‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 585 sur 723 · MADAME LA PRINCESSE DE BAVIÈRE · texte numérisé non relu

MADAME LA PRINCESSE DE BAVIÈRE

JCILLIT 1609.

Votre altesse sérénissime A y dit-on , pour moi quelque estime, Et vent que Je lui mande en vers Les aflkires de Tunivers ; J'entends les affaires de France :

Tobéis , et romps mon silence.

L'intérêt et Tambition TraTailIent à l'élection Du monarque de la Pologne*.

On croit ici que la besogne Est ayanoée ; et les esprits Font tantôt accorder le prix Au Lorrain', puis au Moscovite^ , Condé*, Nieubourg*; car le mérite De tous côtés fait embarras.

Condé , je crois , n'en manque pas.

Si votre époux voulait , madame , Régner ailleurs que sur votre âme , Ou ne peut faire un meilleur choix.

Heureux qui vivrait sous ses lois !

* Hmtrioetle-PéliroDie de U Tour, sœnr du duc de BoalUon. qiii,le28 arril 1661, épousa à Château-Thierry MaximiUen-Philippe-JérAoïe, oomtepalalin du Rhin, duc de Bavière. Elle était liUedeFrédérlc-Haarloe de la Tour, duc de Bouilloo, mort en I6S2, et d'BliflabeUi-Fébronle, inorte en i657. Mauricette-Pélirooie mourut à Tnrckheim le ao Juin 1706. à l'âge de dnqunte-quatre ans.

* Casimir, roi de Pologne, avait abdiiiué la couronne le 16 septembre 1066, et s'était reUré à Paris . à Tabliaye de Saint-Germain des Prés.

' Le duc Charles de Lorraine, né leSanfl 1614, mortle 16 ieptembre 1875.

4 Alexis Ifikhanovitch . carde Russie, né l'an f6S0, et mort le « février «676.

* A Condé, à Nieuboorg : a y a ellipse, Louis II, oy le grand Coudé, naquit le 8 septembre 1621 , et mourut le f f décembre 1686.

* Philippe-Guillaume, duc de Nieubourg , né le 28 novembre 1618. Voyei YBUMie de la vie et de» ouvrages dé la Ftm^ { faiiie,troisiemeédition,p. 164. I

Ceux qui des afflûres publiques Parlent toujours en politiques , Réglant ceci , jugeant cela ( Et je suis de ce nombre-là ) ; Les raisonneurs , dis-je , prétendent Qu'au Lorrain plusieurs princes tendent.

Quant à Moscou , nous Texcluons ; Voici sur quoi nous nous fondons :

Le schisme y règne ; et puis son prince Mettrait la Pologne en province.

Nieubourg nous accommoderait :

Au roi de France il donnerait Quelque fleuron pour sa couronne, Moyennant tant , comme Ton donne , Et point autrement ici-bas.

Nous serions voisins des États ' ; Us en ont Talarme , et font brigue.

Contre Louis chacun se ligue.

Cela lui fait beaucoup d'honneur, Et ne lui donne point de peur.

Que craindrait-il , lui dont les armes Vont aux Turcs causer des alarmes '?

Nous attendons du Grand Seigneur Un bel et bon ambassadeur ; Il vient avec grande cohorte :

Le nôtre est flatté par la Porte".

Tout ceci la paix nous promet Entre Saint-Marc et Mahomet ^.

Notre prince en sera l'arbitre :

Il le peut être à juste titre ; Et ferait même , contre soi , Justice au Turc en bonne foi.

Pendant que je suis sur la guerre Que Saint-Marc souffre dans sa terre , Deux de vos frères' sur les flots

« C'est-à-dfane de la HoUande. Louis XIV, pour prix de Tappnl qu'il accordait au duc de Nieubourg, espérait obtenir la cessioB du duché de Jnliers , ce qui aurait rendu la nance limitroplie des Etats de Hollande.

* En guerre avec les Vénitiens, les Turcs assiégeaient Candie. Voyei Y Histoire de la vie et des ouorages de la Fontaine, troisième édition, p. 466.

* Les secours que Louis XIV venait de donner è la répnUlqnt de Venise n'empÂclièrent pas que le Grand Seigneur ne lit rendra de grands honneurs à II. de Nointel ambassadeur de France à la Porte Ottomane , et qu'il n'envoyât Soliman en ambasnartr en France. Voyez aeboulet. Histoire du régne de Louis XI F', t II. p. 18.

