LIVRE X
i*ai le df» de penser ; et je stis qoe je pense Or, Toui MTec , Iris, de certaine science,
Que 9 qoand la bêle penserait ,
La bêle ne réflédiirait
Sur Tobjet ni sur sa pensée.
Dcscartes Ta pins loin, et soutient nettement
Qu'elle ne pense nullement.
Vous n'êtes point embarrassée De le croire ; ni moi. Cependant, qoand aux bois ^
Le bruit des oora , celui des Toix , Ffadonnénulrdâcheàlaftiyante proie,
Qu*en Tain die a mis ses efforts
A confondre et bromller la Toie , L'aniuBl chargé d'ans , Tîenx cerf, et de dix cors , En suppose on plus jeune, et Fobiige, par force, A présoBter aux chiens une nourette amorce. Qoe de raisonnemeots pour conserTer ses jonnl Le retour sur ses pas, les malins, les tours,
Et le change , et cent stratagèmes Dignes des pins graids cfaefii , dignes d'im meillenr
Onledédûreaprèssamsrt: (soitl
Ce sont tous ses homicnn «npvémes.
Quand la perdrix
Voit ses petits En danger, etn*ayant qu'une plume nonrelle Qui ne peut fivr encor par les airs le trépas, Elle bit la blessée, et Ta traînant de l'&ile, Attirant le chasseur et le chien sur ses pas , Détourne le danger, sauTe ainsi sa forotlle; El puis, quand lechasseur croit que son chienla pille. Elle lui dit adieu, prend sa Tolée, et rit De lliomme qui, oonfos , des yeux en Tain la soit.
Non loin do nord il est un monde
On Ton sait que les hid>ttant8
VÎTent, ainsi qu'aux premiers temps.
Dans une ignorance profonde :
Je parie des humains ; car , quant aux animaux ,
Us y coQstraiBent destraraux Qui des torrents grossis arrêtent le rsTage Et font commnniqoer Ton et Tantre riTage. L'édifice résiste, et dnre en scm entier : Après un lit de bois est un lit de mortier. Chaque castor agit : oommune en est la tâiche ; I^ Tieux y foit marcher le jeune sans relâche; Maint maître d'œnrre y court, et tient haut le bâton.
La république de Platon
lie scnit rien que Tapprentie
De cette ikmille amphibie, ftsarent en hiTer élerer leurs maisons,
* Xmm fat édKeon modernes ont mis sans aoame ration <n» hoiê an rin^ller, an Uea da pluriel , que contlen- Isi éâttoof doonéei par la Fontaine, et réditlôn de 17301»
Passent les étangs sur des ponts.
Fruit de leur art, savant ouvrage ;
Et nos pareils ont beau le voir, - Jusqu'à présent tout leur savoir
Est de passer Tonde à la nage.
Que ces castors ne soient qu'un corps vide d'es|irît , Jamais on ne pourra m'obiiger à le croire : Mais. Toid beaucoup plus ; écoutez ce récit ,
Que je tiens d'un roi plein de gloire. Lc'défenseor du Nord vous sera mon garant : Je vais citer un prince aimé de la Victoire ; » Son nom seul est un mur à l'empire ottoman : Cest le roi polonais *, Jamais un roi ne ment.
H dit donc que , sur sa frontière , Des animaux entre eux ont guerre de tout temps : Le sang qui se transmet des pères aux enfonts
En renouvelle la matière.
Ces animaux , dit-il , sont germains du renard.
Jamais la guerre avec tant d'art
Ne s'est foite parmi les hoamwa ,
Non pas même au siède oà noos souosnes. Corps de garde avancé , vedettes , espions , Embuscades, partis, et mille inrentions D'une pemideuse et maudite sdenoe , Fille du Styx , et mère des héros ,
Exercent de ces anhnaux
Le bon sens et l'expérience.
Pour dianter leurs combats , TAchéron nous devrait
Rendre Homère. Ah I s'il le rendait.
Et qu'il rendît aussi le rival d'Ëpicure * , Que dhvit ce dernier sur ces exemples-ci f Ce que j'ai déjà dit : qu'aux bêtes la nature Peut par les seuls ressorts opérer tout oed ;
Que la mémoire est corporelle ; Et que , pour en venir aux exemples divers
Que j'ai mis en jour dans ces vers ,
L'animal n'a besoin que d'die.
L'objet, lorsqu'il revient , va dans son magasin
Chercher , par le même chemin,
L'image auparavant tracée , Qui sur les mêmes pas revient pareillement ,
Sans le secours de la pensée ,
Causer un même événement.
Nous agissons tout autrement :
La volonté nous détermine.
Non l'objet , ni l'instinct. Je parle, je rfwmînf :
Je sens en moi certain agent;
Tout obéit dans ma machine
A ce prindpe intelligent.
> SobieaU . rainqueur detTurca àChoctfan en lOrSt fl paim quelque temps à Paris , et rechercha la sodélé de madame da la SaMîère, chez laquelle la Fontaine eut de fréqnsalea aocasions de s'entretenir arec lui. <
• Dcscartes.
n est distinct da corps , se coDCoit nettenieiit,
Se conçoit mieux qae le corps même :
De tons nos moaTcments c^est l'aii)itre saprème.
