la Nature Se soit lié les mains , et nous !•» lie encor Jusqu^au point de marquer dans les denxnotresort:
Il dépend d'une conjoneture
De lieux , de personnes , de temps ; Non des conjonctions de tous ces <^ariatans. Ce berger et ce roi sont sons même i^anète ; L'un d'eux porte le sceptre , et l'autre la houlette.
«M.Solvet dit dam ses Éiudês sur LaFcmiolmêitU, p. 77). qu'une aTcntare lemblalile è ceito qui est nooalte dans cet apologue est arriTée au célébra poète Drjden et à aoa fis- Ce îa^t est taux. Il a été Inventé par une certaine iemmenoamée Élisaltftb tbotoMt avec laquelle Diyden était fort lié. d qu'il a odébrée sons le non de Corinne. Vf^ei J%ê «rilM and MUûeUanetm* froê wwht ol Jonli Dijden, la-S*. IM 1. 1. p. <l(»4-4af .