‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 54 sur 723 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

n ftmkiîl fidre le procès Au petits conmie aax grands, n n'est flme vivante Qiinepèd»eenoecL Rien de trop est un point Dont on parle sans cesse, et qn'on n'observe point

FABLE XII

Le Cierge^

Cest du séjour des dieux que les abeilles viennent. Les piemières , dit-on , s'en allèrent loger

Au mont Hymette \ et se gorger Des trésors qu'en ce lien les zéphyrs entretiennent Quand on eut des palais de ces filles du ciel EnlcTé rambrosie en leurs chambres enclose ,

Ou , pour dire en français la chose,

Après que les rudies sans miel tTenrent plus que la cire, on fit mainte bougie -,

Maint cierge aussi fot façonné.

Un d'eux voyant la terre en brique an feu durcie Vaincre reffort des ans , il eutlamémeeûvie; Et , nouvel Empédocle' aux flammes condamné

Par sa propre et pure folie , Use lança dedans. Ceftit mal raisonné:

Ce cierge ne savait grain de philosophie.

Tout en tout est diver : dtez-voos de l'esprit Qu^aocnn être ait été composé sur le vôtre. L'Empédode de cire au brasier se fondit : n n'ciait pas plus Ibu que Tautre.

FABLE XIU.

JuiAîertî le Poisager,

8hl combien le pérU enrichirait les (fienx,

^ nous nous souvenions des vœux qu'il nous fidt fairel

Mais, le péril passé, Ton ne se souvient guère

De ee qu'on a promis aux deux ; On eomple seulement ce qu'on doit à le^^terre. JopHer, dit l'impie , est un bon créander ;

D ne se sert jamais d'huissier.

Ehl qn^esteedone que le tonnerre?

Gomment appdez-vous ees avertissements?

Un passager pendant Torage Avait voué cent boeufe au vainqueur des Titans, n n'en avait pas un: vouer cent éléphants

* Hysclto éliR mw tnontsgiie oélébféc pir les poêles, sitnée <iM r Attl^M , et oè les Orea recoeflUtent d'exodlent miel. OhUée ta F&taaUe,)

* BiBpédode éCall im philosophe «Ddeii , qui . ne pouvant fwmstiMlre les merfeOles du mont Btea. se JeU dadns par ntnam ridlcnle: et. trooTanl l'actiop belle, de peur d'en padie le frnil, et qoe la postérité ne rignocAt, lalMa ses pao-

) an ptod du mont ( Aols de laFonUOne,)

N'aurait pas coAté davantage, n brûla quelques os quand il fut au rivage : An nez de Jupiter la fumée en monta.

Sire Jupin , dit-il , prends mon vœu ; le voflà : C'est un parfiimdebcBuf que ta grandeur respire. La fumée est ta part : je ne te dois plus rien.

Jupiter fit semblant de rire ; Mais , après qudques jours, le dieu l'attrapa bien ,

Envoyant un songe lui dire Qu'un td trésor était en tel lien. L'honune au voeu

Courut au trésor comme au feu.

0 trouva des voleurs ; et , n'ayant dans àa bourse

Qu'un écu pour toute ressource,

S leur promit cent talents d'or.

Bien comptés, et d^un td trésor :

On l'avait enterré dedans telle bourgade. L'endroit parut suspect aux voleurs ; de fiiçon Qu*à notre prometteur l'un dit : Mon caniarade,\ 'Tu te moques de nous; meurs, et vachezPluUm

Porter tes cent talents en don.

FABLE XIV

Le Chai et le Renërâ.

Le diat et le renard , comme beaux petits saints ,

S'en allaient en pèlerinage.

C'étaient deux vrais tartufe^, deux archipatelins*, Deux francs patte-pelus', qui , des frais du voyage. Croquant mainte volaille, escroquant maint ftt>mage,

S'indenmisaient à qui mieux mieux.

Le diemin étant long , et partant ennuyeux ,

Pour raccourcir ils ^sputèrent.

La cBspnte est d'un grand secours :

Sans elle on dormirait toqjours.

Nos pèlerins s'égosillèrent.

Ayant bien disputé , l'on paria du prochain.

Le renard au chat dit enfin :

Tu prétends être fort habile ; En sais-tu tant que moi? J'ai cent ruses an sac. Non , dit l'antre : je n'ai qu'un tour dans mon bissac ;

I An lien de tartnfei. Ve est retranché poor la meMm da ven, et par Uoenoe poétique.

* Un (tes commentateurs de notre poète remarque avec nW^ son que les deux sobstanUb tartufe et ftateiin, créés par ]» tbéAtre. présentent à l'esprit un sens plus déterminé qo*Aypo« crite et ediin, parce quota scène, en nous montnnt ces deux personnages, a tien arrêté pour nous l'analogiede leurs noms avec leurs caractères.

' Babdais, dans l'ancien prolosue du quatrième livre do Pantûçruet (t n, p. xj). dit t < Ailfngei quoi ? et qui? loua t les riens quartiers do lune ans caphards, cagots, mataaots, c botinears, papelards, burgoti, patespetues, poiteurB d» « rogatons, cbattemitles. • Le Dnchat croit que la dénontauh tion de paieipeimeê dérive de l'allusion à la anperdierio ée Jaoob.qulsecouviiitlosniaaiide penxdebéleBponraap* planter ésaO.

