‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 584 sur 723 · V. -A M. LE DUC DE BOUILLON · texte numérisé non relu

V. -A M. LE DUC DE BOUILLON

Fils et neveu de favoris de Mars', Qui ne voyez chez vous de toutes parts

de la naissance de ce deinier qu'A est Ici question. Araund naquit en 1657.

* c'est-)-dire à Fontainebleau, château appartenaAt au roi. le Jupiter dont il est ici question.

> L'oncle de Godcfroy-Maurice de la Tour, duc de BoaBka. était le grand Turenne; et son père éUit Frédéric-Wi«n« « ia Tour, qui naquit le 22 octobre 4606, et roourulle » août «««• C'est Vannée même de sa mort que Frédéric-Maurice ftkcW. le 40 mars, l'échange de la principauté de Sedan contre lesoomtés d'Auvergne et d'Évrcux, les duciiés d'Albrelel <i«**J^ Thierry. Il fit ses premières annes sous Maurice et ^"^["v^j déric de Nassau, prince d'Orange, ses oocto ■*!««»• **

ÉPITRES

Ni de Terto ni d'exemple vulgaire , Qui de par tous et de par votre père Avez acqnts l^amonr de toos les oœnrs , Digne héritier d'un peuple de vainqueurs , Éoootez-moi : qu*un moment de contrainte Tienne votre âme attentive à ma plainte : Sur mon malheur daignez vous arrêter ; En ce tempa-ci c'est beaucoup d'écouter.

La sotte peor d*importuner un prince , Vice non pas de cour, mais de province , Gcmame Phébiis est mauvais courtisan , M^avait lié la voix jusqu'à présent :

Une antre peur à son tour me domine , Et j*ai chassé cette honte enfantine ; Je parle enfin , et fois parler encor, Non mon mérite , il n'est pas assez fort, Mais mon seul zèle et sa ferveur constante , Car tout héros de cela se c(mtente ; Puis , pour toucher un prince généreux , C*est bien assez que Ton soit malheureux. Je le suis donc , grâces à Véeurie*, Et ne suis pas seul de ma confirérie*. Un partisan nous ruine tout net : Ce partisan c'est la Vallée Comay.

Dessous sa griffé il fout que chacun danse ; D'autre Antéchrist je ne connais en France : Homme rusé, Janus à double front , L'on de rigueur , Tautre à composer prompt. Les distinguer n'est pas chose facile ; L'on après Tautre ils exercent ma bile : Qoand la Vallée , en se foisant prier , Dit qu'il me veut manger tout le dernier , Cornay poursuit ; et quand Comay retarde , A la Vallée il me fout prendre garde.

, je ris , mais ce n'est qu'en ces vers. L'ennui me vient de mille endroits divers , Da parlement , des aides , de la chambre ',

marcba lar les traces de ces granâs capitaines, et s'acquit en peo de tempe nne grande réputaUon. Son 'fils Godefhiy-Maarice, auqoct cette épttre est adressée, se dislingoa anssi dans les oomlNits: et les louanges données id par notre poète sont des vérités historiques.

* La Fontaine, dans des actes, aralt pris, è l'exemple de ses anortres, la qualité d'écuffer; oe qui n'était pas permis, à moins da Caire preuve de noblesse. Le fisc dirigea contre lui des poursulEio. et en son absence nn arrêt rendu par défaut le condamna I deux mUle bancs d'amende. Il s'adressa au duc de BoulHon, comme à son protecteur naturel, puisqu'il était seigneur de

s I^es ponnnttes oootre oenx qui usurpaient le titre de nobles se oonlinaèrentcf se renouvelèrent avec plus d'activité encore en 1666. ainsi qu'on le voit par un passage de la Mute daupMne de SilbHgny, vingt-cinquième semaine, 1667, in-12, p. 2S5.

• hA chambre de l'Arsenal instruisait alors le procès de Fouipief.

Du Heu fomeux * par le sept de septembre * ,

De la Bastille ', et puis du Limosin *;

n me viendra des Indes à la fin.

Je ne dis pas qu'il soit juste qu'on voie

Le nom de noble à toutes gens en proie ;

C'est un abus , il fout le prévemr ,

Et sans pitié les coupables punir ;

n le font, dis- je , et c'est on nous en sommes :

Mais le moins fier, mais le moins vain des hommes ,

Qui n'a jamais prétendu s*appiiyer

Du vain honneur de ce mot d'écuyer ,

Qui rit de ceux qui veulent le paraître',

Qui ne l'est point, qui n'a point voulu l'être;

C'est ce qui rend mon esprit étonné.

