‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 60 sur 723 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

T^ mérites , dit-i], d*étre pasteur de gens * : Laisse là tes moatons, viens coodaire des hommes ;

Je te fiûs juge souverain.

VoQà notre berger la balance à la roato. Quoiqn^îl n*eût guère vu d'antres gens qii*un ermite, Son troupeau , ses mâtins, le loup, et pub c*est tout, 11 avait du bon sens; le reste vient ensuite i

Bref, il en vint fort bien à bout.

L^eraiite son voisin accourut pour lui dire : Vcîlléje? et n*est-ce point un songe que je vois ? Vous, favori ! vous , grand 1 Déûez-vons des rote; ^ Lear bveur est glissante : on s*y trompe ; et le pire Cot qa*il en coûte cher : de pareilles erreurs Ne produisent jamate que d*illustres malheurs. VoQS ne connaissez pas l'attrait qui vious engage : Je vous parle en ami \ craignez tout. L'autre rit ,

Et notre ermite poursuivit :

Vofez combien déjà la cour vous rend peu sage. Je crob voir cet aveugle à qui, dans un voyage |

Un serpent engourdi de froid Vint 8*oflnr sous la nuun: il le prit pour un fouet; Le sien s'était perdu, tombant de sa ceinture. Il rendait grâce au ciel de Theureuse aventure , Qoand un passant cria : Que tenez- vous ! ô dieux ! Jetez eet animal traître et pernicieux , [dis-je.

Ce serpent! ^ C'est un fouet. -A-Cestunserpent! vous A me tant tourmenter quel intérêt m'oblige? Prélendez*vous garder ce trésor ? — Pourquoi non ? Uon fouet ëtait use; j'en retrouve un fort bon :

Vous n'en parlez que par envie. —

L'aveugle enfin ne le crut pas ;

11 en perdit bientôt la vie :

L'animal dégOurdt piqua son homme au bras.

Quant à vous , j'ose vous prédire Qa*ii vous arrivera quelque chose de pire. — Eli ! que me saurait-il arriver que la mort? Mille dégoûts viendront , dit le prophète ermite. D en vint en effet ; l'ermite n'eût pas tort. Mainte peste de cour fit tant , par maint ressort , Que la candeur du juge , ainsi que son mérite , Furent suspects an prince. On cabale , on suscite Aocniateors,etgens grevés par ses arrêts. De nos biens , dh-ent-ils , il s'est fait un palate. Le prinee voulut voir ces richesses immenses. B ne trouva partout qute médiocrité, Louanges * du désert et de la pauvreté :

Celaient là ses magnificences.

Son bit, dit-on , consiste en des pierres de prix : Vn grand coflre en est plein, fermé de dix serrures. Lui-iDême ouvrit ce coffre, et rendit Itoi surpris

cmpnriitée d'floiiitei.

Dans plnsiean édWoiit nodernef. ou met à tort M rins^licr»

•Vai.

hmnge

Tons les madiinenrs * d*impostnres« Le coffre étant ouvert , on y vit des lambeau ,

L'hid>it d*un gardeur de troupeaux , Petit chapeau , jupon , panetière , houlette ,

Et , je pense , aussi sa musette.

Doux trésors , ce dit-il , chers gages, qui jamais N'attirâtes sur vous Tenvie et le mensonge ^ Je TOUS reprends : sortons de ces riches palais

Gomme l'on sortirait d'un songe !

Sire , pardonnez-moi cette exclamation !

J'avaU prévu ma chute en montant sur le fklte. Je m'y sute trop complu : mate qui n*a dans la t(to

Un petit grain d'ambition ?

FABLE XI. Les Poissons ^ et le Berger qui joue âe la fûlê^

Tircte, qui pour la seule Annette

Faisait résonner les accords

D'une voix et d'une musette

Capables de touciier les morts,

Chantait un jour le long des bords

D'une onde arrosant des prairies Dont Zéphire habitait les campagnes fleuries» Annette cependant à la ligne péchait;

Mate nul poisson ne s'approchait :

La bergère perdait ses peines.

Le berger, qui par ses diansons

Eût attiré des inhumaines , Crut, et crut mal , attirer des poissons, n leur chanta ceci : Citoyens de cette onde , Laissez votre Naïade en sa grotte profonde ; Venez voir un objet mille fote plus charmant. Ne crai^z point d'entrer aux prisons de la Belle;

Ce n'est qu'à nous qu'elle est cruelle.