4 C'est-à-dire. entra la république de Venise, qui est sons la protection de saint Mare , et le Grand Seigneur, qui est mabontétant

■ C'étaient les deux plus jeunes. L'alné des deux , Constantin- Ignace de la Tour, mourut le 3 octobre 1670. à l'âge de vfaigt* quatra ans, des blessures qu'il avait reçues deux Jours auparavant dans un combat singulier. Son plus jeune frèn » Henri- Uanrice , selon Bafaira ( Henri-Ignace , selon VAri de vérifitr

SSè

ŒUVRES DIVERSES

Vont secourir les Candiots.

Oh I combien de sultanes prises 1 Que de croissants dans nos églises I Quel nombre de turbans fendu 1 Tête et turiïan , bien entendu.

Puisqu'on parlant de ces matières Me voici tombé sur vos frères , Vous saurez que le chambellan* A couru cent cerfs en un an.

Courir des hommes , je le gage , Lui plairait beaucimp davantage ; Mais de longtemps il n'en courra :

Son ardeur se contentera , S'il lui plaît, d'une ombre de guerre.

D'Auvergne ' s'est dans notre terre Rompu le bras : il est guéri.

Ce prince a dans Château-Thierry Passé deux mois et davantage.

Rien de meilleur , rien de plus sa^ , Et de plus selon mes souhaits, Parmi les grands ne fut jamais.

Le ducd'Albret." donne à Tétode Sa principale inquiétude.

Toujours il augmente en savoir.

Je suis jeune assez pour le voir An-dessus des premières tètes.

Son bel esprit, ses mœurs honnêtes , L'élèveront à tel degré Qu'enfin je m'en contenterai \ Veuille le ciel à tous ses frères Rendre toutes choses prospères , Et leur donner autant de nom , Autant d'éclat et de renom , Autant de lauriers et de gloire , Que par les mains de la victoire L'onde * en reçoit depuis longtemps !

iet datet) , fot également tné en dael , et monnit à Colmar le ao février 1675. Il avait le titre de duc de Châteaa-Thieirr. Voyet V Histoire de iavie et det ouvrages de la ForUaine^ troisième édition» p. 107.

* Godefroy-Maorice de la Tour, dac de BouIUod. grand chambellan, Vatné des tières de la princesse, le mari de Marie- Anne Mancini, dncbease de Bouillon, protectrice de notre poète.

■ Frédéric-Manrice de la Tour, comte d'AuTergne, colonel général de cavalerie légère , le second des frères de la prin-

• Bmmanuel-Tliéodose, troisième frère de la princesse, par rang d'âge , duc d' Albret , depuis cardinal et grand atimOirier de France , mort à Rome le 7 mars 4715.

« Ces Ters sont une prédiction du chapeau de cardinal que le duc d' Albret obtint quelque temps aprte, le 4 aoAt f668. La Fontahie , ravi de l'accomplissement de sa prophétie , fit à ce su- Jet vn sixain , que l'on trouvera cl-aprte.

* Le grand Turcnne.

Si leurs désirs n*en sont eootents ,

Et que plus haut leur âme aspire.

Je serai le premier à dire

Qu'ils auront tort, et que iesoœan

Ne sont jamais soûls de grandeurs.

TrouverontHls en des familles ,

Par les garçons et par les filles ,

Par le père et par lesafeux,

Un tel nombre de demi-dieux,

Et de déesses tout entières?

Car demi-déesses n'est guères

En usage , à mon sentiment ;

Puis , quand je n'aurais seulement

Qu'à parler de votre mérite ,

L'expression serait petite.

Veuille le del , à votre tour ,

Vous donner un petit Amour

Qui , par la suite des années ,

D'un grand Mars ait les destinées !

Au moment que j'écris ces vers ,

Et m'informe des bruits divers ,

Je viens d^apprendre une nouvelle :

C'est que , pour éviter querelle ,

On s'est en Pologne cbotsi

Un roi dont le nom est en ski \

Ces messieurs du Nord font la nique

A toute notre politique.

Notre argent , celui des États ,

Et celui d'autres potentats

Bien moins en fonds , comme on peut croire ,

Force santés aura lait boire;

Et puis c'est tout. Je crois qu^en paix

Dans la Pologne désormais

On pourra s'élire des princes ,

Et que l'argent de nos provinces

Ne sera pas une autre fois

Si friand de feire des rois.

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