VIL — A MADAME DE LA FAYETTE
EN LUI ENVOYANT UN PCTIT BILLABD.
Ce billard est petit ; ne l'en prisez pas moins : Je prouverai par bons témoins Qu'autrefois Vénus en fit faire Un tout semblable pour son fils.
' M Idiel Konibut ou COrlbut WleçnowleçU , né Vm f 6SS , âo le 40 Juin 1668.
* Marie-Madeleine Plocbe de la Vergue, comtesse de la Fayette, à laquelle cette épttre est adresHÎe, naquit en f ssa, eC mourut en 4SS3. Voyei, sur ce qui concerne cette femme cé\é» bre et ses liaisons avec notre poète. \' Histoire de la vie et dn ouvrages de la Fontaine ^ troisième édition, IS34, pas* <W àim.
ÉPITRES
Ce plaisir oocopiit les Amoiirs et les Ris ,
Toot le peuple enfln de Gytbère.
ÂQ joli jeo d*aimer je pourrais aisément Comparer après toot ce divertissement y Et dernier au billard un sens allégorique. Le bat est un cœur fier ; la bille , un pauvre amant ; Li passe et les billards, c*est ce que Ton pratique Pour toucher au plus tôt Tobjet de son amour ; Les belouses, ce sont maint périlleux détour, Force pas dangereux, où souvent de soi-même
On s'en va se précipiter, Où souvent un rival s'en vient nous y jeter
Par adresse et par stratagème.
Toute comparaison doche, à cequeTondit :
Celles n'est qu'un jeu d'esprit
Au-dessous de votre génie.
Que vous dirai-je donc pour vou$ plaire, Uranie? Le Faste et TAmitié sont deux divinités Enclines, comme on sait, aux libéralités. Discerner leurs présents n'est pas petite affaire : L'Amitié donne peu , le bste beaucoup plus ;
Beaucoup plus aux yeux du vulgaire.
Vous jugez autrement de ces dons superflus : Mon bilianl est succinct', mon billet ne Test guère. Jç n'ajouterai donc à tout ce long discours Que ced seulement , qui part d'un cœur sincère:
Je vous aime , aimez-moi toujours.