Vous serez traités doucement ;

On n'en veut point à votre vie :

Un vivier vous attend , plus clair que fin cristal; Et , quand à quelques-uns l'appât serait fotal , Mourir des mains d' Annette est un sort que j'envl«. Ce discours éloquent ne fit pas grand effet ; L'auditoire était sourd aussi bien que muet : Tircte eut beau prêcher. Ses paroles miellées

S'en étant aux vents envolées , 11 tendit un long rets. Voilà les poissons prte ; Voilà les poissons mte aux pieds de la bergère.

O vèus, pasteurs d*humains et non pas de brebte| Rote , qui croyez gagner par raison les esprits D'une multitude étrangère,

* JfMMii^iir, vieux mot bon d'usage, m«iiie du lempsde* nioott et qui a été renq^acé par nuicAMoÂriin

FABLES

Ce n'estjamaisiMrlàfiueriMiaivieiitàboatl

U y Ciut one autre manière :

SerVez-vous de vos reU; la puissanoe Ml toat.

FABLE Xn.

Lfs 4$nx Peruiqneiif le Aoi, d loit FUm.

Deux perroqoeto, rim père et Tautre fils , Du rôt d'un roi liEiisaîeiit leur ordinairo; Deux demi-dieux, Tuii fils et Taotre père > I>e ces oiseaux faisaient leurs fiïyoris. L'âge liait une amitié sincère Entre ces gens : les deux pères s'aimaient; Les deux enfants, malgré leur cœur frivole, L'un avec Tautre aussi s'accoutumaient, r^ourris ensemble, et compagnons d'école. G^étak beaucoup d'honneur au jeune perroquet ; Car Tenfiuit était prince, /et son père monarque. Par le tempérament que lui donna la Parque « Il aimait les oiseaux. Un moineau fort coquet , Et le plus amoureux de toute la province , Faisait aussi sa part des délices du prince. Ces deux rivaux un jour ensemble se jouants , Comme il arrive aux jeunes gens , Le jeu devint une querelle.

Le passereau , peu ciroonspec \ S'attira de tels coups de bec, Que , denû-mort et traînant l'aile , On crut qu*il n'en pourrait guérir.

Le prince indigné fit mourir '

Son perroquet. Le bruit en vint au père. L*infor(uné vieillard crie et se désespère , Le tout en vain, ses cris sont superflus ; L'Oiseau parleur est déjà dans la barque : ^ Pour dire mieux , l'oiseau ne parlant plus Fait qQ*en fureur sur le fils du monarque Son père s'en va fondre , et lui crève les yeux. ' 11 se sauve aussitôt, et choisit pour asile

•Le haut d'un pin : là , dans le sein des dieux. Il goâte sa vengeance en lieu siîr et tranquille. Le roi lui-même y court , et dit pour l'attirer : Ami , reviens chez moi ; que nous sert de pleurer ? Haine, vengeance, et deuil , laissons tout à la porte* Je suis contraiQt de déclarer, Encor que ma douleur soit forte , Que le tort vient de nous ; mon fils fht Tagresseor ; Mon filsl non; c'est le Sert qui du coup est l'auteur. La Parque avait écrit de tout temps en son livrçi Qve l'un de nos enfonts devait cesser de vivre ,

• VAS. Cireontped dam tontes les édiUons { mais la Fontaine a retranché le <. et a a écrit, dans l'édition de 1679. Hrcon'

4pc», poor k rime» et par Usaooe poéllfina. Vofet U bUe vtii tfe ce ntaie liv}%

L'autre de voir, par ce malheur.

Comolons-Bous tons deux, et reviens dans ta cage.

Le perroquet dit : Sire roi ,

Cr(Ms4a qu'après un tel outrage

Je me doive fier i toi ?

Ta m'allègues le Sort : prétends-tu , par ta foi, Me leurrer de l'appât d'un proAme langage ? Mais que la Providence, ou bien que le Destin

Règle lesaflUresdu monde, n est écrit là-haut qu'au faite de ce pin .

. Ou dans quelque §orH profonde, Tadièverai mes jours loin du fiital objet

Qui doit t'ètre on juste sujet De haine et de fureur. Je sais que la vengeance Est im morceau de roi ; car vous vivez en dieux.

Tu veux oublier cette offense ; Je le crois : cependant il me faut, pour le mieux,

Éviter ta main et tes yeux.

