‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 516 sur 723 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

L'ir! ea miBe ftçoos a m protUgaer l'eau : D'one table de jaspe un jet part en ftuée ; Puii en peries retombe, en Tapeur, en roeée. L'eflbri impétneni dont il ?a l'élançant Fiit firapper le lambrii an cristal jaillissant. TeOe et moins violente est la balle enflammée. L'onde, malgré son poids, dans le plomb renfermée , Sort aree nn fracas qui marque son dépit , ÏX plaît au éoontants, plus 11 les étourdit. * NlDe jets, dont la pluie à l'entour se partage , Noniûent également l'imprudent et Te sage. Craindre on ne craindre pas à chacun est égal : Cbacnn se trouve en bnlte an liquide cristal. Pins les jets sont confus, plus leur beauté se montre. L'eau se croise, se joint, s'écarte, se rencontre , Serompt, se précipite à travers les rochers , Et fiitt, comme alambics, distiller leurs planchers. Kicbes, enfoncements , rien ne sert de refuge. Ha nmse est impuissante à peindre ce déluge. Qouid d'une Toix de (gr je frapperais les deux , û nepourraianombrer les charmes de ces lieux *,

Les quatre ami» ne voulurent point être mouillés; ils prièrent celui qui leur faisait voir b grotte de réserver ce plaisir pour le bourgeois ou pourrAllemand, et de les placer en quelque coin où ils fussent à couvert de l'eau. Ils furent traités comme ils souhaitaient. Quand leur conducteur les eut quittés, ils s'assirent à Tentour de Polyphile, qui prit son cahier; et, aj-ant toussé pour se nettoyer la voix , il commença par ces vers :

Le dieu qu'on nomme Amour n'est pas exempt d'aimer;

A son flambeau quelquefois il se brûle ; El d ses traits ont en la force d'entamer Les oœnrs de PInton et d'Hercule ,

Miert de coquillages et de roeaUU , grsTée par Chauveau . CD 1678. On Toit l'eau qui Jaflllt de chaque bobèche. •

* La dncription de la Fontaine est si exacte , que celle de FeiAifQ , en onze pages in-folio . n'en apprend pas plus. CeUe docnptioo de Felibien a été réfauprimée dans l'ouvrage intitulé : BeeueU des descriptions de peintures et d'autres ovoru- Çftfatts pour le roi, Paris. 1689. ln-12, page3S9 à 587. Ce ntlnmeert sans STavures ; mais il y a à la page 354 un plan do ddteao et do petit parc, qui nous iiidique bien où la grotte était sîtaée. Cette girotte n'existe plus depuis longtemps. Quoiqu'elle fiît une des plus gmndes merveilles de Versailles , Louis XIV la it détruire ; ragrandissrment du château rendit ce sacrifice néetÊÊstn. EUe fit place à Faile neuve du nord , dans laqueUe on patiqna une diapelle, qui est devenue le vaste salon d'Hercule, lonqn'en 171 1 la chapelle qu'on voit actuellement eut été achevée. Le beau groupe d'ApoUon , avec ses coursiers et ses nymplM, ouvrage de Girardon, de Regnaudin , de Ooérin , et de Ibrcj, qui ornait cette grotte , fut transporté dans le bosquet des dtaies ; mais ensuite, et toujours du temps de Lopis XIV.. fl bt rapproché du château, dans un petit bosquet sbnple et triste, tt taamé vers le levant ceqnl fsisalt un contre-sens avec l'allégorie quil représente. Bnfio . en 1778, M. d'AnglvaUers fit retoorner tootxe groupe à Texposition du couchant , et le fit placer sur un, rocher artiiloielf exécuté d'après les dessins du

n n'est paainoanvénient Qu'étant aveugle, étourdi, téméraire,

n se blesse en les maniant; Je n'y tois rien qui ne se puisse fhire : Témoin Psyché, dont je tous veux conter La gloire et les malheurs, chantés par Apulée. Gela vaut bien la peine d'écouter ;

L'aventure en est signalée.

