LIVRE I
debeûux objets. Aprèsavoir louéses principales vertus, les luiDières de son esprit, ses qualités héroïques, la science de commander; après, dis-je , ravoir loué fort longtemps, ik revinrent à leur premier entretien, et dirent que Jupiter seul peut continuellement s'appliquer à la cûDdaite de l'univers. Les hommes ont besoin de quelque relâche. Alexandre faisait la débauche; Auguste jouait; Scipion et Laelius s'amusaientsouvent à jeter des pierres plates sur l'eau: notre monarque se divertit à *feire bâtir des pûlais, cela est digne d'un roi. Il y a même une utilité générale ; car , par ce moyen , les sujets peovent prendre part aux plaisirs du prince, et Toir avec admiration ce qui n'est pas foit pour eux. Tant de beaux jardins et de somptueux édifices sont la gloire de leur pays. Et que ne disent point les étrangers I Que ne dira point la postérité quand elle verra ces chefs^l'œuvre de tous les arts!
Les réflexionsde nos quatre amis finirent avec leur repas. Ils retournèrent au château ; virent les dedans , que je ne décrirai point, ce serait «oe œuvre infinie. Entre autres beautés, ils s'arrêtèrent longtemps à considérer le lit , la tapisserie et les sièges dont on a meublé lacham* breei le cabioet du roi. C'est un tissu de la Chine, plein de figures qui contiennent toute b religion, de ce pays-là. Faute de brachmane, nos quatre amis ny comprirent rien.
Da château ils passèrent dans les jardins, et prièrent celui qui les conduisait, de les lai^er dans la grotte * jusqu'à ce que la chaleur fût adoucie; ils avaient fait apporter des sièges. UûT billet venait de si bonne part, qu'on leur accorda ce qu'ils demandaient : même afin de rendre le lieu plus frais , on en fit jouer les eaux. La face de cette grotte est composée, en dehors, de trois arcades, qui font autant de portes grillées *. Au milieu d'une des arcades est on soleil, de qui les rayons servent de barreaux aux portes ' : il ne s'est jamais rien in-
* n l'agit îd de la grotte de Tétliys . qui depuis a été dé- Mie. mali doat fl eiMe une descriptioo qui est le meilleur ^"■BeBUire deoeUe de notre poète. Vofcx Description de la Qi^tit de yerêoillesi à Paris, de Vimprimetie royale , tilVt in^/Wl». LfC texte , qui est de FeUliien , a ooie pages , et 1» BOQdm des planches est de vingt
* Ces trois portes éuieot de fer : elles ont été gratées par le Ntoe, en ICTS. Voyez planclie II de la description , etc.
' Ces rsygos étalent dorés , et comme ils étaient tournés an
venté de si à propos, ni de si plein d*art. Audessus sont trois bas-reUe(s.
Dans rue, le dieu da jour achève sa carrière. Le sculpteur a marqué ces longB traUs de lumière, Ce* rayons dont l'éclat, dans les airs s'épanchant. Peint d'un si riche émail les portes du couchant ». On Toit aux deux côtés 16 peuple d'Amathonte Préparer le chemin sur des dauphins qu'il monte '. Chaque Amour à l'envi semble se réjouir De l'approche du dieu dont Télhys va jouir , Des troupes de séphyrs dans les airs se promènent , Les tritons emprises sur les flots font et Tiennent >. Le dedans de la grotte est tel, que les regards. Incertains de leur choix, courent de toutes parts <. Tant d'ornements divers^ tous capables de plaire, Fodt accorder le prix tantôt au statuaire , Et tantôt à celui dont l'art industrieux • Des trésors d'Amphitrite a re?étu ces lieux. La Yoùte et le pavé sont d'un rare assemblage : Ces caUloux que la mer pousse sur son rivage , Ou qu'enferme en son adn le terrestre élément , DiiR^'ents en couleur, font maûit compartiment^. Au haut de six piliers d'une égale structure , Six masques de rocaille, à grotesque figure, Songes de l'art, démons bixarrement forgés , An-dessus d'une niche en face sont rangés ^. De mille raretés la niche est toute pleine : Un triton d'un côté, de l'autre une sirène. Ont chacun une conque en leurs mains de rocher; Leur souffle pousse un jet qui va loin s'épancher ^.
couchant, quand le sdeU frappait dessus, Us faisaient on effet magique . et paraissaient de véritables traits de lumière.