Sire roi, mon ami| va4'en, tu perds ta peine :

Ne me parle point de retour;

L'absence est aussi bien un remède i la hafaie Qu'un appareU contre l'amour.

FABLE Xm.

La Lionne et VOuru,

Mère lionne avait perdu son fkon * :

Un chasseur l'avait pris. La pauvre infortunée

Poussait un tel rugissement Que toute la forêt était importunée.

La nuit ni son obscurité ,

Son silence , et ses autres diarmes, De la reine des bois n'arrêtaient les vacarmes ; Nul animal n'éUit du sommeil visité.

L'ourse enfin lui dit : Ma commère ,

■ Vil. ÉdiL de 1079 1 Fan. Cette leçon a éié OQWCfvée dm quelques édiiiotis ; non pas que ce mot s'écriric différenuBOit du temps de U Fontaine qu'il ne s'écrit anjouidliui , mais parce qu'a se prooonoe fan, et que Irs poètes pouTaient alon altérer rortbognpliedea mots, ponr rimer aui leu ooame aux oreilles. Le mol faon est id impropre ; car, Ucn avant la Fù^ laine, U ne s'employait que pour di^aigner le petit d'nne liklif, d'un djerreott , on d'un daim. « On ne peut dire fuen d'une

« beste mordante, comme lare, oane,lk«ne,éléphante.ains . I ont autres aome partlnillarB. » Vfoot Ifi^atr de iûfrnngmê franfoyte, 1606, in-folio, an mot fatm, Gepepdanl |d«s anciennement ce mot paraît avoir été employé pour détiSBer ks petits de tous les animaux; du moins nous aToos un eicinple qui prouve que le mot faoner s'employait pour ensendrer ea StoM . quand 11 s'agtaait des anlmaujc»

tes oidiDX, aiusl les poisioiif , Qui moull sool bJaas k retarder.

Sarenl bien net raglai gintfcr; Tqw AwNMi ft lor «eeflH , Et fool honacttr è lor lignages

Io«m tfe la uéie.

WVRE X^

lOi

Ud «Ml sans pli» : toos les eiifaDt9 . Qui flont passés entre vos deoC9

N'avaient-ils oi père ni mère ? ^

Us en aTaient. — S'il est ainsi , Et qif ancmi de leur mort n'ait nos têtes rompues ,

Si tant de mères se sont toès,

Qoe ne TOUS taisex-TOus aussi ?—

Iloî,metairelmoi, malbeureiise I AhlfaiperdamanfiJa! il me Aiudra traîner

UnevîeittessedottloQreosei -• Dites-moi, qui yoqs force à tous y eondamner?-— Hélas I c^est le Destin qnt me hait. -^Ces paroles Ont été de toot traips en la boocfae de tous.

Misérables bamains , ced s'adresse à vous I Je A*enlends résonner que des plaintes frivoles. Quiconque, en pareil cas , se croit baï des cieu|( , Qu'il considère Hécube *, il rendra grâce aux dieux.

FABLE XIV

Les deux Aveniurien et le Talisman.

Aueun chemin de fleurs ne conduit à la gloire. Je n*en veux pour témoin qu'Hercule et ses travaux :

Ce dieu n'a guère de rivaux ; J'en vois peu dans la fable, enoor moins danslliistoire. En void pourtant un, que de vieux talismans Firent dierdier fortune au pays des romans.

Il voyageait de compagnie.

Son camarade et lui trouvèrent un poteau

Ayant au haut cet écriteau :

• Seigneur aventurier, s'il te prend quelqt|e envie

• De voir ce que n'a vu nul dievaiier errant,

• Tu n'as qu'à passer oe torrent ; ft Pois, prenant dans tes bras un éléphant de pierre

« Que tu verras couché par terre , tt If porter, d'une baleine, au sommet de ce mont "Qui menace les deux de son snpefbe front. » L'uB des deux chevaliers saigna du nez '. Si Tonde

Est rapide autant que profonde , Dit-il. .. et supposé qu'cHi la piiisse passer, Poorqum de Téléphant s'aller embarrasser ?

Quelle ridicule entreprise I le ssge Faura fait par tel art et de guise ' Qu'en le pourra porter peut-être quatre pas :

* Celte reine ^ après avoir vu périr soqs nn yeux Prtim son nari, et ta pins grande partie de ses enfants, sa ville et son TOfiBiRe, Ait rédoile en escbvafse.

