LIVR£ IX
Sont curnos ctt boD lieo. Le loi mil youlii Yoir ;
Et si je meure , il Yeot aToir Un nmii^Mm de ma pean : tant elle est Ugarrée ,
Pleine de taches, marquetée.
Et Yergetée , et mouchetée I La bigarrure plait : partant ^ chacun le vit. Ha» œ fut bientôt Mi ; bientôt chacun sortit'. Le siagede sa part disait : Venez , de grâce ; Venex , messieurs , je fiiis cent tours de passe-passe. Cette diTcnité dont on tous parle tant , Mon TiMsio léopard l*a sur soi seulement : Mai y je Tai dans TespriL Votre serviteur Gille ,
Cousin et gendre de Bertrand ,
Singe du pape en son vivant ,
Toot fraidiement en cette ville Ârrif e en trois bateaux , exprès pour vous parler * ; Gw il parie, on Fentend * : il sait danser , baller ',
Faire des toure de toute sorte, Paner en des cerceaux ; et le tout pour six blancs : Non , messieurs , pour un sou ; si vous n'êtes contents , Noos rendrons à chacun son argent à la porte *. Le singe avait raison. Ce n'est pas sur Thabit Que la ^Yersité me plaît ; c'est dans Tesprit : Lune Ibumit toujours des choses agréables ; L*antre , enmoins d*un moment, lasse les regardants. Obi que de gnmds seigneurs, au léopard semblables,
Ifont que Thabit pour tous talents ! ^ -'
FABLE IV
Le Gtoid et la CAkfi^^U.
Dieu ftit bien ce qu'il bit. Sans en chercher la preuve Eo lôat cet univers , et Taller parcourant , Dans les citrouilles je U treuve \
' Fif œ moyeu»
• Ced Yieat à rapimi d« ce que nous aToos dit, que les deux ■tauBx toot cachet, et ne parient à l'anemblëe que par Tor- BauedeoeDxqal let montrent.
' Cène cipiimtott proverbiale et comiqne « qu'une chosedont ou wut relever l'importance orrioe en Wt^U bateaux , est ancienne, puisqu'on la retrouve dans Babelais, qui dit. 1. I . ch. XTi, que la Jument de Gargantua « fut amenée par mer CD IroB qoaraqnes et un brigantln, » 1 1 , p. ss, in-4o.
4« ▲ qiMi bon, dit nn commentateur de notre lUNUIste, aF- • bmer que te singe parie, qu'on l'entend , puisque cette ha- « nogoe est de loi* > C'est précisément parce qu'elle n'est pas de Id. que te poêle prèle ces mots essentiels è Tafficbe ou au bdfllenr qui bUahMi parler te singe.
'TieBK mot, qui vtent de ritalten baUare, et qui signifie duKr. se diveitir. On te trooTe fréquemment dans Rabelais cIdiosllaroL
* Ceci confirme encore rexplicaUon que nous avons donnée, a peoveque le singe au nom duquel on parle n'est pas en préave des speditenn du dehoit.
' Vieux mot pour irimce, >•■, ruBow qM js MOf pour esttsJeaM ▼«■fs
Bss ysus aui dMiols qoPmi tnl IrsMW.
a«ufcsi, a/iefArsps, sels I, se. i.
Un villageois, oonsldénait Combien ce Aruit est gros et sa tige menne : A quoi songeait , dit-il , l'auteur de tout eela T Il a bien mal placé œtte cttrooîlle-là 1
Eh parbleu 1 je Taurais pendue
A Tundes chênes que voilà ;
C'eût été justement Taffidre :
Tel fruit , tel aibre , pour bien faire. C'est dommage, Garo% que tu n'es point entré Au conseil de cdui que prêche ton curé ; Tout en eût été mieux : car pourquoi , par exemple, Le gland , qui n'est pas gros comme mon petit doigt,
Ne pend-il pas en cet endroit f
Dieu s'est mépris : plus je contemple Ces fruits ainsi placés, plus Û semble à Garo
Que l'on a fait un quiproquo.
Cette réflexion embarrassant notre homme : On ne dort point , dit-il , quand on a tant d'esprit. Sous un diéne aussitôt il va prendre son somme. Un gland tombe : le nez du dormeur en pâtit, n s'éveille ; et , portant la main sur son visage , Il trouve èncorle gland pris au poil du menton. Son nez meurtri le force à changer de langage. Oh 1 oh I dit-il , je saigne ! et que serait-ce donc S*il fût tombé de l'arbre une masse plus lourde ,
Et que ce gland eût été gourde ?
Dieu ne l'a pas voulu : sans doute il eût raison ;
J'en vois bien à présent la cause.
En louant Dieu de toute chose,
Garo retourne à la m|ûson.
FABLE V
L'Eeoiier le Pédant y et le Mmredtm jardin.