Avec cela je me vois condamné,

Mais par défout. J'étais lors en Champagne,

Dormant , rêvant , allant par la campagne ,

Mon procureur dessus quelque autre point*,

Et ne songeant à moi ni peu ni point ,

Tant il croyait que Taffoire était bonne.

On Ta surpris ; que Dieu le lui pardonne !

Il est bon homme , habile , et mon ami ,

Sait tous les tours ; mais il s'est endormi.

Thomas Bousseau' n'en a pas fait de même ,

4 Nantes.

s C'est le Jour oit If. Fouquet fut arrêté. (Note de la main de la Fontaine, écrite en maige à côté de ce vers.) Elle n'en est pas moins inexacte. C'est le 0 septembre que Fouqnet fût arrêté à Nantes. Voyex les ConeiuHons de ses défenses, 1668, In-fS, p. 261; sa requête présentée au parlement le 19 Juillet 1662! la lettre de Louis XIV à la reine mère , en date du 5 sep» tembre 1661 {OBuvres de Louis XIV, t V, p. 52), et les regîttres de la BartOle. {Mimmres hUtoriquu sur ia Bastiile, l7S8,in-8«, tl.p.26.)

' Pelilsson , l'ami intime de h Fontaine , et premier commis de Fouqnet, avait été arrêté en même temps que le surintendant, et conduit è la BasUUe dans le mois de septembre 4661. U n'en sortit que quatre ans aprês.CVoyez les Œuvres diverses de M. Peltisson, 1 1 , p. 94.)

4 Madame Fouqnet afait été conduite k Limoges. (Voyei Œuvres de Louis Xir, t V, p. 62.) Un acte reçu par Biaise, notaire royal, le 27 octobre 4661, visé dans une sentence do Chiitelet. en date du 25 décembre 4661, constate la présence de la femme do surintendant à Limoges I la fin de 1661. {Note communiquée à l'éditeur par M. de Monmtrquê,)

* ViB. Parêtre, dans le manuscrit, par licence poétique, et pour rimer aux yeux comme aux oreilles. U y a un grand nombre d'exemples de Inême nature dani notre auteur.

* C'est-à-dire, mon procureur était dessus quelque autre point. On trouve dans la Fontaine d'assez fréquents exemples de ces sortes d'ellipses , peu d'aoeurd avec les règles ordinaires de U gnmmaire. Ainsi dans ia tsbie xxvi du livre VIII il a dit t

Ces gens étalent les foai, Dèmocrlte le nge.

Le mot était se trouve eAcore ici sous-entendu.

' ll« Bousseau , procureur au parlemeut de Paris , occupait pour les traitants qui, ayant affermé les tailles, avaient droit aux amendes prononcées contre ceux qui dierclialent i se S'iustraire au payement de cet imp^t. On le voit par U déclaraUoa du 8 janvier 4 661. où il est dit que U'* Bousseau et du Caution serout tenus de mettre au greffe un état s{gné d'eux , contenant les

JBU

OEUVRES DIVERSES

Sa vigilance en tel cas est extrême ;

Il prend son temps, et (ait tout ce qu'il feut

Pour obtenir un arrêt par défaut.

Le rapporteur m'en a donné l'endosse

En celui-ci mettant toute la sauce \

S*il eût voulu quelque peu difTérer ,

La cour , seigneur , eût pu considérer

Que j'ai toujours été compris aux tailles ,

Qu'en nul partage , ou contrat d^épousûlles ,

En jugements intitulés de moi ,

En acte aucun qui puisse nuire au roi ,

Je n'ai voulu passer pour gentilhomme ;

Thomas Bousseau n'a su produire en somme

Que deux contrats' , si chétifs que rien plus ,

Signés de moi , mais sans les avoir lus :

Et lisez-vous tout ce qu'on vous apporte ?

J'aurais signé ma mort de même sorte.

Voilà , seigneur , le fait en peu de mots. Je vous arrête à d'étranges propa^ :

N'en accusez que ma raison troublée ; Sous le chagrin mon âme est accablée ; L'excès au mal m'ôte tout jugement.