FABLES

Mais je MNitieiis cptll en mat mille.

Eux de reoominencer la dispute à Tenvi. Surleqaesi, que non, tous deux étant ainsi,

Une meute apaisa la noise.

Le chat dît au renard : Fouille en tcm sac , ami -,

Cherche en ta cervelle matoise Un stratagème sûr : pour moi , voici le mien. A ces mots , sur un arbre il grimpa bel et bien.

L'autre fit cent tours inutiles , Entra dans cent terriers , mit cent fois en défaut

Tous les confrères de Brifout * .

Partout il tenta des asiles * ;

Et ce fut partout sans succès ; Iji ftamée y pourvut , ainsi que les bassets. An sortir d'un terrier deux chiens aux pieds agiles

L'étranglèrent du premier bond.

Le trop d'expédients peut gâter une affaire : On perd du temps au dioix, on tente, on veut tout N'en ayons qu'un ; mais qu'il soit bon. [foire.

FABLE XV

Le Aforl, la Femme , et le FoJewr,

Un mari fbrt amooreux , Fort amoureux de sa femme , Bien qu'il fût jouissant , se croyait malheureux.

Jamais orillade de la dame ,

Propos flatteur et gracieux,

Mot d'amitié , ni doux sourire ,

Déifiant le pauvre sire , If avaient fidi soupçonner qu'il fût vraiment chéri.

Je le crois ; c'était un mari.

Il ne tînt point àThyménée

Que , content de sa destinée ,

B n'en remerciât les dieux.

Mais quoîl si l'amour n'assaisonne

Les plaisirs que l'hymen nous donne

Je ne vois pas qu'on en soit mieux.

Notre épouse étant donc de la sorte bâtie, Et n'ayant caressé son mari de sa vie , n en fidsait sa plainte une nuit. Un voleur

Interrompit la doléance.

La pauvre femme eut si grand'penr

Qu'elle dierdia quelque assurance

Entre les bras de son époux.

Ami voleur, ditril , sans toi ce bien si doux Me serait inconnu I Prends donc en récompense Tout ce qui peu t chez nous être à ta bienséance ;

• Tow les chjeni de chme. Le nom de A^a«l , qui aaHe- Uf risnilhit ^oMlw. est btan approprié à im nom de chien.

• Partout ffl tenu de ae mettre à TaM dana dea arilea. KUipte bardie, maii beurenae.

Prends le logis aussi. Les v<4eurB ne sont pas

Gens, honteux , ni fbrt délicats :

Gelui-d fit sa main.

, J'infère de ce oonte

Que la plus forte passion C'est la peur -, elle foit vaincre l'avernon , Et l'amour quelquefob : quelquefois il la dompte* ;

J'en ai pour preuve cet amant Qui brûla sa maison pour embrasser sa dame »

L^emportant à travers la flamme.

J'aime assez cet emportement ; Le conte m'en a plu toujours infiniment ;

n est bien d'une âme espagnole ,

Et plus grande encore que folle '.

FABLE XVL Le Tréiwr et les deux Hommee.

Un homme n'ayant plus ni crédit ni ressource,

Et logeant le diable en sa bourse*,

G'estnà-dire n'y logeant rien ,

SMmagina qu'il ferait bien De se pendre , et finir lui-même sa misère , Pnisqu'aussi bien sans lui la fidm le viendrait ftin :

Genre de mort qui ne duit * pas A gens peu curieux de goûter le trépas. Dans celte intention , une vieille masure Fut la scène où devait se passer l'aventure. U y porte une corde, et vent avec un dou Au haut d'un certain mur attacher le liooa.

La muraille, vieille et peu forte,

> C'eiC4^1in, qoelqoeioia c*eat ramoor qd dompte la peor. • La Pootaine hit id aUnaioo à l'aTentore du comte de vflla-

Medlna aveo Élbabeth de France, fille de Henri IV. et remme de PhOlppe lY, roi d'BqMgne. Foor attirer BUaabelli cbei loi le comte de VJIla-Medina imagina de donner à tonte la coar on «poctade à machines qu'il fit monter à grands firais. Pendmt la représentation, il fit mettre le feu à son propre palaia : puii, profitant du désordre et de la frayeur causés par les flammei qui s'élevaient de toutes parts, 0 s'empara de la reine , et sidsflt ainsi , par la perte de la moitié desa fortune et an risqoe de sa vie. le désir qn'U avait d'embrasser celle qu'il aimait, et de l'enlever dans ses bras. Vojei le Foyagé éTEspaçne, par ▲arsen de Sommerdick; Cologne. 4666. in-fS, p. 49. on p, 51 de la première édition, même année, mais sans indication de viUe.

> L'origine de cette expression proveridale est racontée ktî agréablement dans une petite pièce de ven de Saint-Gdais. Un durlatan avait promis de bire voir le diable t pressé de remplir sa promesse, il ouvrit, en présence de la fonla qd ren» tonrdt, une bourse vide.

Bt dssi , dlHI , l« dteUe, oyss'voot Mbb , QaNmrrflr sa bowss sft ne toIt rka dsdsot.

Voyei le Heeueit des poëUs français depmli HUim jusqu'à Bmuerade, édit 1792. 1 1 , p. f 46. '

4 Qui M convient pas.

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