* Expression proverbiile. pour dire que l'on maacpie de résoiilian par la cninteda danger. Saigner du net étiit en Orient pniaQt la peste, considécé comme un symptôme ticbeui. qui tMiH cruioil e la mort k ceux qui l'dpruuvaieut. Vuy. Boocace, 4w riotrodiiction du Décaméron.

>Bde

Mais jusqu'au haut du mont! d'ime fialeine! il n'e^ paf Au pouvoir d'un mortel ; à moins que la figure Ne soit d'un éléi^nt nain , pygmée , avorton i /

Propre A mettre au bout d'un bâton :

Auquel cas , où l'honneur * d'une telle aventiire ? On nous veut attraper dedans cette écriture ; Ce sera quelque énigme A tromper un enlknt; Cest pourquoi je voqs laisse avee votre éléphant. Le raisonneur parti, l'aventureux se lan(ce i

Les yeux clos, à tif vers cette eau.

Ni profondeur ni violence Ne purent l'arrêter ; et , selon récriteau\ n vit son élépliant couché sur Tautre rive. Il le iNrend , il l'emporte, au haut dn mont arriva^ Rencontre une esplanade , et puis une cité. Un cri par l'élépbant est aussitôt jeté :

Le peuple aussitôt sort en armes.

Tout autie aventurier, an bruit de ces alanneSi Aurait fui : éelui-d , loin de tourner le docf, Veut vendre au moins sa vie, et mourir en héros. Il fut tout étonné dfoulr cette cohorte Le prodamer monarque au lieu de son roi mort, n ne se fit prier que de hi bonne sorte ; Enoor que le fardeau ftU , dit<41 , un peu fort. > Sixte en disait autant quand on le fit saini-pèrt s '«

( Serait-ce bien une misère

Que d'être pape ou d'être roi ? ) y

On reconnut bientôt son pen de bonne fol.

Fortune aveugle suit aveugle Le sage quelquefois fait bien d'exécuter Avant que de donner le temps à la sagesse D'envisager le fiiit , et sans la consulter. •

FABLE XV

Les Lapins,

Discopna À M. LB onc db la bocbbfodcaold**

Je me suis souvent dit , voyant de quel^ sorte ' :

L'homme agit, etqu*il se comporte Ep mille occasions comme les animaux : ' ,

Le roi de ces gens-là n'a pas moms de défitota

Que ses sujets ; et la Nature

A mis dans chaque créature Quelque grain d'une masse où pufaent les esprits^ J'entends les eaprits-oorps , et pétris de matière.

■Je vais prouver oe que je dis,

A l'heure de Taffût , soit lorsque la lumière Précipite ses traits dans l'humide séjour,

* C'est-à-dfre . où sera riionnenr. Ellipse.

* Sur ii. le dnc de la'Rocltelbucauld, vojei Dr. i. lab.' xi.

PÀBLEâ.

Soit lorsque le soteO rentre dans sa eàhière, Et que , n'étant plus noit, il n'est pas enoor jour, Ao bord de qudqœbob sor an aiîire je grinqpei Et, nouveau Jupiter, du haut de cet olympe ,

Je foudroie à discrétion

Un lapin qui n*y pensait guère.

Je Tois fuir aussitôt toute la nation

• Des lapins , qui, sur la bruyèrCi L*<stl éveillé , l'oreille au guet ,

8'égayaieQt , et de thym parfumaient leur banquet.

Le bruit du coup foit que la bande

S'en Ta chercher sa sûreté

Dans la souterraine cité t Mais le danger s'oublie, et cette peur si grande S'évanouit bientôt ; je revois les lapins , Plus gais qu'auparavant , revenir sous mes mains.

Ne reoonnaltH>n pas en cela les humains ?

Dispersés par quelque orage ,

A peme ils touchent le port

Qu'ils vont hasanler enoor . Même vent, même naufrage ;

Vrais lapins , on les revoit

Sous les mains de la Fortune.

Joignons à cet exemple une diose commune.

Quand des chiens étrangers passent par quelque en-

Qui n'est pas de leur détroit \ [droit

Je laisse à penser quelle fête !

Les chiens du lieu, n'ayant en tête Qu'un intérêt de gueule, i cris , à coups de dents

Vous accompagnent ces passants

Jusqu'aux confins du territoire.

