LIVRE XL
Joodiifioacaiiipdeinorut on vit presque délniit Vcti ' des Grecs ; et ce fut Touvra^e d'une nuit.
Tel eooore autour de sa tente
Ajax , â rame iffi{iaUente, De moutons et de boues fit onrasle débris, Croyant tuer en eux son ooneurrent Ulysse
Etks auteurs de Tinjustioe
Par qui Tautre emporta le prix.
Le raïaid , antre Ajax * aux volailles funeste , Empofte œ qu'il peut , Isusse étendu le reste. Le maitie oe trouva de recours qu'à crier Coolresesgeos, son diien : c'est rordînaire usage. Ah ! rnsodit animal , qui n'es bon qu'à noyer, Qoe n sT^itâssais^tB dès l'aboid do carnage? — • Qœ ne l'éTitiez-voos? c'eût été plus tôt fait : Si vous, maître et fermier, à qui touche le fait, Dormez sans avoir soin que la porte soit close , Voolez-Tous que moi, chien, qui n'ai rien à la chose, Sans aucun intérêt je perde le repos ?
Ce chien parluit tits à propos :
Son raisonnement pouvait être
Fort bon dans la bouche d'un maltrei
Mais, n'étant que d'un simple diien ,
On trouva qu'il ne valait rien :
On vous sangla le pauvre drille.
Toi doae, qui qœ ta sois, d père de familie (£( je ne t'ai jamais envié cet honneur) , {erreur. Tauendre aux yeax d*autnii quand tu dors , c'est Ondie-ioi ladeniier, et vois fermer ta porte.
Qoe si quelqiie affaire t'hnporte ,
Ne la fais point par proeureor.
FABLE IV
Le Songe ifim Habitant du MogoL
Jadb certain Mogol vit en songe un vizir Aqx champs* élysiens possesseur d'un plaisir Aussi par qu'inGni , tant en prix qu'en durée : Umême songeur vit en une antre contrée
Un ermite entouré de feux , Qoi touchait de pitié même les malheuretix. Le cas parut étrange, et contre Fordinaire : Minos en ces deox morts semblait s'être mépris. le dofmeor a'éveilhi , tant il en fût surpris.
'va, pp«r fflaoR* roolnas ut à mi mlDiilie» «iTora dans le canp do Gréa la peste et la mort. (/(teA. I. )
■ L'vnée. Viens mot Ost pour armée est encore en usage * m pfnvcnçal et en bnsttcdocten. Voltaire s'est servi de ce mot te ee vers •
L'Mi ém âflfMsSe mn Ht trtfenèreoL
* Alai. apvte ai9«ir disputé les arfnn d*AoMlle sans pooroir }eU, dans on accès do rage, sur un troupeau qu'il y foir tes Oiaos ^pi avalmil pranooéé boàlre
Dans ce songe pourtant soupçonnant du mystère ,
U se fit expliquer Taffiiire.
L'interprète lui dit ; Ne votis étonnez point; Votre songe a. du sens ; et , si j'ai sur oe point
Acquis tant soit peu d'habitude , C'est un avis des dieux. Pendant Thumain séf^Our^ Ce vizir quelquefois cherchait la solitude ; Cet ermite aux vizirs allait faire sa cour.
Si j'osais ajouter au mot de l'interprète, J'ins{nrerais ici l'amour de la retraite ; Elle offre à ses amants des biens sans embarraS| Biens purs, présents du ciel, qui naissent sous les pae. Solitude, où je trouve une douceur secrète, Lieux que j'aimai toujours, ne potirraiic jamais, Loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais! Oh 1 qui m'arrêtera sous vos sombres asiles I Quand pourront les neaf Sœurs, loin des cours et des villes , IMToccuper tout entier, et m'apprendre des cteux Les divers mouveqients inconnus à nos yeux , Les noms et les vertus de ces clartés errantes » Par qoi sont nos destins et nos nueurs difterentes I Que si je ne suis né pour de si grands {H*ojets , Du mohfis que les ruisseaux m'offrent de doux objets I Que je peigne en mes vers quelque rive Beiurie I La Parque à filets d'or n'ourdira point ma vie , Je ne dormirai point sous de riches lambris : Mais voit-on que le somme en perde de son prix? En est4l mcws profond , et moins plein de déliœs? Je Jui voue au désert de nouveaux sacrifices. Quand le moment viendra d'aller trouver les morts , J'aurai vécu sans soins , et raotirrai sans remords.,
FABLE V
Le Lion , U Siuge, et les dewe Anes,
Le lion, pour bien gouverner.
Voulant apprendre la morale,
Se fit , un beau jour, amener Le singe, maître es arts chez la gent animale. La première leçon que donna le régent Fut.celle-ci : Grand roi , pour régner sagement , -
Il font que tout prince préfère Le zèle de l'élat i certain mouvement
Qu'on appelle communément
Amour-propre^ car c'est le père, '
C'est l'auteur de tous les défauts
Que l'on remarque aux animaux.
Vouloir que de tout point ce sentiment vous quitte».
Ce n'est pas chose si petite
Qu'on en vienne à bout en un jour :
C'est beaucoup de pouvoir modérer cet amour.