Polyphilé toussa encore une fois après cet exorde ; puis, chacun s'étant préparé de nouveau pour lui donner plus d'attention , il commença ainsi son histoire :

Lorsque les villes de la Grèce étaient encore soumises à des rois, il y en eut un qui, réglant avec beaucoup de bonheur, se vit nonseulement aimé de son peuple , mais aussi recherché de tousses voisins. C'était à qui gagnerait son amitié, c'était à qui vivrait avec lui dans une parfaite correspondance : et cela, parœqu'il avait trois filles à marier. Toutes trois étaient plus considérables par leurs attraits que par les Étatsde leur père. Les deux aînées eussent pu passer pour les plus beUes filles du monde , si elles n'eussent point eu de cadette ; mais véritablement cette cadette leur nuisait fort. Elles n'avaient que ce défaut-là : défaut qui était grand, à n'en point mentir ; car Psyché (c'est ainsi que leurjeune sœur s'appelait). Psyché, dis-je, possédait tous les appas que Timaginalîon peut se figurer , et ceux où l'imagination même ne peut atteindre. Je ne m'amuserai point à chercher des comparaisons jusque dans les astres pour vous la représenter assez dignement : c'était quelque chose au-dessus de tout cela, et qui ne se saurait exprimer par les lis, les roses , l'ivoire, ni le corail. Elle était telle enfin que le meilleur poète aurait de la peine à en f^ire une pareille. En cet état, il ne se faut pas étonner si la reine de Cythère en devint jalouse. Cette déesse appréhendait , et non sans raison, qu'il ne lui fÛlùt renoncer à l'empire de la beauté, et que Psyché ne la détrônât : car, comme on est toujours amoureux des choses nouvelles, chacun courait à cette nouvelle Vénus. Cythérée se voyait réduite aux seules Iles de son domaine ; encore une bonne partie des Amours, anciens habitants de ces ties biénheu-

peintre Roheit Ce groupe forme enooie aq|ourd'bui tout l'or, nemcntdu bosquet connu sous le nom du AocAer ou des ^o^s d'Apollon»

reuses, la quittaient4l$ pour se meure au service de sa rivale. L*herbe croissait dans ses temples, qu'elle avait vus naguère si fréquentés: plus d'offrandes, plus de dévots, plus de pèlerinages pour rhonorer. Enlin la chose passa si avant, qu'elle en fit ses plaintes à son fils, et lui représenta que le désordre irait jusqu'à lui.

Mon fib, dit-elle, en loi baisant les yeux , La flUe d'un mortel en teut à ma puissance ; EUe a juré de me chasser des lieux Où l'on me rend obéissance :

Et qui sait si son insolence N'ira pas jusqu'au point demefouloirôter Le rang que dans les deux je pense mériter?

Papbos n'est pins qu'on séjour importun : Des Grâces et des Ris la troupe m'abandonne ; Tous les Amours , sans en excepter un ,

S'en font serfir cette personne .

' Si Psyché vent notre couronne , Il bot la lui donner ; eUe seule ausd bien Faiten Grèce à présent Tobre olQce et le mien«

L'un de ces jours je lui Tois pour époux Le pins beau, le mieux fait de tout rhurnain lignage , Sans le tenir de vos traits ni de fous, Sans f oos en rendre aucun hommage.

Il naîtra de leur mariage Un antre Cnpidon, qui d'un de ses regards Fera plus mille fois que fous afecf os dards.

Prenei-y garde; il fous y but songer : Rendei-la malheureuse; et que cette cadette, Malgré les siens, épouse un étranger Qui ne sache où trouf er retraite Qui soit laid, et qui la maltraite , La flhsse consumer en regrets superflas. Tant que ni fous ni moi ûous ne la craignions plus.

Ces extrémités où s'emporta la déesse marquent merveilleusement bien le naturel et l'esprit des femmes: rarement se pardonnent-elles l'avantage de la beauté. Et je dirai en passant que l'offense la plus irrémissible parmice sexe, c'est quand l'une d'elles en défait une autre en pleine assemblée; cela se venge ordinairement comme les assassinats et les trahisons. Pour revenir à Vénus, son fils lui promit qu'il là vengerait. Sur cette assurance , elle s'en alla à Cytbère en équipage de triomphante. Au lieu de passer par les airs, et de se servir de son char et de ses pigeons, elle entra dans une conque de nacre, attelée de deux dauphins. La cour de Neptune l'accompagna. Ced est proprement matière de poésie: il ne siérait guère bien à la prose de décrire une cavalcade de

dieux marins : d'ailleurs je ne pense pas qu'on pût exprimer avec le langage ordinaire ce que la déesse parut alors.

