LIVRE X
Soupçonnant à bondfoHteeompke, il va vite Lui d^ : Apprêiei-Toùs; car fl me reste encor QueUpiesdenieri : je yeux les joindre à raatre masse. Le compère aussitôt va remettre en sa i^aoe
Targent y M ) piétendant bien Toot reprendre à la Kms , sans qu'il y UMinqaât rien.
Mab , pour ce coup, Tautre Tut sage :
Il retînt tout ehei lui , lésoltt de jouir,
Plus n'entasser, pfa» n*enfouir ; EtlepauTreTdenr, netrourant plus son gage ,
Pensa tomber de sa hauteur.
H n*est pas malaisé de tromper un trompeur.
FABLE VI
Le LoupeîUi Bergerg.
Un loup rempli d'hnmanilé
(SU en est de tels dans le monde)
Fît un jour sur sa cruauté , QnoM|u*il ne rexergât que par peœssité ,
Une réflexion profonde.
Je suis haï, dit-il; et de qui? de chacun.
Le loup est l-ennemi commun :
Chiens , chasseurs , villageois , s'assemblent pour sa Jupiter est là-haut étourdi de leurs cris : [{lerte ; Cest par là que de loups TAi^eterre en déserte * ,
On 7 mit notre tète à prix.
Il n*est hobereau qui ne fassj
Contre nous tels bans ' publier ;
U n'est mairmot osant crier Que dq loup aussitôt sa mère ne menace '.
Le tout pour un âne rogneux, Pour un menton pourri, pour quelque chien bar*
Dont j*anrai passé mon enrie. Ign^nX)
Eh bien! ne mangeons plus de ehose ayant eu vie : Pssiasons lliertie , broutons , mourons de faim plutôt
Est-ce une chose si cruelle?
Vaut-il mieux s'attirer la haine universelle? Disant ces mots, il vît des bergers, pour leur rôt,
Mangeants un agneau cuit en broche.
Oh! oh! dit-il , je me reproche Le sang de cette gent : voilà ses gardiens
S*en repaissants * eux et leurs chiens ;
• SdcBd, roi d*Aiis^elem, qoi régnait Tcn le milieu da dhiène liède, Bt Faire tons la an» degrandct ckaaset pour la datiiidloo des loopa. et conYertit le tribut en argent que son prMtanrar AtheMan atait infpoiéanx loaYenini de la piinc^MlédeGann,enon tribut annuel de troUcenti tétetde bapi. Par cet morena Edgard détruifit les loupt dam toole ringiftffTf.Voy. Bwxie'ê Hiêt. ofEn^land, ch. u, 1. 1. 127.
• JfafMkment bit à crii publia pour ordonner on défendra
s AttiHlon à la bble sf i du livre IV, IntituMe U loup» ia KéreMt Enfant.
4 jtmu S'en r^faft$antt dans taules les éditiom oMderncs.
Et moi , loup , j*en ferai scrupule t Non , par tons les dieux ! non ; je serais ridtcttle .'
Thibaut Tagnelet passera,
Sans qu'à la broche je le mette ; Et non-seulement lui , mais la mère qu*il tette , . '
Et le père qui Fengendra I
Ce loup avait raison. Est-il dit qn^on nous voie
Faire festin de toute proie , Bianger les animaux ; et nous les réduirons Aux mets de Tâge d*or autant que nous pourrons !
Ils n'auront ni croc ni marmite !
Bergen , bergers 1 le loup n*a tort
Que quand il n'est pas le plus fort :
Voulez-vous qifil vive en ermite ?
FABLE VIL
L'Ânignéeet VBironieUe.
0 Ji^iter, qui sus de ton cerveau , Par un secret d'accouchement nouveau % Tirée Pallas , jadis mon ennemie, Entend» ma phdnte une fois ai ta vie ^ ! Progné * me vient enlever les morceaux ; Caracolant , frisant Tair et les eaux , Elle me prend mes mouches à ma porte : Miennes je puis les dire ; et mon réseau En serait plein sans ce maudit oiseau : Je Tai tissu de matière assez forte.
Ainsi, d*un discours insdent ,
Se plaignait Taraignée autrefois tapissière , Et qui lors étant filandière
Prétendait enlacer toot insecte volant.
La Sjsur de Philomèle , attentive à sa proie ,
Malgré le beslion ' happait mouches dans Taîr,
Mak cette leçon n'est autorisée par àucmie des àUUons ortgl* nales.
• C'est-t-dlrB,lfl petH agneau qu'on noonat fliftant La rM« niofi de ces deux mots Thibaul-j4igneUt forme le nom du berger dans Tancienne farce de maistre Pierro Patfaelin, p. If de l'édlt. de CousteliOT. 1723, tn-t2.
• Jupiter. Incommode d'un violent mal de tête. Implora le secoues <ie Vnkain. qni.^d'mi coi^ dehadie. fil sortir de so^ cenreau la déesse de la Sageantout anmfe.
t OWd.. Uf . Vî.