Par là , votre personne auguste
FABLES
rradnieUra jamais rien en soi
De ricUcule ni d^injoste.
Donne^noi , repartit le roi ,
Des exemples de l*an et l*autre.
Toute espèce , dit le docteur,
Et je commence par la nôtre , Tonte profession s^estime dans son oœnr,
Traite les antres d'ignorantes,
Les qualifie impertinentes ; Et semblables discours qni ne nons coi^tent rien. L'amour-propre, au rebours, fiiit qu'au degré suprême On porte ses pareils; car c'est un bon moyen
De s'élever aussi soi-même.
De tout ce que dessus j'argumente trè^bien Qn'tci-bas maint talent n'est que pure grimace, Cabale, et certain art de se foire valoir , Mieux su des ignorants que des gens de savoir.
L'autre jonr, suivant à la trace Deux ânes qni, prenant tour à tour Tencensoir , Se louaient tour à tour, comme c'est la manière , J'ouTs que Tun des deux disait à son confrère : Seigneur, trouvez-vous pas bien injuste et bien sot L'bonune, cet animal si parfiiit? Il profane
Notre augiisle nom, traitant d'âne Quiconque est ignorant, d'esprit lourd, idiot :
n id>use encore d'un mot , Et traite notre rire et i^os discours de braire. Les humains sont plaisants de prétendre exceller PaïKlessns nons ! Non , non ; c'est à vous de parler ,
A leurs orateurs de se taire :
Voilà les vrais braillards. Mais laissons là ces gens :
Vous m'entendez, je vous entends;
Il suffit. Et quant aux merveilles Dont votre divin chant vient frapper les oreilles, Philomèle est , au prix, novice dans cet art : Vous surpassez Lambert ». L'autre baudet repart : Seignenr, j admire en vous des qualités pareilles. Ces ânes, non contents de s'être ainsi grattés*.
S'en allèrent dans les dtrs L'un l'autre se prôner : chacun d'eux croyait fiûre. En prisant ses pareils, une fort bonne affaire , Prétendant que 1 honneur en reviendrait sur lui.
Xen connais beaucoup aujourd'hui,
» Micliel Lambert, musicien célèbre, beaii*rr«re de LiiW. maître de musique de la dupeUe du roi, né co «610. et mort en 1686. à quatre- vfQi;t-six ans. plus connu aujonidlini par deui tende Boilcaii et par cet bémlsticbe de la Fontaine, que parset ttuvrct in-ToUo, gnTéct en 1666 et en I688L
> CsHMIelSigoiittJoaeiK; r«r éerli Vnn l*iuirt m Imwn*, Il mDb:ciil (i«nl Ils P^cnlrB-flaUcnl) fttas Tictts ioct qni t^Btre-fr^teiif.
lUsoT, ^ftTM, WH I. Il, p. Ms, MIL ini, la-a
Non parmi les bandets , mais parmi les pmssmees, Que le ciel voulut mettre en de plus hauts degrés, Qui changeraient entre eux les sim^des excellences,
S'ils osaient, en des nuyestés.
J'en (Us peut-être plus qu'il ne fout, et suppose Que votre majesté gardera le secret.
Elle avait souhaité d'apprendre quelque trait
Qui lui fit voir, entre autre chose, L'àmour-propre donnant dn ridicule anx gens. L'mjuste aura son tour : il y fout pins de temps. Ainsi paria ce singe. On ne m'a pas su dire ' S'il tialU l'autre point, car U est délicat ; Et notre maître es arts, qni n'était pas nu fot ', Regardait ce lion comme un terrible sira.
FABLE VL
La Loirpdb Renard.
Mais d'où vient qu'an renard Ésope acooidemi point, C'est d'exceller en tours pleins de matoîserie? J'en cherche la raison, et ne la trouve point. Quand le lonp a besoin de défendre sa vie^
Ou d'attaquer celle d'autrul.
M'en sait-il pas autant que lui ?
Je crois ()ii'il en sait plus ; et j'oserais peot-ètie Avec quelque raison contredire mon maître^ ; Voici ponrunt un cas où tout l'honnenr échut A l'hôte des terriers. Un soir il aperçut La lune au fond d'un puits : l'orbicnlaire image
Lui parut un ample fromage.
Deux seaux alternativement
Puisaient le liquide élément :
Notre renard, pressé par une foim canine. S'accommode en celui qu'au haut de la madiina
L'autre seau tenait suspendu.
Voilà ranimai descendu ,
Tiré d'erreur, mais fort en peine »
Et voyant sa perte prochaine :
Car comment remonter, si quelque autre affoméi
De la même hnage charmé ,
Et succédant à sa misère , Par le même chemin ne le lirait d'affaire ? Deuxjourss'étaient;passéssansqu'aiicnnVtntaupolti. Le temps, qni toujours marche, avait pendant deux
Échancré, selon l'ordinaire , [noitt
De l'astre au front d'argent la foce circulaire. Sire renard était désespéré. <
Compère loupée gosier alufré, Passe par là. L'autre dit : Camarade, Je vous veux régaler : voyez- voua cet objet ? C'est un fromage exquis. Le dieu Faune la frit :
• I7n insensé , un homme ms Jngnmnt Ccst le /b/K Vf dfl Utink Ce moine se prend plus gnèK dans œ