MADAME LA PRINCESSE DE BAVIÈRE
JCILLIT 1609.
Votre altesse sérénissime A y dit-on , pour moi quelque estime, Et vent que Je lui mande en vers Les aflkires de Tunivers ; J'entends les affaires de France :
Tobéis , et romps mon silence.
L'intérêt et Tambition TraTailIent à l'élection Du monarque de la Pologne*.
On croit ici que la besogne Est ayanoée ; et les esprits Font tantôt accorder le prix Au Lorrain', puis au Moscovite^ , Condé*, Nieubourg*; car le mérite De tous côtés fait embarras.
Condé , je crois , n'en manque pas.
Si votre époux voulait , madame , Régner ailleurs que sur votre âme , Ou ne peut faire un meilleur choix.
Heureux qui vivrait sous ses lois !
* Hmtrioetle-PéliroDie de U Tour, sœnr du duc de BoalUon. qiii,le28 arril 1661, épousa à Château-Thierry MaximiUen-Philippe-JérAoïe, oomtepalalin du Rhin, duc de Bavière. Elle était liUedeFrédérlc-Haarloe de la Tour, duc de Bouilloo, mort en I6S2, et d'BliflabeUi-Fébronle, inorte en i657. Mauricette-Pélirooie mourut à Tnrckheim le ao Juin 1706. à l'âge de dnqunte-quatre ans.
* Casimir, roi de Pologne, avait abdiiiué la couronne le 16 septembre 1066, et s'était reUré à Paris . à Tabliaye de Saint-Germain des Prés.
' Le duc Charles de Lorraine, né leSanfl 1614, mortle 16 ieptembre 1875.
4 Alexis Ifikhanovitch . carde Russie, né l'an f6S0, et mort le « février «676.
* A Condé, à Nieuboorg : a y a ellipse, Louis II, oy le grand Coudé, naquit le 8 septembre 1621 , et mourut le f f décembre 1686.
* Philippe-Guillaume, duc de Nieubourg , né le 28 novembre 1618. Voyei YBUMie de la vie et de» ouvrages dé la Ftm^ { faiiie,troisiemeédition,p. 164. I
Ceux qui des afflûres publiques Parlent toujours en politiques , Réglant ceci , jugeant cela ( Et je suis de ce nombre-là ) ; Les raisonneurs , dis-je , prétendent Qu'au Lorrain plusieurs princes tendent.
Quant à Moscou , nous Texcluons ; Voici sur quoi nous nous fondons :
Le schisme y règne ; et puis son prince Mettrait la Pologne en province.
Nieubourg nous accommoderait :
Au roi de France il donnerait Quelque fleuron pour sa couronne, Moyennant tant , comme Ton donne , Et point autrement ici-bas.
Nous serions voisins des États ' ; Us en ont Talarme , et font brigue.
Contre Louis chacun se ligue.
Cela lui fait beaucoup d'honneur, Et ne lui donne point de peur.
Que craindrait-il , lui dont les armes Vont aux Turcs causer des alarmes '?
Nous attendons du Grand Seigneur Un bel et bon ambassadeur ; Il vient avec grande cohorte :
Le nôtre est flatté par la Porte".
Tout ceci la paix nous promet Entre Saint-Marc et Mahomet ^.
Notre prince en sera l'arbitre :
Il le peut être à juste titre ; Et ferait même , contre soi , Justice au Turc en bonne foi.
Pendant que je suis sur la guerre Que Saint-Marc souffre dans sa terre , Deux de vos frères' sur les flots
« C'est-à-dfane de la HoUande. Louis XIV, pour prix de Tappnl qu'il accordait au duc de Nieubourg, espérait obtenir la cessioB du duché de Jnliers , ce qui aurait rendu la nance limitroplie des Etats de Hollande.
* En guerre avec les Vénitiens, les Turcs assiégeaient Candie. Voyei Y Histoire de la vie et des ouorages de la Fontaine, troisième édition, p. 466.
* Les secours que Louis XIV venait de donner è la répnUlqnt de Venise n'empÂclièrent pas que le Grand Seigneur ne lit rendra de grands honneurs à II. de Nointel ambassadeur de France à la Porte Ottomane , et qu'il n'envoyât Soliman en ambasnartr en France. Voyez aeboulet. Histoire du régne de Louis XI F', t II. p. 18.