C'est pourquoi nous dirons en langage rimé Que l'empire flottant en demeura charmé. Cent tritons , la suif ant jusqu'au port de Cfthëre, Par leniy dif ers emplois s'efforcent de lui pisiie. L'un nage à l'entour d'elle, et t'aulre an fond des esm Lui cherche du corail et des trésors nouveaux. L'un lui Uent un miroir fiil de cristal de roche; Aux rayons do soleil l'autre en détend l'approche. Palénx» , qui Ui guide, éfite les rochers; Glauque de son cornet bit retentir les mers ; Téthys lui fait ouïr un concert de sirènes. Tous les f ents attentifs retiennent leurs haleioes. Le seul Zéphyre est libre, et d'un souffle amoureux H carébe Vénus, se joue à ses chef eux ; Contre ses f étements parfois il se courrouce. L'onde, pour la toucher, à longs flots s'entrepooiie; Et d'une égale ardeur chaque flot à son tour S'en fient baiser les pieds de la mère d'Annur.

Cela devait être beau , dît Gelaste ; mais j'aimerais mieux avoir vu votre déesse au milieu d'un bois , habillée comme elle était quand elle plaida sa cause devant un berger. Chacun sourit de ce qu*avait dit Gelaste ; puis Polypliile continua en ces termes :

A peine Vénus eut fait un mois de séjour à Cy thère , qu'elle sut que les sœurs de son ennemie étaient mariées»^ que leurs maris, qui étaient deux rois leurs voisins , les traitaient avec beaucoup de douceur et de témoignages d*al¥ection ; enfin quelles avaient sujet de se croire heureuses. Quant à leur cadette, il ce lui était resté pas un seul amant , elle qui en avait eu une telle foule, que Ion en savait à peine le nombre : ils s'étaient retirés comme par miracle , soit que ce fût le vouloir des dieux, soit par une vengeance particulière de Cupidoa. On avait encore de la vénération , du respect, de l'admiration pour elle, si vous voulez; mais on n'avait plus de ce (|u*on appelle amour : cependant c'est la véritable pierre de touche à quoi l'on juge ordinairement des charmes de ce beau sexe.

Cette solitude de soupirants, près d'une pe^ sonne du mérite de Psyché, fut regardée camme un prodige , et fit craindre aux peuples de h Grèce qu'il ne leur arrivât quelque chose de fort sinistre. En effet , il y avait de quoi s'étonner. De tout temps lempire de CufÀk»» aussi

bien que celui des flots , a été sujet à des changements; mais jamais il n'en était arrivé de semblable : au moins n'y en avait-il point d'exemple dans ces pays. Si Psyché n'eût été que belle , on ne l'eût pas trouvé si étrange ; mais, comme j'ai dit , outre la beauté , qu'elle possédait en un souverain degré de perfection, il ne lui manquait aucune des grâces nécessaires pour se faire aimer : on lui voyait un millioii d*amonrs, et pas un amant.

Après que chacun eut bien raisonné sur ce mirade, Vénus déclara qu!elle en était cause; qu'elle s'était ainsi vengée par le moyen de son &s; que les parents de Psyché n'avaient qu'à sepcéparer à d'autres malheurs, parce que son indication durerait autant que la vie, ou du moins autant que la beauté de leur 811e ; qu'ils auraient beau s'humilier devant ses autels, et que les sacrifices qu'ils lui feraient seraient inutiles , à moins que de lui sacrifier Psyché même.

