LIVRE X
nkia qa'il pot : S*ll fallait condamner Tout ks ingratg qui soDt an monde , A qui poiirraît-oD pardonner?
Toknéme ta te fais ton procès : je me fonde Sur tes propres leçons; jette les yeux sur toi. Mes joocs sont en tes mains , trandie-les ; ta jostiee, Cestton milité, ton plaisir, ton caprice : Sdonœs lois, oondamne-moi; Mais trooTe bon qu'avec franchisa En mourant an moins je te due Que le symbole des ingrats Ce n est point le serpent , c*est Thomme. Ces paroles Fimit arrêter Tantre ; il recula d'un pas. Enfin il repartit ; Tes raisons sont frivoles. Je poonais décider, car ce droit m'appartient ; Mais npponons-nons-en *. Soit fait, dit le reptile. Une vacbe était là : Von l'appelle ; elle vient : Le cas est proposé. Celait chose facile : Fallait-il pour cela,' dilrdle, m'appeler? la couleuvre a raison : pourquoi disshnulerf Je nourris çduhei depuis longues années; n n'a saip mes bienfaits' passé nulles journées ; Toot n*est que pomr lui seul ; mon lait et mes enfants Le font à la maison revenir les mains pleines : Même j u rétabli sa santé , que les ans
Araient altérée; et mes peines Ont pour bot son plaisir ainsi que son besoin. Eafin me voilà yleille ; il me laisse en un coin Sans herbe : s'il voulait encor me laisser paître I Mail je sais attadiée : et si j'eusse eu pour maître Dd serpent, eût-il su jamais pousser si loin L'iogratitode? Adieu : j'ai dit ce que je pense. Lliflnme , tout étonné d*une telle sentence , Dit aaseqient : Faut-il croire ce qu'elle dit I Cert une radoteuse ; elle a perdu l'esprit. Ooyons ce bœaf. Croyons *, dit la rampante béte. Ainsi dit , ainsi fait. Le bœuf vient à pas lents. ^ . Qoand il eut ruminé tout le cas en sa tête ,
n dit que du labeur des ans Poor nous seuls il portait les soins les plus pesants, I^aieonant sans cesser ce long cercle de peines Qui, revenant sur soi , ramenait dans nos plaines Ce qoe Gérés nous donne, etvendauxanhnaux;
Que cette suite de travaux.
Poorrd^ompenseavaît, detoos tant que nous sommes, Force coups, peu de gré ' : puis, quand 11 était vieux, On croyait l'honorer dtaque fois que les hommes de son sang rûidnlgence des dieux.
i parla le Ixraf. L'homme dit : Faisons taire Cet ennuyeux dédamateur;
' A qndtiD'iiii qœ nous prendrom pour Juge. El'Ipse.
' Ciofoiif œ ({n'a nous dira; npportons-iMJtis-cn à m» Ju«
«mLEUp».
* PcQ de tàaoipuaei de lathlaGtioii.
Il cherdie de grands mots , et vient ici se faire ,
Au lieu d'arbitre , accusateur.
Je le récuse aussi. L'arbre étant pris pour juge Ce fut bien pb encore. Il sen'ait de refuge Contre le chaud , la pluie, et la fnreiir des venta ;. Pour nous seuls il ornait les jardins et les champs ; L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il sât faire; Il courbait sons les fhilts. Cependant pour salaire Un rustre l'abattait : c'était là son loyer * ; Quoique , pendant tout l'an , libéral il nous donné Ou des fleurs an printemps, ou du fhiit en automne , L'ombre l'été , riiiver les plaisirs du foyer. Que ne l'émondait-on , sans prendre la cognée ? De son tempérament, il eftt encor vdcu. L'homme, trouvant mauvais que l'on Teât oonvainch, Voulut à toute force avoir cause gagnée. . Je suis bien bon , dit-il , d*éoouter ces gens-là 1 Du sac et du serpent aussitôt il donna Contre les murs , tant qu'il tua la bête.
On en use ainsi chei les grands :
La raison les offense ; ils se mettent en tête Que tout est né pour eux , quadrupèdes et geiM , Et serpenta.
Si quelqu'un desserre les denta , Cest un sot. J'en conviens imaisquefaut-Q doncfaîr^f
Parler de loin , ou bien se taire.
FABLE m.
La Tortue et les deux Canards^
Une tortue était , à la tête légère , Qui , lasse de son trou , voulut voir le pays. Volontiers on fait cas d'une terre étrangère; Volontiers gens boiteux haïssent le logis.
Deux canards , à qui la commère
Commtmiqua ce beau dessein , Lui dirent qu'ils avaient de quoi la satisfaire.
Voyez- vous ce large chemin?
Nous vous vcMturerons, par l'air, en Amérique :
Vous verrez mainte république , Maint royaume, maint peuple ; et vous profiterez ^ Des différentes mœurs que vous remarquerez. Ulysse en fit autant. Oh ne s'attendait guère
De voir Ulysse en cette affahie.
La tortue écouta la proposition .
Marché fait, les oiseaux forgent une machine
Pour transporter la pèlerine.