Un mtérêt de biens * , de grandeur, et de gloire, Aux gouverneurs d'états, à certains courtisans, A gens de tous métiers , en fait tout autant faire.

On nous voit tous , pour Tordinaire , Piller le survenant, nous jeter sur sa peau. Ia coquette et l'auteur sont de ce caractère t

Malheur à l'écrivain nouveau !

Le moins de gens qu'on peut à l'entour du gâteau ,

C'est le droit du jeu, 'c'est l'aRaire.

Cent exemples pourraient appuyer mon discours ;

Mais les ouvrages les plus courts Sont toujours les meilleurs. En cela j'oii pour guides '

• lodépembumepl de ta flgnUatton ordinaire, le mol <l^iroJI déiîpuit, du tempe de b Footaine. mie étendue de paya aooiiiiee à mie Juridiction spirituelle on temporeUe. C'est dans ce sens qu'U est emplOTé ict On dit actueliement district,

• Vil. Dans les éditioos modernes il 7 a bien an singulier ; c'est à tort

' Dans les éditions modernes il j a guidé au singuUer. La FDotaine a mis le pluriel , parce (pie ainsi rexige la correction de la phrase: la rime demanderait le sinsuller. C'est une de cet néSltflenoes qui éionnent dans notre poCto.

Tonales maîtres de Fart, et tknsqn'UlMhiner Dans les plus beaux siqetaquelque dioee à penser: Amsi ce discours doit cesser.

Vous qui m'avez donné ce qu'A ade solide , Et dont la modestie égale la grandeur, Qui ne pûtes jamais écouter sans podenr La louange la plus permise , La plus juste et la oûeûx acquise; Tous enfin , dont à peine ai-je encore oblena Que voire nom reçût kk quelques hommages, Du temps et des censeurs défendant mes ouvrages. Comme un nom qui, des ans et des peuples connu,

Faithonneurâl^France, en grands noms plus féconde

Qu'ancim dimat de l'univers , PermettezHUoi du moins d'apprendreà tout le monde Que vous m'avez donné le sujet de ces vers.

FABLE XVI

Le 3fwrehanâ^ le Gentilhomme^ le Pdirtf d b

FiU de Hoi.

Quatre chercheurs de nouveaux mondes, Presque nus , échappés à la fureur des ondes, Un trafiquant , un noble , un pâtre , un fils de roi.

Réduits au sort de Bélisaire ',

Demandaient aux passmts de qiioi

Pouvoir soulager leur misère.

De raconter quel sort les avait assemblés , Quoique sous diverspoints tous quatre ils fussent Des,

C'est un récit de longue haleme.

Us s'assirent enfin au bord d'une fontaine i Là le conseil se tint entre les pauvres gens. Le prûdoe s'étendit sur le malheur des grands. Le pâtre fut d'avis qu'éloignant la pensée

De leur aventure passéCt Chacun fît de son mieux , et s'appliquât au soin

De pourvoir au commun besoin.

La plamte , ajouta-t-ii, guérit-elle son homme? Travaillons : c'est de quoi nous mener jusqu'à Rome. Un pâtre ainsi parler I Ainsi parler ? croit-on

• BëUsaiie était un grand capitaine, qui. afant oommandélei armées de l'empereur et perdu ka bonnes grâces de son maltrs. tomba dans un tel point de misère qu'il demandait ranmûM sur les grands cbemioa'.CiVb/a de la Fontaine^)

* ToDi tel artt lemblsot iToIr eonfplré rooirc l^feMotcscnfeaMcruI la rèdl toochsnl, mal* romênawim , des dcrnlèrcf êwSém de Béllnln, dctenn ifeagla d demtnd«Dt ranmane; H n'en cal paa moiiis prooTè 4M ce rtctt «at eolièreiDent Ihex, el qa*n ■ élé Inrealé tonfWPpi ■prèa la oioii de ce grand hemoie. Ua ratls rappartta par ka hUa* riena les plaa vobtoa d« soa temps y aool contralrea : le peMe Tarlata. audooslèfse siècle , est le plus ancien aoteor qui en fime mention, «t lal-nêmc leconlredll dana nn autre paxaage de son Insipide putae. Conaalla ft ce aiUet GIbbon'a JTM. oftkê dtti. end /Wf •ftht rm* mpin, cb. luii. 1. TU, p. 40l| «dli. iTtr, la-r, ifloiau.

Page 1