‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 55 sur 723 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

S*âvtiile aox pronien coups, tombeaTec im trésor. Notre désespéré le ramasse , et remporte , Laisse là le licga, s'en retoome ayec For, Sans compter : ronde on non, la somme pÂot an sire. Tmdis que le galant à grands pas se retire, L'homme an trésor arrive , et trouve son argent

AbsenL Qooi, dît-0, sans monrir je perdrai cette somme ! Je ne me poidrai pas I Et vraiment si ferai ,

On de corde je manquerai.

Le lacs était tout prêt; il n'y manquait qn'un homme : Cehû-dse Tattadie, et se pend bien et beau.

Ce qui le consobr peut-être Futqu'unaatre eût, pourlui, fait les frais du cordeau. Aussi bien que Targent le lioou trouva midtre.

Uavare rarement finit ses jours sans pleurs; D a le moins de part au trésor qu'il enserre , Thésaurisant pour les voleurs , Pour ses parents , ou pour la terre.

Hais que dire du troc que la Fortune fit? Ce sont là de ses traits ; die s'en divertît : Plus le tour est biiarre, et plus elle est contente.

Cette déesse inconstante

Se mit alors en l'esprit

De voir un homme se pendre;

Et celui qui se pendit

S'y devait le moins attendre. ^

FABLE XVII

Le SInçe si U Chat

Bertrand avec Raton, l'un singe etFautre chat, Commensaux d'un logis^ avaient un commun maître. D'animaux malfeisants cf était un très-bon plat : Dsn*y craignaient tous deuxaucun, quelqu'Upâtétre. Trouvait-on quelque chose au logis de gâté , L'on ne s'en prenait point aux gens du voisinage: Bertrand dérobait tout; Raton, de son côté, Éunt moins attentif aux souris qu'au ftt>mage , Un jour, au coin du fèu, nos deux maîtres fripons

Regardaient rdtir des marrons.

Les escroquer était une très-bonne affaire : Nos galants y voyaient double profit à foire; Lear bien prcnoièrement , et puis le mal d'autrui. Bertrand dit à Raton : Frère, il fiiut aujourd'hui

Que tu fluses un coup de maître; Tire-moi ces marrons. Si Dieu m'avait ftdt nattre

Propre à tirer marrons du feu.

Certes , marrons verraient beau jeu.

àmsitdt fiut que dit : Raton , avec sa patte.

D'oie manière dâieate , Ccarte un peu la cendre, et rtùrt les doigts;

Puis les reporte à plusieurs fois; Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque :

Et cependaôit Bertrand les croque.

Une servante vient : adieu mes gens. Raton

N'était pas content , ce dit-on.

Ainsi ne le sont pas la plupart de ces princes Qui, flattés d'un pareil emploi , Vont s'échauder en des provinces Pour le profit de quelque roi.

FABLE XYIIL

Le 3iilan et le ilossignol.

Ajurès que le milan , manifeste voleur , Eut répandu l'alarme en tout le voisinage. Et lUt crier sur lui les enfruits du vfllage , Un rossignol tomba dans ses mains par malheur. Le héraut du printemps lui demande la vie. Aussi bien, que manger en qui n'a que le son?

Écoutez plutôt ma chanson : * .

Je vous raconterai Térée et son envie. — QuiTéiée? est-ce unmets propre pour les milans? Non pas; c'était un roi dont les Unix violents Me firent ressentir leur ardeur criminelle \ Je m'en vais vous en dire une chanson si belle Qu'elle vous ravira : mon chant plaît à chacun

Le milan alors lui réplique :

Vraiment , nous voîd bien {.lorsque je suis à jeun ,

Tu me viens parier de musiquel — J'en parle bien aux rois. — Quand un roi te jirendm ,

Tu peux lui conter ces merveilles :

Pour un milan, il s'en rira.

Ventre affluné n'a point d'oreilles *.

FABLE XIX

Le Berger et son TVowpfiiii.

Quoi ! toujours il me manquera

Quelqu'un de ce peuple imbécile 1

Toujours le loup m'en gobera 1 Taurai beau les compter I Us étaient plus de mille , Et m'ont laissé ravir notre pauvre Kcibm ' I

Robin mouton , qui par la ville

> Tojei OTlde, MOamarph., YI. IS» et la note 2 de la b* Ue IV du lïwn m.

> ce proreilM ezMaitdotmpé des Homafni, où peut-être U eit né d'oc boo mot de Catoo le œnear. Foiei Plmarqiie, rie dé CaUm Ueenseur, t UI, p. SOSdebMMlaclkmd'Amyot, édit de ChTieri et austi Rabelais, Pantagruel, Ut. IV, SS, tll.p. ISO, édit 1741. iiM».

* Dani Eabeiait, le marehand dit à Pamirie i c Vooi a?ei < nom llo6<«-aiiMifoii. Vorei oe moalon-IA, U ha ooni JloMn « comme vous • Pantagruel, I. lY, di. Ti. t ii> p« IS*

FABLES

Me suivait ponrim pende pain, • Et qaî m'aurait satTÎ josqnes aa boat du monde ! Hélas I de ma mnsette il entendait le son ; U me sentait venir de cent pas à la ronde.

Ah ( le pauvre Robin mouton !

Quand Guillot * eut fini cette oraison funèbre , Et rendu de Robin la mémoire célèbre ,

Il harangua tout le troupeau , Les chefe, la multitude, et jusqu'au moindreagnean ,

Les conjurant de tenir ferme :

Gela seul sufRrait pour écarter les loups. Foi de peuple d'honneur , ils lui promirent tons

De ne bouger non plus qn*un terme.

Noos voulons , dirent-ils , étouffer le gioaton ' Qm noos a pris Robin monUm.

Chacun eu répond sur sa tête.

Goillot les crut, et leur flt fête.

Cependant , devant Qu'il fût nuit,

n arriva nouvel encombre :

Un loup parut ; tout le troupeau s'enftdt. Ce n*était pas un loup , ce n'en était que l'ombre.

Haranguez de méchants soldats ;

Ds promettront de fidre rage :

Mais , au moindre danger , adieu tout leur courage; Votre exemple et vos cris ne les retîendrootjias.

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