Dans la gueule , en travers , on lui passe un bâton. Serrez bien , dirent-Us , gardez de lâcher prise. Puis chaque canard prend ce bâton par un bout La tortue enlevée , on s'étonne partout
* Sa réccMipcme*
, De voir aller en cette goise
L'animal lent et sa maison , Jostemoit au milieu de Fan et Taatre oison ^ Uirade 1 criait-on : venez voir dans les nues
Passer la reine des tortues.
ta reine I vraiment oui : je la suis en effet ; Ne vous en moquez point. Elle eût beaucoup mieux Dé passer son chemin sans dire aucune diose ; (ftiit Car, lâchant le bâton en desserrant les dents , Elle tombe , elle crève aux pieds des regardants. Son indiscrétion de sa perte fat cause.
Imprudence , babil , et sotte vanité ^ Et vaine curiosité , Ont ensemble étroit parentage .
Ce sont enfanta tous d'un tignage '.
FABLE IV
Li$ Poissons et le Cormoran,
n n^étail point d*étang dans tout le voistnage Qu^uQ cormoran n'eût mis à contribution : Viviers et réservoirs lui payaient pension. Sa cuisine allait bien : mais , lorsque le long âge : Suc glacé le pauvre anbnal,
La même cuisine alla mal.
Tout cormoran se sert de pourvoyeur lui-même. Lendtre,unpeu trop vieux pour voir au fond des eaux,
N'ayant ni filets ni réseaux ,
Souffrait une disette extrême.
Que fit-il ? Le besoin , docteur en stratagème j Lui fournit celui-ci. £i}i^ {ç l^ord^*^ étang
Cormoran vit HDêic^viiie.. v Ma commère , dit-il , uUex tamii l'iaslant
Porter un avis important
A ce peuple : il faut qu'il périsse; Le maître de ce lieu dans huit jours pochera.
L'écrevisse en hâte s'en va
Conter le cas. Grande est Témute ' ; ' On court, on s'assemble, on députe
A Toiseau : Seigneur Cormoran , D*db tous vient cet avis? Quel est votre garant?
• Ohoh o'a Jamais signiitë que le peUt d'une oie, et par métaphore une penoiioe simple et bornée.
• Issus de même souroé on d'une mcme tiçnée ou race. Le dictionnaire de rAcadénie française du temps de la Poniilne dit que le mot lignage^ vieux i notre poêle Taura sans doute rsjeunl} car. depuis ta pubUcaUon de ses Cables, aucun dic« tlonnaire. sans en excepter celui de r Académie franrai&c. n'a reproduit cette remarque i mais tous les lexlcosraplies l'ont fiUt à l'égard du mot parêntugê, qui était vieux aussi, mtfme lorKpie U FonUlne écrivait, et qui ne s'emploraU qu'en ven. Uarot s'est servi de l'un et de l'autre mot.
1 Éutute ffonrétneute, par licence poétique..
Êtei-vous sâr de cette aflkire?
IVy savez-voQs remède? Et qu'est-il bon de foire? Clianger de lieu, diuil. * Comment le ferons-nous?-- M'en sof ea point en soin : je voœ porterai tous
L*nn après Tautre, en ma retraite.
Nnlque Dieu seul et moi n'en conaalt les diemins :
Il n'est demeure plus secrète.
Un vivier que Nature y creusa de ses mains,
Inconnu des traîtres himains ,
Sauvera votre république.
On le crut. Le peuple aquatique
L'un après Taulre fut porté
Sous ce rocher peu f\rëqucnté.
Là , Cormoran le bon apôtre ,
Les ayant mis en un endroit
Transparent , peu creux , fort étroit ^ Von? les prenait sans peine ,' un jour lun , un joor
Il leur apprit à leurs dépens (rauire ;
Que Ton ne ^it jamais avoir de confiance
En ceux qui sont mangeurs de gens.
Us y perdirent peu , puisque Thumaine engeance En aurait aussi bien croqué sa bonne part. Qu'importe qui vous mange , homme ou loup? tonte
Me parait une à cet égard : ((laiise
Un jour plus tdt , un jour plus tard ,
Ce n'est pas grande différence.
FABLE V
L'Enfouisseur et son Compère.
Un pînoe4iiaiUe avait tant amassé Qu'il ne savait on loger sa finance.
L'avarice , compagne et sœur de l'ignorance ,
Le rendait fort embarrassé
Dans le choix d un déposiuire ; Car il en voulait un , et voici sa raison r L'objet t^te ; il ftiudra que ce monceau s'altère
Si je le laisse à la maison ?
Mui^néffle de mon bien je serai le larron. — Le larron? Quoi ! jouir, c'est se voler soi-même? Mon ami , j'ai pitié de ton erreur extrême.
Apprends de moi cette leçon ; Le bien n'estbien qu'en Unt queron s'en peut défaire; Sans cela c'est un mal. Veux4u le réserver Pour un âge et des temps qiii n'en ont plus que foire? La peine <l'aoquérir, le soin'de cimserver, Otent le prix à l'or, qu'on croit si nécessaire. —
Pour se décharger d'un tel soin , Notre homme eût pu trouver des gens sûrs au besoin. Il aima mieux la terre ; et , prenant son compère „ Celui-ci laide. Ils vont enfouir le trésor. Au bout de quelque temps l'homme va voir son or;
U ne retrouva que le ^te.