* Ce baSHreiief do soleil qui se couche dans la mer était de Girard Vanopstal de Bruxelles. Voyn la planche III da la descriptitm gravée par le Pôtre en IS7S. •
> Ces peUts Amours, qui se jouent avec les daopUns, Ibr^ maient quatre médaUlons ronds sur la plinthe au-dessous, cl étaient du même scqlpteur que les tMs>reUels. Voyei les planches V et VI de la deseriptionn
" ces troupes de tritons et de néréides étaient deux grands bas-reliefli carrés snr la plinthe en haut et de chaque côté du soleU , qui , sur son char, se précipitait dans la mer. Us étalent du même sculpteur que les précédents. Voyei planche IV de la description, gnvée aussi par le POIre , en 1675.
* Vis-k-vis des trois portes il y avait des enfoncements séparf<s par deux gros massifii ou pUien isolés t Apollon était dans l'enfoncement du milieu, et le» chevaux dans les deux autres. Voyez la planche VII de la description dont Fintitulé est x Fue du fond de la grotte ornée de trots groupes de marbre blanc, gwi représentent le soleil au milieu des nymphe* de Téthys, et ses ehecaux pansés par Us triions; gravés par le pOtre en 1876.
* Ces coquUies étaient séparées par des bandes de différents marbres.
* Voyez . dans la description , la planche XV, gravée par Chauv^au eu 1675. Elle représente ces masques de coquillages et de rocailles.
' c'est-à-dire, un Jet d'eau qui tombait dans une coquille da marbre. Voyez Feliblen, page 5 de la deseriptîon, et In planches VIII, IX. X.XI. XII et XIII, gravées parlerôtrcen 1673. Elles représentent les pUiers umés de coquillages et da ro cailles, avec un bassin de marbre blanc en forme de coqnOl»
LES AMOURS DE JPSYCHÉ
An haut de chaque niche un bassin répand l'onde : Le maBque la Tomlt de sa gorge profonde * ; Elle retombe en nappe, et compose un tissa Qn'nn antre bassin rend sitôt qu'il Ta reçu. Le lirait, l'éclat de l'eau, sa blancheur transparente. D'un Toile de cristal alors peu différente, Font goûter un plaish* de cent plaisirs mêlé. Quand l'eau cesse, et qu'on voit son cristal éooalé, La nacre et le corail en réparent l'absence : Morceaux pétrifiés, coquillage, croissance. Caprices infinis du hasard et des eaux , Reparaissent aux yenx, plus brillants et plus beaux. Dans le fond de la grotte une arcade est remplie De marbres à qui l'art a donné de la Tie. Le dieu de ces rochers, sur une urne pendié , Goûte un morne repos, en son antre couché. L'urne fine un torrent; tout l'antre s'en abreure; L'ean retombe en glacis, et fait un large fieuve *.
J'ai pu jusqu'à présent exprimer quelques traita De ceux que Ton admire en ce moite palais : Le reste est an-dessus de mon faible génie. Toi qui lui peux donner une force infinie. Dieu des ters e| du jour, Phébqs, inspire-moi : Aussi bien désormais fiint-il parler de toi. Quand le soleil est las, et qu'il a fait la tâche , Il descend chcs Téthys, et prend quelque rel^e : C'est ainsi que Louis s'en fa se délasser D'un soin que tous les jours il fout recommencer. Si j'étais plus savant en l'art de bien écrire , Je peindrais ce monarque étendant son empire : n lancerait la foudre; on ferrait à ses pieds Des peuples abattus, d'autres humiliés.
Je laisse ces sujets aux maitrt*8 du Parnasse; Et pendant qne Louis, peint eii dieu delà Thraee, Fera bruire en leurs fers tout le sacré f allon , ' Je le célébrerai sous le nom d'Apollon ■.
Ce dieu, se reposant sous ces f oûtes humides , Est assis au milieu d'un chœur de néréides 4. Toutes sont des Vénus, de qui l'air gracieux M'entre point dans son cœur, et s'arrête à ses yeux. II n'aimé que Tétbys, et Téthys les surpasse. Chacune, en le serf ant, fiiit office de Grâce : Doris f erse de l'eau sur la main qu'il lui tend ; Chloé dans un bassin reçoit l'eau qu'il répand •;
* Ce masque , an moyen d'un tien de fleur, était soutenu d'une main par le triton et la sirène. Dans un cadf« éuit le chiffre du rot. surmonté de la couronne de France.
s On ne voit que dans la planche Vil de la description cette ligure de fleuve. Elle était placée dan^ une arcade au-dessus de renfoncement du milieu, et du grou^ où est Apollon. Félibien ( pages g et 7) dit que l'aviroa tenu par le dieu-fleuve était de pacre.
