XL — A H. DE TURENNE
Hé quoi t seigneur, toujours nouveaux combats I Toujours dangers 1 Vous ne croyez dcmc pas
* U Fontaine fait Ici aUnsion à GaiaUê.
* Après la bataille d'Bozlieini , donnée le 4 octolirs 1674 , Tanone teignit d'abandonner l'Alsace aux Impériaux ; nuls fl revint ior eux, lei battit à Torckhelm , et les força de repasser le IbtaL Vojei Reboulet , Ai«foire <f0 ZoMlf :r/f^ t U . p. ISD.
* Dans ta seconde conquête de U Franche-Comté. Il périt plnliears penonnaset considérables, et notamment à l'attaque ée ta dtadeUeda Besançon, et ft la prise deta petite ville de Farer^ aay. qui fit résistance. Voyez V Histoire de la vU ei des ott" vrages de la Fonfoine, troisième édition, ISS4 , p. 70».
4 La Fontaine dit les Bourguignons en pariant des habitante de ta Francke'Oimié, panse qu'alors celte proftaice se nomoait BomrgognerComié t et ta Bourgogne se nommait aussi, par opposition, Bourgogne^Duché, Ces deux prorlnoes avaient antidois tait parttada rojanme da Bousogne.
Pouvoir mourir ? Tout meurt , tout héros passe. Glothon ne peut vous faire d'autre grâce Que de filer vos jours plus lentement : Mais Clothon va toujours étourdiment.
Songez-y bien , si ce n'est pour vous-même , Pour nous, seigneur, qui sans douleur extrême Ne saurions voir un triomphe acheté Du moindre sang qu'il vous aurait coâté. C'est un avis qu'en passant je vous donne ^ Et je reviens à ce que feit Bellone.
A peine un bruit fait faire ici des voeux , Qu'un autre bruit y fait faire des feux. C'est un retour de victoires nouvelles.
La I^enommée a-t-elle encor des ailes , Depuis le temps qu'elle vient annoncer : Tout est perdu , l'hydre va s'avancer * ; Tout est gagné , Turenne Ta vaincue ; £t se voyant mainte télé abattue , Elle retourne en son antre à grands pas ? Quelque démon, que l'on ne connaît pas , Lui rend en hâte un nombre d'autres têtes , Qui sous vos coups sont à choir toutes prêtes.
VoUà, seigneur, ce qui nous en parait.
Car, d'aller voir sur les lieux ce que c'est , Permettez-moi de laisser cette envie A nos guerriers , qui n'estiment leur vie Que comme un bien qui les doit peu toucher, Ne laissant pas de le vendre bien cher. Toute l'Europe admire leur vaillance , Toute l'Europe en craint l'expérience.
Bon fidt de loin regarder tels acteurs. Ceux de Strasbourg , devenus spectateurs Un peu voisins , comme tout se dispose , Pourraient bientôt devenir autre chose.
Je nesuispasunorade; etced Vient de plus haut : Apollon , Dieu merci , Me l'a dicté. Souvent il ne dédaigne De minspirer. Maint auteur nous enseigne Qu'Apollon sait un peu de Tavenir.
L'autre jour donc j'allai l'entretenir
Du grand concours des Germains tous en armes.
L'Hélicon même avait quelques alarmes.
* Cet a?ls fbt une espèce de prophétie qui s'accomplit peu de temps aprto. Turenne Itat tué le 37 JuiUet tSTS.
* Lorsque Turenne eut envahi le PataUnatet Teut ruiné, fes Impériaux passèrent le Rhin à Strasbourg et à Hayence, et pénétrèrent dans ta haute Alsace. On eut des craintes, et l'on convoqua l'arrière-ban. Turenne avait feint d'abandonner l'Alsace aux Impértanxi mais bientôt il y rentra par ta plaine de Béfort , et força les ennemis, par de savantes mancravres et des victoires répétées, à repasser le Rhin. Voyei les Mémoires de. FHlars , I75S, In-ia, 1. 1, p. 27^1$ et Bebonlet, Bistoire du tUole d$ lofcii XIF, in-4*, t. U, p. lae.
ŒUVRES DIVERSES
Le dieusoarit, et nous tint ce propos : Je TOUS enjoins de dormir en repos , Poètes picards et poètes de Champagne ; Ni les Germains , ni les troupes d'Espagne ' Ni le Batave, enfant de TOcéan , Ne vous viendront éveiller de cet an, Tout aussi peu la campagne prochaine.
Je vois Louis qui des bords de la Seine , La fondre en main , au printemps partira '. Malheur alors à qui ne se rendra !
Je vois Condé , prince à haute aventure , Plutôt démon qu'humaine créature; Il me fait peur de le voir plein de sang , Souillé , poudreux , qui court de rang en rang'. Le plomb volant siffle autour sans Tatteindre : Le fer, le feu , rien ne l'oblige à craindre. Quand de tels gens couvriront vos remparts , Je vous dirai : Dormez , poètes picards ; Devers la Somme on est en assurance; Devers le Rhin tout va bien pour la France : Turenne est là , Ton n'y doit craindre rien« Vous dormirez, ses soldats dorment bien ; Non pas toujours : tel a mis mainte lieue Entre eux et lui , qui les sent à sa queue.
Deux de la troupe avec peine marchaient ; Les pauvres gens à tout coup trébuchaient , Et ne laissaient de tenir ce langage : « Le conducteur, car il est bon et sage , « Quand il voudra , nous fera reposer '. » Après cela, qui peut vous excuser De n'avoir pas une assurance entière?
Morphée eut tort de quitter la frontière. Dormez sans crainte à l'ombre de vos bois, Poètes picards et poètes champenois.
Ainsi parla le dieu qui nous inspire ; Et je ne fais , seigneur, que vous reciire,
* Le sort des aimes n'avait pas été aussi favorable à Louis XIV dans le Nord que dans la Franche-Coraté et sur ie Rhin. Les alliés , par la prise de Grave » de Huy , et de Dinan , avaient forcé les Français d'abandonner la Hollande.
> C'est bien ainsi qne le peint HÊademoUeile, lorsque, aprfes avoir raconté comment eUe le sauva ainsi que son armée » en lui assurant sa reb^ite dans Paris elle ajoute : « J'entrai dans la t maison d'un maître des comptes nommé M. de la Crofac , qui ■ me la vint offrir; c'est la plus proche de la BastiUe, et les fenéc très donnent sur la me. Aussitôt que J'y fus, M. le prince m'y « vint voir; U était dans un état pitoyable; il avait deux doigts de c poussière sur le visage, ses cheveux tout mêlés ; son collet et
• sa chemise étaient pleins de sang, quoiqu'il n*eût pas été blessé; c sa cuirasse était pleine de coups, et il tenait son épée nne à la
• main, ayant perdu le fourreau. » (yademoiselle de Montpensier. Hémoires, t U. p. 962. édit in-9>, IKKI, t XU de U coi* lection de Petitot et Monmerqué.) '
■ La vie de Turenne est pleine de traits semblables, qui prouvent l'amour des soldats pour oe héros, et la ooafiaooe qn'Hi avaient en lui.
Mot après mot, le diseoim quil nous liât Un temps viendra que ceci sera peint Sur les lambris du temple de Mémoire. Les deux soldats sont un point de l'histoire, A mon aTîs , digne d* être noté.
Ces yers, dit-on, seront misa côté:
• Turenne eut tout : la yalear, la prudence, « L'art de la guerre , et les soins sans repos.
« Romains et Grecs , vous cédez à la France :
• Opposez-lui de semblables héros. •
XU, — SUR L'OPÉRA.