‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 53 sur 723 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

ht hnÊBÊÊk ftit surplis ck dioso si nonrdlo.

n dit à cet objet si doox :

Yousn'afct qo'à dnisîr; car diacun est jaloQx

De IlioiiDeiir d'être votre époox.

En œ cas je donne , dit-elle ,

Ma Toix an plqs poissant de tons.

Soleil, s'écria lors le bramin à genoux,

Cest toi qui seras notre gendre .

Non, dit-O, ce noage épais Est plos paissant que moi, puisqu'il cache mes traits ;

Je Toos oonseUle de le prendre.

Hé bîenl dit le bramin an nuage volant , Es-tu né poor ma fille? — HélasI non; car le vent Me diasse àsoo plaisir de contrée en contrée : Je n'entreprendrai point sur les droits de Borée.

Le bramin Mché s'écria :

O vent donc, puisque vent y a ,

Viens dans les bras de notre belle t n anoondt ; on mont en chemin l'arrêta.

VéUnî* passant à celui-là , II le renvoie, et dit : Tanrais une querelle

Avec le rat ; et l'ofTeoser Ce serait être fou, lui qui peut me percer.

An mot de rat , la damoiselle *

Oufrit l'oreOle : il ftit l'époux.

Unratl un rat : c'est de ces coups

Qo'Amoar bit; témoin telle et telle.

Mais œd soit eût entre nous.

On tient Umjoorsdu lien dont on vient* Cette fable Prouve assez bien ce point; mais, à la voir de près, Qadqoe peu de sophisme entre parmi ses traits : Car quel époux n'est point au Soleil préférable, En s'y prenant ainsi? Dirai-je qu'un géant Est moins fort qu'une puce? Elle le mord pourtant. Le rat devait aussi renvoyer, pour bien faire ,

La belle an^ chat , le chat au chien ,

Le diien au loup. Par le moyen

De cet argument circulaire , Pflpay jusqu'au SoleU eût enfin remonté ; Le Solefl eût joui de la jeune beauté. Rerenons , s'il se peut , à la métempsycose : Le sorcier du bramin fit sans doute une chose Qui , loin de la prouver, fidt voir sa fausseté. Je prends droit lànkssus contre le bramin même ;

Car il fiiut, selon son système, Que l'homme, la souris , le ver, enfin chacun Aine puiser son flme en un trésor commun :

Tontes sont donc de même trempe;

' U Mie. On nonoM ^lEMif la balle dajendsionsae paonie.

• Vil. Dam leiédttiooide UdotalnéoQ Ut 4èMo<M//0 , mais i tort. La WaoÊtàuB se sert taoon da mot damoiseUe dans U bUe ifo dn Ihne m ; et oe mot , qui est le Ssminiade damol- , ofcitpai le qrnoojme de denoMle.

Mais , agissant diversement

Sdon l'organe seulement ,

L'une s'élève , et Tautre rampe.

D'où vient donc que ce corps si bien organisé

Ne put obliger son hôtesse De s'unir au Soleil? Un rat eut sa tendresse.

Tout débattu , tout bien pesé , Les flmes des souris et les âmes des belles

Sont très^Uffërentes entre elles ; n en fiiut revenir toujours à son destin , C*eslnà-dire,à la loi par le ciel établie : Pariez au diable , employez la magie , yoo$ ne détournerez nul être de sa fin.

FABLE VIII

Le Fou qui vend laSaçeue,

Jamais auprès des fous ne te mets à portée : Je ne te puis donner un plus sage conseil.

u Coi diBeiglicliKui pareil

A celui-là de fiiir une tête éventée.

On en voit souvent dans les cours :

Le prince y prend plaisir'; car ils donnent tovyours Quelque trait aux (iripons , aux sots, aux ridicules.

Un fol allait criant par tous lescarrefoun Qu'il vendait la sagesse , et les mortels crédules Dé courir à l'achat ; chacun Ait diligent.

On essuyait force grimaces ;

Pnis on avait pour son argent , Avecnnbon soufflet, un fil long de deux brasses. La plupart s'en fichaient; mais que leur servait-il? C'étaient les plus moqués : le mieux était de rire ,

On de s'en aller sans rien dire

Avec son soofflet et son fil .

De diercherdnsensà la chose, On se fftt fût siffler ainsi qu'un ignorant*

La raison est-elle garant De ce que Aût un fou? le hasard est la cause De tout ce qui se passe en un cerveau blessé. Du fil et du soufflet pourtant embarrassé , Un des dopes un jour alla trouver un sage ,

Qui , sans hésiter davantage , Lui dit : Ce sont ici hiéroglyphes tout pun. Les gens bien conseillés , et qui voudront bien ftire, Entre eux et les gens fousmettront, pour l'ordinaire, La longueur de ce fil ; sinon je les tiens sân

De quelque semblable caresse.

Vous n'êtes point trompé ; ce fou vend la sagesse.

• La Fontaine fUt Id allusion à l'Angely, qnl, d'abord m serfloe dn pctaoe de Coudé, pmsa à odoi dn rai, qoi prit soût *ses seules.