C'est ce qu'on n'éuiit pas résolu de foire : loin de cela, quelques personnes dirent à la belle que la jalousie de Vénus lui était un témoignage bien glorieux , et que ce n'était pas être trop nialheureuse qae de donner de l'envie à une iéfs&e^ et à une déesse telle que celle4à.

hychéeùt voulu que ces fleurettes lui eusientëté dites par un amant. Bien que sa fierté rempéchâtde témoigner aucun déplaisir, elle ne Wssaii pas de verser des pleurs en secret. Qa'ai^efait au fikde Vénus?disait-elle souvent en soi-même ; et que lui ont lait mes sœurs , qui sont si contentes ? elles ont eu des amants de restai mot, qui croyais être la plus aimable , jen'en ^ plus. De quoi me sert ma beauté ? Les dieux, ^ me la donnant , ne m'ont pas lait un si grand l^nt que l'on s'imagine : je leur en rends la meilleure part ; qu'ils me laissent au moins un amaot, il Q*y a fille si misérable qui n'en ait un: h senle Psyché ne saurait rendre personne lieureux ; les cœurs que le hasard lui a donnés , ^D peu de mérite les lui fiiit perdre. Comment me puis-je montrer après cet affront ? Va , Psy- ^j^^ te cadier au fond de quelque désert: les dieux ne t'ont pas fedte pour être vue , puisqu*ils ne t'ont pas laite pour être aimée.

Tandis qu'die se plaignait ainsi , ses parents ne s'affligeaient pas moins de leur part ; et ne pouvant te résoudra à la laisser sans mari , ils

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furent contraints de recourir à l'oracle. Voici la réponse qui leur fut faite , avec la glose que les prêtres y ajoutèrent:

L'époax qne les destins gardent à ?otre fllle Est un monstre cruel qui déchire les oœora. Qui trouble maint état, détruit mainte famiUe; Se nourrit de soupirs, se baigne dans les pleurs.

A Vuntrers entier il dédare la guerre.

Courant de bout en bout un flambeau dans la main : On le craint dans les deux, on le craint sur la terre; Le Styx n'a pu borner son pouvoir souverain.

G 'est un empoisonneur, c'est un incendiaire , ^

Un tyran qui de fers charge jeunes et vieux. Qn'on lui livre Psyché; qu'elle tâche à lui plaire : Tel est l'arrêt du Sort, de l'Amour et des dieux.

' Menei-Ia sur un roc, an haut d'une montagne , En des Ueux où l'attend le monstre son éponx ; Qu'une pompe funèbre en ces lieux l'accompagne , Car die doit mourir ponr ses sœurs et pour vous.

Je laisse à juger Tétonnement et rafflicUon que cette réponse causa. Livrer Psyché aux désirs d'un monstre I y avait-il de la justice à cela? Aussi les parents de la beHe doutèrent long-temps s'ils obéiraient. D'aiUeurs , le lieu on il la fallait conduire n'avait point été spécifié par l'orade. De quel mont les dieux voulaientils parler? Était-il voisin de la Grèce ou de la Scythie ? Était-il situé sous FOurse , ou dans les climats brûlants, de T Afrique? car on dit que dans cette terre il y a toutes sortes de monstres. Le moyen de se résoudre à laisser une beauté délicate sur un rocher, entre des montagnes et des précipices, à la merci de tout ce qu'il y a de plus épouvantable dans la nature? Enfin, comment rencontrer cet endroit fatal? C'est ainsi que les bonnes gens cherchaient des raisons pour garder leur fille; mais elle-même leur représenta la nécessité de suivre l'oracle.

Je dois mourir ^ dit-elle à son père , et il n'est pas juste qu'une simple mortelle, comme je suis, entre en parallèle avec la mère de Gupidon : que gagneriez-vous à lui résister? Votre déso* béissanoe nous attirerait une peine encore plus grande. Quelle que puisse être mon aventure , j'aurai lieu de me consoler quand je ne vous serai plus un sujet de larmes. Défaites-vous de cette Psyché sans qui votre vieillesse serait heureuse: souffrez, que le ciel punisse une im

LES AMOURS DE PSYCHÉ

grate pour qui vous n*avez eu que trop de toidresse , et qui vous récompense si mal des inquiétudes et des soins que son enfance vous a donnés.

Tandis que Psyché parlait à son père de cette sorte , le vieillard la regardait en pleurant, et ne lui répondait que par des soupirs : mais ce n'était rien en comparaison du désespoir où était la mère. Quelquefois elle courait par les temples tout échevelée ; d'autres fois elle s'emportait en blasphèmes contre Vénus ; puis , tenant sa fille embrassée, protestait de mourir plutôt que de souffrir qu'on la lui ôtât pour l'abandonner à un monstre. Il fallut pourtant obéir.