4 C'est-à-dire. entra la république de Venise, qui est sons la protection de saint Mare , et le Grand Seigneur, qui est mabontétant
■ C'étaient les deux plus jeunes. L'alné des deux , Constantin- Ignace de la Tour, mourut le 3 octobre 1670. à l'âge de vfaigt* quatra ans, des blessures qu'il avait reçues deux Jours auparavant dans un combat singulier. Son plus jeune frèn » Henri- Uanrice , selon Bafaira ( Henri-Ignace , selon VAri de vérifitr
SSè
ŒUVRES DIVERSES
Vont secourir les Candiots.
Oh I combien de sultanes prises 1 Que de croissants dans nos églises I Quel nombre de turbans fendu 1 Tête et turiïan , bien entendu.
Puisqu'on parlant de ces matières Me voici tombé sur vos frères , Vous saurez que le chambellan* A couru cent cerfs en un an.
Courir des hommes , je le gage , Lui plairait beaucimp davantage ; Mais de longtemps il n'en courra :
Son ardeur se contentera , S'il lui plaît, d'une ombre de guerre.
D'Auvergne ' s'est dans notre terre Rompu le bras : il est guéri.
Ce prince a dans Château-Thierry Passé deux mois et davantage.
Rien de meilleur , rien de plus sa^ , Et de plus selon mes souhaits, Parmi les grands ne fut jamais.
Le ducd'Albret." donne à Tétode Sa principale inquiétude.
Toujours il augmente en savoir.
Je suis jeune assez pour le voir An-dessus des premières tètes.
Son bel esprit, ses mœurs honnêtes , L'élèveront à tel degré Qu'enfin je m'en contenterai \ Veuille le ciel à tous ses frères Rendre toutes choses prospères , Et leur donner autant de nom , Autant d'éclat et de renom , Autant de lauriers et de gloire , Que par les mains de la victoire L'onde * en reçoit depuis longtemps !
iet datet) , fot également tné en dael , et monnit à Colmar le ao février 1675. Il avait le titre de duc de Châteaa-Thieirr. Voyet V Histoire de iavie et det ouvrages de la ForUaine^ troisième édition» p. 107.
* Godefroy-Maorice de la Tour, dac de BouIUod. grand chambellan, Vatné des tières de la princesse, le mari de Marie- Anne Mancini, dncbease de Bouillon, protectrice de notre poète.
■ Frédéric-Manrice de la Tour, comte d'AuTergne, colonel général de cavalerie légère , le second des frères de la prin-
• Bmmanuel-Tliéodose, troisième frère de la princesse, par rang d'âge , duc d' Albret , depuis cardinal et grand atimOirier de France , mort à Rome le 7 mars 4715.
« Ces Ters sont une prédiction du chapeau de cardinal que le duc d' Albret obtint quelque temps aprte, le 4 aoAt f668. La Fontahie , ravi de l'accomplissement de sa prophétie , fit à ce su- Jet vn sixain , que l'on trouvera cl-aprte.
* Le grand Turcnne.
Si leurs désirs n*en sont eootents ,
Et que plus haut leur âme aspire.
Je serai le premier à dire
Qu'ils auront tort, et que iesoœan
Ne sont jamais soûls de grandeurs.
TrouverontHls en des familles ,
Par les garçons et par les filles ,
Par le père et par lesafeux,
Un tel nombre de demi-dieux,
Et de déesses tout entières?
Car demi-déesses n'est guères
En usage , à mon sentiment ;
Puis , quand je n'aurais seulement
Qu'à parler de votre mérite ,
L'expression serait petite.
Veuille le del , à votre tour ,
Vous donner un petit Amour
Qui , par la suite des années ,
D'un grand Mars ait les destinées !
Au moment que j'écris ces vers ,
Et m'informe des bruits divers ,
Je viens d^apprendre une nouvelle :
C'est que , pour éviter querelle ,
On s'est en Pologne cbotsi
Un roi dont le nom est en ski \
Ces messieurs du Nord font la nique
A toute notre politique.
Notre argent , celui des États ,
Et celui d'autres potentats
Bien moins en fonds , comme on peut croire ,
Force santés aura lait boire;
Et puis c'est tout. Je crois qu^en paix
Dans la Pologne désormais
On pourra s'élire des princes ,
Et que l'argent de nos provinces
Ne sera pas une autre fois
Si friand de feire des rois.