FABLES

FABLE K

UHuitrê et le$ Pïaidewrt.

Un jour deux pèlerins sur le sable rencontrent Une huttre , que le flot y venait d*apporter : Us ravalent des yeux , du doigt ils se la montrent, A regard de la dent il fallut contester. L'un se baissait déjà pour amasser^ la proie ; L'autre le pousse , et dit : Il est bon de savoir

Qui de nous en aura la joie.

Celui qui le premier a pu Taperoevoir En sera le gobeur ; Tautre le verra faire.

Si parla Ton juge Taffaire , Reprit son compagnon , j'ai Toeil bon , Dieu merci.

Je ne Tai pas mauvais aussi ^ Dit l'autre ; et je l'ai vue avant vous , sur ma vie. Hé bien 1 vous l'avez vue ; et moi je Tai sentie.

Pendant tout ce bel incident , Perrin Dandin'anîve : ils le prennent pour juge. Perrin , fort gravement , ouvre l'huître , et la gruge,

Nos deux messieurs le regardant.

Gerepasfidtyilditd'unton de président: Tenez , la ôour vous donne à chacun une écaille 8ans dépens ; et qu'en paix chacun diez soi s'en aille.

Mettez ce qu'il en coûte à plaider anjourdliui ; Comptez ce qu'il en reste à beaucoup de fiimilles : Vous votez que Perrin tire l'argent à lui , Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles*.

FABLE X

Le lAmp , et U CMm maigre .

Autrefois GarpOlon fretin

Eut beau prèdier, il eut beau dire,

On le mit dans la poêle à frire^ .

Je fis voir que lâcher ce qu'on a dans la main ,

Sous espoir de grosse aventure ,

Est imprudence toute pure.

Le pécheur eut raison ; Carpillon n*eut pas tort : Chacun dit ce qu'il peut pour défendre sa vie.

Maintenant il finit que j'appuie

■ hamauir, dantim srand nombre «rédMoia i maii •neane dei édiUoni orisloalei ne porto cette leçon. L'Académie fiançaiie, dans la première édlUon de ion dictionnaire, définit de la manière snlfante le verbe amasser : « aele?er de terre ce « qui est tombé, jimatser tes gants , amasser un pa^r, • Anjoord'boi le mot propre, dans ces phrases, senlt ramasser. La langue a Tarie.

* Nom donné par Rabelais à on bomme de Justice. ( Panlagmti t III , SB. ) Depuis, Racine, par sa comédie des Plaideurs, 01 ta FootaiBo, par ses bbles. ont rendu œ nom populaire.

«BaVffosstaipfwrerMale. pour diro M tour laiM rien.

4 Vofes ta fabto ui dn UvreV.

Ce qoe J'avançai lors \ de qnelque trait encor. Certain loup, aussi sot que le pécheur fut sage,

Trouvant un chien hors du village , S'en dlait l'emporter. Le chien représenta Sa midgreur : Jà' ne plaise à votre seigneurie

De me prendre en cet étàt-là ;

Attendez : mon maître marie

Sa fille unique , et vous jugez Qu*étant de noce il faut, malgré moi, que j'engraisse.

Le loup le croit , le loup le laisse.

Le loup , quelques jours écoulés , Revient voir si son chien n'estpas meilleur à prendre;

Mais le drôle était au logis.

n dit au loup par un treillis :

Ami, je vais sortir; et, si tu veux attendre,

Le portier du logis et moi

Nous serons tout à Theure à toi. ^

Ce portier du logis était un chien énorme ,.

Expédiant les loups en forme.

Celui-ci s'en douta. Serviteur au portier, Dit-il ; et de courir. Il était fort agile ;

Hais il n'était pas fort habile:

Ce loup ne savait pas enoor bien son métier.

FABLE XL # Aiati de inp.

Je ne vois point de créature

Se comporter modérément.

n est certain tempérament

Que le maître de la nature Vent que l'on garde en tout. Le ftiit-on? nullement-, S<Htenbien,soiteninal, cela n'arrive guère. Le blé, riche présent de la blonde Céiis , Trop touffu bien souvent épuise les guérets : En superfiuités s'épandant d'ordinaire ,

Et poussant trop abondanmient ,

IJ ôte à son firuît Taliment.

L'arbre n'en fait pas moins : tant le luxe sait plaire I Pour corriger le blé , Dieu permit aux moutons De retnmcher Texcès des prodigues moissons :

Tout au travers ils se jetèrent ,

Gâtèrent tout , et tout broutèrent ;

Tant que le ciel permit aux loups D'en croquer quelques-uns : ils les croquèrent tous ; S'ils ne le firent pas, du moins ils y tâchèrent.

Puis le ciel permît aux humains De punir ces derniers : les humains abusèrent

A leur tour des ordres divins.

De tous les animaux, l'homme a le plus de pmte

A se porter dedims rexcès.

'JUois. pour «Ion.

" IMi*» à présent Vtan

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