En ce temps-là les oracles étaient maîtres de toutes clioses : on courait au-devant de son malheur propre , de crainte qu'ils ne fussent trouvés menteurs; tant la superstition avait de potn voir sur les premiers hommes! La difficulté n'était donc plus que de savoir sur quelle montagne il fallait conduire Psyché.

L'infortunée fille édaircit encore ce doute. Qu'on me mette, dit-elle, sur un chariot, sans cocher ni guide; et qu'on laisse aller les chevaux à leur fantaisie : le Sort les guidera infailliblement au lieu ordonné.

Je ne veux pas dire que cette belle , trouvant à tout des expédients , fût de l'humeur de beaucoup de filles, qui aiment mieux avoir un méchant mari que de n'en avoir point du tout. 11 y a de l'apparence que le désespoir, plutôt qu'autre chose , lui faisait chercherces facilités.

Quoi que ce soit, on se résout à partir : on fait dresser un appareil de pompe funèbre , pour satisfaire à chaque point de l'oracle. On part enfin ; et Psyché se met en chemin sous la conduite de ses parents. La voilà sur un char d'ébène, une urne auprès d'elle, la tête penchée sur sa mère, son père marchant à côté du char , et faisant autant de soupirs qu'il faisait de pas: force gens s^ la suite, vêtus de deuil ; force ministres de funérailles; force sacrificateurs portant de longs vases et de longs cornets dont ils entonnaient des sons fort lugubres. Les peuples voisins, étonnés de la nouveauté d'un tel appareil, ne savaient que conjecturer. Ceux chez qui le convoi passait Raccompagnaient par honneur jusqu'aux limites de leur territoire , chantant des hymnes & la louange de Psyché

leur jeune déesse, et Jondumt de roses tout k chemin, bien que les maîtres des cérémonies leur criassent que c'était offenser Vénus: mas

quoi! les bonnes gens ne pouvaient retenirleor zèle.

Après une traite de plusieurs jours, toreque l'on commençait à douter de la vérité de lora- j de , on fut étonné qu'en côtoyant une montafyoe | fort élevée, les chevaux, bien qu'ils fussent frais | et nouveau repus , s'arrêtèrent court; et, quoi , qu'on pût faire, ils ne voulurent point passer outre. Ce fut là que se renouvelèrent les cris; car on jugea bien que c'était le mont qu'entendait l'oracle.

Psyché descendit du char; et, s'étant/nise entre l'un et l'autre de ses parents, suivie de h troupe, elle passa par dedans un boisasses agrâible , mais qui n'était pas de longue éten* due. Â peine eurent-ils fait quelque mille pas touj<jiu*s en montant , qu'ils se trouvèrent entre des rocliers habités par des dragons de toute espèce. A ces hôtes près , le lieu se pouvait bien dire une solitude, et la plus effroyable qu'on pût trouver: pas un seiû arbre, pas un brin d'herbe, point d'autre couvert que ces rocs, dont qudques-uns avaient des pointes qui aran* çaient en forme de voûte, et qui, ne tenant presque à rien, faisaient appréhender à nos voyageursqu'ellesne tombassent sur eux. D'autres se trouvaient creusés en beaucoup d'endroits parla chute des torrents; ceux-ci se^ valent de retraite aux hydres, animal fort familier en cette contrée.

Chacun demeura si surpris d'horreur, que, sans la nécessité d'obéir au Sort, on s'en fut retourné tout court. Il fallut donc gagner le sommet, malgré qu'on en eût: plus on allait en avant, plus le chemin était escarpé. Enfin, après beaucoup de détours , on se trouva au pied d'un rocher d'énorme grandeur, lequel était au faite de hi montagne; et où l'on jugea qu'il fallait laisser l'infortunée fille.

De représentera quel point l'affliction se trouva montée, c'est ce qui surpasse mes forces:

L'éloqneooe ene-mème, impolnante à le dire. Confesse que ceci n'est point de son empire ; C'est an silenoe seul d'eiprimer les adieux Des ptranls de la beUe, an partir de €6» Uem.

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