Mais OMnment le corps l^entend-41?<
C'est là le poin(. Je vois Toatil Obéir à la main : mais la main, quilagoide? Eh! qui guide les deux et leur course rapide? Quelque ange est attaché peut-ètreà ces grands corps. Un esprit vit en nous, et meut tous nos ressorts ; L'impression sç 6it : le moyen , Je Tignore ; On fle rapprend qu'au sein de la Diyinité; Et , s'il fiiut en parler avec sincérité ,
Descartes Tignorait encore.
Nous et lui là-dessus nous sommes tons égaux : Ce que je sais , Iris , c'est qu'en ces animaux
Dont je viens de citer l'exemple , Cet esprit n'agit pas : l'homme seul est son temple. Â.U8si llint-41 donner à l'animal un point
Que la plante après tout n'a point :
Cependant la plante .respire.
Hais que répondra-t-on à ce qoe je Tais dire ?
Deux rats cherchaient leur yie; ils trouTèrent uncsuf.
Le dîné (sufflsait à gens de cette espèce :
n n'était pas besoin qu'ib trouvassent un boeuf.
Pleins d'appétit et d'allégresse , Us allaient de leur (suf manger chacun sa part , Quand un quidam parut : c'était maître renard »
Rencontre incommode et fâcheuse :
Car conmient sauver l'oeuf? Le bien empaqueter ; Pois des pieds de devant ensemble le porter,
Ou le rouler , ou le traîner : C'était chose impossible autant que hasardeuse.
Nécessité l'ingénieuse
Leur fournit une invention.
Comme ils pouvaicsnt gagner leur habitation , L'écomifleur * étant à demi-quart de lieue , L'un se mit sur le dos , prit l'œuf entre ses bras ; Puis , malgré qudques heurts * et quelques mauvais
L'autre le tndna par la queue. [pas ,
Qu'on m'aille soutenir , après un tel rédt ,
Que les bétes n'ont point d'esprit I
Pour moi, si j'en étais le maître , Je leur en donnerais aussi bien qu'aux enfonts. Cenx-d pensent41s pas dès leurs plus jeunes ans? Qudqn'unpent â<mc penser ne se pouvant connaître.
Par un exemple tout égal ,
J'attribuerais à l'animal , Non point une raison selon notre manière , Mais beaucoup plus aussi qu'un aveugle ressort : Je subtilisenîs un morceau de matière ,
< Cfltai qnicherdie à Thrre aux dépem d*aiitral. • QaehfiiM clioci.
Que l'on ne pourrait plus concevoir sans effixt , Quintessence d'atome , extrait de la lumièfe, Je ne sais quoi plus vif et plus mobile enoor Que le feu ; car enfin, si le bois fidt la flamme , La flamme , en s'éporant, pent«^lle pas de l'âme Nous donner quelque idée? etsort-ii pas de Vor Des entrailles du plomb? Je rendrais mon ouvrage Capable de sentir, juger. Tien davantage ,
Et juger hnparfaitement ; Sans qu'un singe jamais fit le moindre argument.
A l'égard de noos autres hommes,. Je ferais notre lot infiniment (dus fort ;
Nous aurions un double trésor :
L'un, cette âmepareilleentous tantqne nous sommes,
, Sages, fous, enfents, idiots, Hdtes de l'univers sous le nom d'animaux ; L'autre, encorenneantre Ame, entre nooset les anget
Commune en un certain degré;
Et ce trésor à part créé Suivrait parmi les airs les célestes phalanges , Entrerait dans un point sans en être pressé , Ne finirait jamais , quoique ayant commencé : >
Chose réelle, quoique étrange.
Tant que l'enflince durerait , Cette fille du del en nous ne paraîtrait
Qtt'i^ie tendre et feible lumières L'organe étant plus fort, la raison percerait
Les ténèbres de la matière j
Qui toujours envelopperait - L'autre âme imparfeite et grossière*.
FABLE n.
U Homme et la Couleuvre.
Un homme vit une couleuvre :
Ahl méchante , ditril , je m'en vais ftôre une œuvre . Agréable à tout l'univers I
A ces mots l'animal pervers
( C'est le serpent que je veux dire , Et non l'homme : on pourrait aisément s'y tromper) ,' A ces mots le serpent, se laissant attraper , Est pris, mis en un sac; et ce qui (ht le pire, On résolut sa mort , fôt^il coupable on non*- Afin de le payer toutefois de raispn ,
L'autre lui fit cette harangue :
Symbole des ingrat^ I être bon aux médiants. C'est être sot; meurs donc : ta colère et tes dems Ne me nuiront jamais. Le serpent, ensa langue ,
* ce qal précède ot on oompoié dei idées d*Bnpédocle M de PUloQ , qoe là FoolaiDe mêle euemUe pour tâcher de s'eipllqner à Iui>ioèiiie le qrtttoie de Deacartes tar rime dei béfes. cootre leqod k» \mi sens naturel lui suggénrit detdifficiiltéi imoioblet.