Certain enAmt qui sentait son coU^ , Doid>lement sot et doublement fripon Par le jeune âge et par le privilège Qu'ont les pédants de gâter la raison , Chez un voisin dérobait, ce dit-on , Et fleurs et fruits. Ce voisin , en automne , Des plus beaux dons que nous oflire Pomone
Le msanthrfipe fut Joué en 16fl6, et cette UhXe parut en 4678. L'usage de mettre trouve pour trewte n'était pas tr^^anden; car ce verbe est constamment écrit de cette manière , et non par te nécessité de la rime, dans une pièce deQuinault. /• feint JlciMade, imprimée en 1688. in-ia, ches A. Courbé, à Paris. Dans U scène iv do troisième acte on lit ;
Je lr««M, tD tooi Toysnl, tout ce que j« MuUistte,
Et dans ta dédicace à Ponquet, de te même pièce, on lit encore i « Cette vérité que tout autre que vous treueeraU trop bardiCb t ' Vab. Dans toutes les éditions données par ta Fonteloe, ce mot est ainsi écrit: l'édUion de 4709 seulement porte à tort Gareaut Ce nom comique n'est pas de rinventtoo de aotfi poète; il est, dans Cyrano de Berfser», donné à un dce peiw , sonnages du jP^<ianl/o»^.
88 FABLES
. Avait la flear , les autres le rebut. Chaque saison apportait son tribut ; Car an printemps il jouissait encore ' Des plus beaux dcms que nou& présente Flore. Un jour dans son jardin il vit notre écolier , Qui , grimpant sans égard sur un aibre flrnitier , Gâtait jusqu'aux boutons , douce et frêle espérance , Avant-coureurs des biens que promet Tabondance : Même il ébranchait Tarbre ; et fit tant à la fin
Que le possesseur du jardin Envoya feira plainte an maître de la classe. Celutci vint suivi d'un cortège d'enfonts :
Voilà le verger plein de gens Pires que le premier. Le pédant , de sa grâce ,
Accrut le mal en amenant
Cette jeunesse mal instruite :
Le tout, à ce qu^il dit , pour foire un châtiment Qui pôt servir d'exemple , et dont toute sa suite Se souvint à jamais comme d'une leçon.
Làrdessusil dta Virgile et Gicéron ,
Avec fbrce traits de sdence.
Son discours dura tant, que la maudite engeance Eut le temps de gâter en cent lieux le jardin.
Je hais les pièces d'éloquence Hors de leur place , et qui n'ont point de fin ;
Etne saisbéte aumonde pire ^ Que l'écolier , si ce n'est le pédant.
Le meilleur de ces deux pour voisin, à vrai dire,
Ne me plairait aucunement.
FIABLE VI
La StatitalTê , et la Stutuê de Jupiter,
Un bloc de marbre était si beau Qu'un statuaire en fit Templette.
Qu'en fera , dit-il , mon ciseau ?
Sera-t-il dieu , table , ou cuvette ?
Il sera dieu : même je veux Qu'il ait en sa main un tonnerre Tremblez , humains I fiiites des vœux : Voilà le maître de la terre.
L'artisan * exprima si bien
Le caractère de l'idole ,
<}u'on trouva qu'il ne manquait, rien
A Jupiter que la parole :
■Lenotarfimn et tnèneto mot oiiorler étaient doit mlein appropriés an ityle noMe qœ le mot artiste , qn'oo n'empio^it guère que pomr désigner les hommes babOesen opérations dodmarttqaes. Voyei A ce sqjet les Rûmarquet ntmoeUeê sur ta ianifuê française . par le P. Boahoars, troisièrae édition . 1892, p. M t et la premlAre édition do Dietiemnaire de VJeadémie franfoise, 1604, In-foUo.
Même Ton dit que l'ouvrier Eut à peine achevé l'image , Qu'on le vit finémir le premier, Et redouter son propre ouvrage.
A la llublesse du sculpteur Le poète * autrefois n'en dut guère % Des dieux dont il fût l'inventeur Craignant la haine et la colère.
n était enAmt en ceci ;
Les enfiuits n*ont l'âme occupée
Que du continuel soud
Qu'on ne ftche point leur poupée.
Le cœur suit aisément l'esprit :
De cette source est descendue L'erreur païenne , qui se vit Chez tanude peuples répandue.
ns embrassaient violemment Les intérêts de leur chimère :
Pygihalion devint amant De la Vénus dont il fut père.
Chacun tourne en réalités , Autant qu'il peut, ses propres songes : L'homme est de glace aux vérités ; n est de feu pour les mensonges.
FABLE VIL La S(mris méUtmùrphoiiê an JRIIt .
Une souris tomba do bec d'un chat-huant :
Je ne l'eusse pas ramassée ; Biais un bramin le fit : je le crois aisément ;
Chaque pays a sa pensée.
La souris était fort ftt)issée.
De cette sorte de prochain Nous nous sondons peu ; mais le people bramin
Le traite en frère . Ils ont en té te
Que notre flme, au sortir d'un roi , Entre dans un ciron , ou dans telle autre bête Qu'il plaît au Sort : c^est là l'un des points de leur loL Pythagore diez eux a puisé ce mystère.
Sur un tel fondement , le bramin crut bien fiiire De prier un sorder qu'il logeât la souris Dans un corps qu'elieeât eu pour hôte ao temps jadis.
Le sorcier eh fit une fille De l'âge de quinze ans , et telle et si gentille , Que le fils de Priam pour elle aurait tenté Plus enoor qu'il ne fit pour la grecque beauté '.
' /VitteeitleldedeDZiTlIabes.
* C'esl-àHlire ne le oéda pas.
^ C'eMMIre plm enoora que Paris ne fit pour HéUne.