Que me sert-il de vivre innocemment , D'être sans faste, et cultiver les Muses? Hélas t qu*un jour elles seront confuses , Quand on viendra leur dire en soupirant :

• Ce nourrisson que vous chérissiez tant ,

• Moins pour ses vers que pour ses mœars fodles,

• Qui préférait à la pompe des villes

N Vos antres cois, vos chants simples et doux ,

• Qui dès l'enfance a vécu parmi vous , ■ Est saocombé sous une injuste peine; « Et d affecter une qualité vaine

« Repris à faux , condamné sans raison ,

• Couvert de honte , est mort dans la prison! »

Voilà le sort qne les dieux me promettent :

Et sous Louis ces choses se permettent ,

Louis , ce sage et juste souverain I

Que ne sait-il qu'un arrêt mhumain

M'a oondanmé , moi qui n'ai point foit faute I

A quelle amende? Elle est, seigneur , si haute,

noms de ceux qu'ila prétendent fdre assigner comme nmpalean de noble«e. {Note communiquée à CédUeurpar M. de Monmerqué,)

> U jaLsausse dam le manuKrit, et la Fontaine a mis à det- •eln deux ««, par licence poétique , et pour rimer aux yeox.

* Noos avons la certitude qne la Fontaine s'est qualifié do titre d'écuyer dans un acte où il était partie passé devant Saint- Vaast, notaire au Châtelet de Paris, le 15 août 1661. Il est aussi qualifié écuyer dans un extrait des registres de la préfôfeé de Châtfau-Thierry, qui constate que m femme a renoncé aux Mens de la communauté i mais cet acte n'aurait pu le foire condamner, parce qu'il n'y était pas partie. {Note communiquée à VédileurparM. de Monmerqué,)

Qu'en la payant je ne ferai point mal De stipuler qu'au moins dans l'hôpital , Puisqu'il ne faut espérer nulles grâces , Pour mon argent j'obtiendrai quatre places : Une pour moi , pour ma femme une aussi, Pour mon frère * une , encor que de ced U soit injuste après tout qu'il pâtisse ; Bref, pour mon fils', y compris sa nourrice. Sans point d'abus les voilà Justement, Comptant pour un la nourrice et Fenfent; Il est petit, et la chose est bien juste. Si toutefois notre monarque auguste Cassait l'arrêt , cela serait , seigneur , Selon mon sens , bien plus à son honneor. De lui parler je n'en vaux pas la peine. S'il s'agissait de quelque grand domaine, * De quelque chose unportante à TEtat , Si c'était , dis-je , une ailaire d'éclat , Je vous prierais d'implorer sa justice : À ce défaut il est bon que j'agisse Près de celui qui dispose de tout , Qui par ses soins peut seul venir à bout' De réformer , de rétablir la France , Chasser le luxe , amener Tabondaiioe, Rendre le prince et les scqets contents. Mais il lui font encore un peu de temps , Et le mal est que je ne pals attendre ; Moi mort de ùâm , on aara beau m'apprendre L'heureux état où seront ces climats , Pour en jouir je ne reviendrai pas.

Demandez donc à ce ministre rare Que par pitié du reste il me sépare.

U le fera , n'en doutez point , seigneur. Si votre épouse' était même d'humeur À dire encore un mot sur cette afEnre , ' Comme elle sait persuader et plaire , Inspire un charme à tout ce qu^elle dit , Touche toujours le cœur quand et Tesprit', Je suis certam qu'une double entremise

* Ce frère» nommé Claude de la Fontaine, etreliréà IfoseM* r ArUut. avait fait à notre poète . par acte sons sdng privé M de sa propre main, en date dn 21 Janvier 1649. dooalioDdetooi SCS biens moyennant onze cents livres de pension.

s II se nommait Cliarles de la Fontaine; et , d'après son eitnil de baptême que nous avons sons les yeux, fl était nélelodolin I6SS. Il avait donc aion neuf ans. Son parrain Ibt Fnoçoii* Alaucroix. l'ami inttme de notre poète; et sa mairalne. BtAdto

femme de M« Jean Joase, avocat an pariement

• C'est Colbert que la FonUine désigne id.

* Harie- Anne Mandni , que le duc de Boaitlon tn» éçwm cette même année 4662, le 30 avril. Le contrat de marine. « date du 49avr0, se trouve imprimé dans Baluae, iH<te<« ^ néalogique de la maiton d'Àuoerque , L II , ?• •»•

• Avec lespril. Cette tournure «t commune <>"*^™^* Dans la traduction de Longue, U diti « U» seirtrent «<!«"••' toit trouvé quand et lut ■

ËPITRES.

De oeUe amende obtiendrait la remise.

Demandez-la, seigneur , et m'en croyez :

Mais que ce soit si bien que vous l'ayez ;

Et vous Tanrez *, j*engage à votre altesse

Ma foi , mon bien , mon honneur , ma promesse ,

Que ce ministre , aimé de notre roi ,

àSi TOUS parlez , inclinera pour moi.

A SON ALTBSSB SÉRÉNISSIMB

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