3 Apollon était le dléu-soldl, et 4'ou doit se rappeler que Louis XIV avait pris pour emblème un soleil. .
* Ce groupe, dans la descHplion, fait le sujet de la planche XVI . belle estampe qui a été dessinée par Pierre Monter, et gravée par RdeUnck en 1878. L'intitulé porte : le SoleU, après avoir achevé son coure , descend chez Téthys ^oU six des nymphes sont occupées à le servir, et à lui offrir toutes sortes de rafraiehiss''ments. La figure d'Apollon est de Girardon.
* Ce sont les àgures marquées u» iv dans U planche; elles lont de Girardon,
A lui laver les pieds Méliœrte s'applique * : Delphhv enfane ses bras tient un faae à l'antiqoe; Clymène auprès du diea poosse en f ain des soupin ■ : Hâas I c est un tribut qu'elle enf oie anx séphyn; Elle rougit parfois, parfois baisse Ui fue; (Rougit, autant que peut rougir une statue : Ce sont des osouf emeots qu'an début dn sculpteur Je feux faire paaser dans l'esprit dn lecteur.) Parmi tant de beaatét, Apollon est sans flamme: Celle qu'il s'en fa foir seule occupe son éme. n songe au doux moment où, libre et sans témoins, H ref erra l'objet qui dissipe ses soins. Oh! qui pourrait décrire en langue du Parnasse La majesté dn dieu, son port si plem de grAœ, Cet aur qne l'on n'a point chei nous autres mortels Et poor qui Tâge d'or hif enta les autels l Les eaanlien de Phébns, aux flambantes narinei, Requirent l'ambroaie en des grottes f oishies. Les tritons en ont som : l'oufrage est si parhlt, Qu'ils semblent panteler dn chemin qu'ils ont iUt *. Aux deux bouts de la grotte, et daas deux enfooçorei, Le sculpteur a placé deux charmantes figures : L'une est le jeune Acis ^ aussi beau que le jour. Les accords de sa flâte insf^irent de l'amour ; Debout contre le roc, une jambe croisée , 11 semble par ses sons attirer Galatée * ; Par ses sons, et peut-être aussi par saiwanté. lA long de ces lambris un doux charme est portée Les oiseaui, enf ieux d'une teUe harmonie. Epuisent ce qu'ils ont et d'art et de génie. Philomèle, à son tour, f eut s'entendre louer, Et chante par ressorts que l'onde fait jouer '. Echo même répond ; Echo , toujours hôtesse D'une f oûte ou d'un roc témoin de sa tristesse. L'onde tient sa partie, il se forme un concert Où Philomèle, l'eau, la flâte, eafln tout sert Deux lustres de rochera de ces voûtes desceodeni; En liquide cristal leurs branches se répandent : L'onde sert de flambeaux rj nsage tout noaf eao.
* cette figure est celle du n» Ul.sur la pianche. flk «t aussi de Girardon.
* Ce sont les figures à la droite d'Apollon et à giocbe de b gravure. Les trois femmes en arrière sont du scnlpteur Ttaeu aegudodin , de Moulins.
• Voyes les planches XVU et X VIII de U description . b première grafée en 1875 par Bernard Picard, la secuodeen 1876 par Etienne Baudet. Biles sont IntitaHet* Groupe dt fnarbre blanc représentant deux chevaux du Soteil et deux tritons qui les pansent. Le groupe de la planche XVII. qai était dans l'enfoocement . > droite du specUtear, a été bit pv les sculpteurs Gaspar et Baltbaiar de Marcy, de Cambra^ ; o^ lui de gauche . ou de la planche XVIII . par Joies Guérin. P^ risien.
* Suiet de la planche XIX dans la deseripiion. Cette pliodK a été gravée par Bdetinck. L'intitulé 0si,9tatus ^jMt* Cette statue est de Baptiste. Tubi , Romain.
• Sujet de la planche XX, gravée par Éddinck, ifltitolée siaXue de Galdtée. Bile a été bite par Baptirte Tnbi.Boosin.
• U est question ici de l'orgue que l'eau par sa ehote Usiit Jouer, et dont l'eniplacement est manitié sur la ptaadie de il description.
f voyei dans U description la planche XIV, inUtnUe,C*M^