4 L'birondelle, qui, dans la mytiiolosie, provenait de Progné. soeur de Pbaomèlc.
< Ce mot n'appartient pas. comme on l*a dit, à notre tieua langsae} U est dériré de rilallen x mais au lieu d'être, comme dans cette langue, unansmentatif, notre poète en lait un dimi» untir. // butUm^ sisnifie en italien une bêle grosse on gnmde. Dans la première édition du dictionnaire de r Académie Cran» çaise, on trouve oependani le mot^«ti<m<; mais au pluriel seulement I il est dit que ce mot signifie particultirement des bétes sauvages, et qu'il ne s'emploie guère qu'en parlant des tapisseries qui représentent ces sortes de bétes. tapUêeriet d» bestiont. Ce mot , ai4ourd'hui,mème au pluriel , est borsd'n*
FABLES
Pour ses petits , poar elle , impitoyable joie , Que ses enfants gloutons , d*un bec toujours oayert, D'un ton demi-formé , bégayante couvée , I>emandaient par des cris encormal entendus.
La pauvre aragne * n*ayant plus Que la tête et les pieds , artisans superflus ,
Se vit elle-même enlevée :
Lliîrondelle , en passant , emporta toile , et tout ,
- Et ranimai pendant au bout.
Jupin pour chaque état mit deux tables au monde î L'adroit , le vigilant , et le fort, sont assis
A la première ; et les petits
Mangent leur restQ à la seconde.
FABLE Vni.
ÏA Perdrix et la Coqs,
Parmi de ceruins coqs , incivils , peu galants ,
Toujours en noise , et turbulents,
Une perdrix était nourrie.
Son sexe , et Thospilalité , De la part de ces coqs , peuple à Tamonr porté , Lui faisaient espérer beaucoup d'honnêteté : Ils feraient les honneurs de la ménagerie. Ce peuple cependant , fort souvent en furie, Pour la dame étrangère ayant peu de respec*, Loi donnait fort souvent d'horribles coups de beC.
D'abord elle en fut afSigée ; Hais, sitdt qu'elle eut vu cette troupe enragée S'entre-batlre ell<^mème et se percer les flancs , Elle se ooqsola. Ce sont leurs mœurs, dit-elle; Me les accusons point , plaignons plutôt ces gens :
Jupiter sur un seul modèle
N'a pas formé tous les esprits ; Il est des naturels de coqs et de perdrix. S11 dépendait de moi , je passerais ma vie
En plus honnête compagnie.
Le maître de ces \\eu% en ordonne autrement ;
11 nous prend avec des tonnelles , Nous toge avec des coqs , et nous coupe les ailes : C'est de l'homme qu'il faut se plaindre seulement.
nge: le mot propre, paur signifier un peUf animal, nne petite ftète. est bestiole, qui a remplacé hêsteUtle, qu'on trouva encore dans le dictionnaire de Nicot, p. 77, édition 1006, infoUo.
• Vieux mot. pour araignée, qu'on trouve encore employé dans Coqnillard et dans Ronsard.
• VàB. Rftpui , dans toutes les édiUons modernes ; mais dans tes éditions originales, et même dans celle de 1729. le I se trouve retranché ; et on écrit respee pour la rime , et par Ucence poétique. 11 y a d'autres exemples du même retranchemrtd pour le même mot dans les portes de ce temps.
FABLE IX
Le Chien à qui on a eoupi lei oreilles.
Qu*at-je Élit, pour me voir ainsi
Mutilé par mon propre maître f
Le bel état ou me voici!
Devant les antres diiens oseranje paraître^? P rois des aûimaux, ou plutôt lenrs tyrans,
Qui vous ferait dioses pareilles ?
Ainsi criait Mouflar *, jeune dogue; et les gens , Peu touchés de ses cris douloureux et perçants , Venaient de lui couper sans pitié les oreilles. Mouflar y croyait perdre. Il vit avec le temps Qn*il y gagnait beaucoup; car, étant de nature A piller ses pareils , mainte mésaventure
L'aurait fait retourner chez lui Avec cette {lartie en cent lieux altérée i Chien liargneux a toujours Toreille déchirée.
Le moins qu^onpeutlaisser de prise aux dents d'antrni, C'est le mieux.Quandonn'aqu'unendroîtàdéfendre,
On le mtmit, de peiv d'esclandre.
Tânoin maître Mouflar armé d'un gorgerin * ; Du reste ayant d'oreille autant que sur ma main ,
Un loup n'eAt su par où le prendre.
FABLE X
Le Berger et le Roi.
Deux démons à leur gré partagent notre vie , Et de son patiimoine ont chassé la raison ; Je ne vois point de oœnr qui ne leur sacrifie t Si vous me demandez leur état et leur nom , J'appelle Tun Amoiv, et l'autre s Ambitioa. Cette dernière étend le plus loin son empire ;
Car même elle entre dans l'amour.
Je le ferai bien voir ; mais mon but est de dire Comme un roi fit venir un berger à sa cour. Le coûte est du bon tempe, non du siède où nous lomiiia.
Ce roi vit un troupeau qui courrait tous les cliamps, Bien broutant, en bon corps, rapportant tous les ans, Grâce aux soins du berger, de très4iotables sommes. Le berger plut au roi par ces soins diligents.
> VAB. ÉdU. «679 ei 1729 1 Parétre. La Fontaine a écritaiul pour la rime, et par licence poétique. Toyei la fable nv do livre vin, qui présente un eieinple semblable.
* Corps à grooe télé, du mot mulle. Ce nom est encore cm* pruntéde Babelais. 1.II, ch. m.
> D'un collier de for à mailles. « Gorgerin , dK Kicot dans < son dictionnaire, est la pièce que Ifiomme de guerre met au-
• tour de sa goi^ : ce qu'on dit en bit de hanbert oamaUli»
• Çitrgerin , on l'appeUe baossc^oi en ùdt delome de fer. s