‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 694 sur 723 · XIX. — A M. SIMON DE TROYES · texte numérisé non relu

XIX. — A M. SIMON DE TROYES

Fénier 1688.

Votre Phidias et le mien ,

Et celui de toute la terre , Girardon «, notre ami , rtiODoeor du nom troyeo , M'oblige à tous oiander, non la paii ou la guerre ,

Dont , sur ma foi , je ne sait rien; Non la ligue d'Augsbourg', que je sais moins encore ; Non , dans un bel écrit plein de moralité. Des sottises du.tempe le nombre que j'ignore

(Et sanraitril être compté 1 \ ,

* Bile s'empare de tous les oœnn, tandii que le roi prend toutes les villes. Louis XIV avait pris Gand le 9 mars de cette année 1678 , Tpres le 28 du même mois. Leau le 4 mai . Pnf^ oerda le 28 du même mois, et le fort de Rehl le 27 juillet.

> Charles» Auguste» nun|uis de la Fare-Laugere, né à Val. gorge . en Vivarais . eu 1644 , mort le 22 mal 1712 1 célèbrf» par sa brsvjoure» son talent pour les ven. sa passion pour madame de la Sablière , et son amitté pour Cliaulleu. CoosiUtei l'ffiê^ toire d&la vie et des ouvrages de Jean de la Fontaine, troiiième éditkm. 1824 , p. 338 et sulv.

' 11. de Tonnerre fut celui qui siipphinta Racine auprès de ta Charapmesié ; ce qui . dans le temps , fit dire de l'auteur à'jtndromaquf que le tonnerre l'avait déraciné.

4 François Girardon, né \ Troyrs en 1627 on 1630, mort à Parb le même Jour que Louis XIV, c'est-à-dire le l«r septembre 1715.

> Coalition de l'empereur d'Allemagne, de la HoUande al de la Savoie, contre Louis XIV.

OEUVRES DIVERSES

Hait là défaite d'un pAté.

L'asprit s'écbaaffé à table , et, d'an propos A l'antre , Baochiu Doiu inspira comme eût fait Apollon. Rira n'altéra ses dons; l'ean du sacré vallon ▲orait profané même on Tin tel qne le ndtre:

Pur et sans mélange on le but.

Votre paie , dès qu'il parnt , «

Ramena les santés, et fit naître l'envie

De boire à Chloris , à Syhie , ▲ ee qu'on aime enfin : bonne et louable loi.

De la maîtresse on ? int an roi ;

Du roi l'on ?int à la statue;

De la statue on prit sujet O^exaniiner la place, et cet antre projet Où l'image du prince est encore attendue.

n faut du temps; le temps a part

A tons les cbefs-d'œnrrede l'art.

La reine des dtés, dans sa vaste étendue. N'aura rien qui ne cède à ce double ornement '. L'équestre en est encore à son commencement ' ; La pédestre, à la fin le monarque l'a nie '.

Desjardios 4, il faut l'avouer.

Mérite par cette œuvre une étemelle gloire. Nous en louâmes tout , car tout est à louer.

Et le vainquenr, et la victoire.

Et les captils. Vous pouves croire Qoe du maréchal-duc* on s'entretint aussi:

Son monument a réussi.

Où d'autres éiboueraient il se rend tout facile. Quand on eut admiré ce qu'il fit en Sicile ', Parlé de sou adrrsse et de sa fermeté. Et de l'honneur qu'au Rdb il avait remporté',

' La Fontaine fait Ici allwion à la place des Yfctolres et à la place Veuddme. qui furent commencées toutes deux en m^me temps. La première était jlesUnée à recevoir la statue pédestre de Louis XIV s et la seconJe, une statue éqnestre de oe monarque.

* Ou n'en voyait encore qn'un modèle dans l'atelier du sculpteur Girardou , qui était te vieux Jeu de paume resté au milieu de la cour du Louvre. Cette statue fut rrouvée trop petite . et donnée à la ville de BeauvaLs. Girardon en fit une autre, qui ne fut mise en place que le 13 août iG99. \ oyez la Descriptiim nouvel If dé re qu'il y a de plus remarquable dans Paris, parB«**(Brîoe), 4685, In-ia, t I, p. 22; et la De^eription lAnUfrique de la ville de Paris, par Piganiol de la Force, édition de 1763. LUI. p. 8.

* Pour voir cette statue . Look XIV se rendit à ThOtel Satet* Cbaumofit , qu'habitait le dnc de la Fenillade. Voyez I ce si^et Y Histoire de la.viett des ouvrages de la Fontainet troisième édition, 1824, p. 401 à 404.

* Martin Vanden Boga^r. pins connu sous le nom de Deslar> dins , naquit k Breda , vint jeune ï Paris . fut reçu à F Acadânie à rige de treutf-un ans , et mourut fort riche en 1094.

* François, vicomte d'Aobuason. duc de la Feuillade, ma> fécbal de France , ooloni'l des gardes françaisf's . commença sa eirrlèrp militaire en 1690 , et mounit le 1d septembre 1691.

* Lorsqu'il remplaça le doc d»* Vivonue dans le commandement de l'armée navale stalionnée devant la Sicile, qu'il fit évacuer habilement les Français qui se trouvaient dans cette fie, avec quatre pent cinquante biniltes de Messine qui avaient pris leur parti.

'A labaUlUe do Saint^othard, le I*' août 1664, U FeuU-

Nous a? ouAmes foos que poui sa majesté

Il n'épargne aucuns soins, ne le cède à nul bomme,

Ne dort ni ne permet qu'on donne d'im long somme.

La France entière n'aurait pu

ISeule occuper deux la Feii^ladei,

Ainsi que la Grèce n'f ât sa

Contenir deux Aleibiades.

Nous revînmes au roi : l'on y revicmt tonjoars :

Quelque entretien qu'on se propose , Sur Louis aussitôt retombe le discours : La déesse aux cent voix ne parle d'autre duse. Girardon, dimes-noos, se saura surpasser. Exprimant ce héros qu'il commence à tracer. L'exprimer ! c'est beaucoup; et si le seul Lysippe Fut digne de mouler l'héritier de PhHippe, Si mil antre sculpteur ne le tailla qne lui. Peu de mains doivent entreprendre D'employer leur art amourd'hui Pour un roi mieux fait qu'Alexandre.

Notre prince a l'air grand , il a l'air du dieu Vars.

Je m'écarte un peu trop, rentrons dans nos limites; Les lois que cet écrit dès l'abord s'est prescriies M'empêchent de m'étendre ainsi de toutes parts; On s'en va me nommer l'avocat des trois dièvres: Le fait était d'un vol, il citait des Césars. Les grands mots comme à lui me naissent sur les lèrrcs

Pour un pAté de trois canards «.

Anx journaux de Hollande il nons fallut passer ; Je ne sais plus sur quoi, mais on Bt leur critique. Bayle * est , dit-on , fori vif; et, s'il peot wnbrawtff L'occasion d un trait piquant et satirique , H la saisit, Dieu sait, en homme adroit et On : U trancherait sur tout, comme enfant de Calvin, S'il osait: car il a le goût avec l'étude. Le Clerc > pour la satire a bien moins d'babilnde; H parait circonspect , mais attendons la fin. Tout faiseur de jouraaui doit tribut au malm. Le Clero prétend du sien tirer d'autres usages s Il est savant , exact , il voit clair aux ou « rages ; ' Bayle aussi. Je fais cas de l'une et l'autre main.

lade, avec sa troupe, renversa les Janissaires, et for^a Is grand vizir k rrpasser le Raab avec son armée en dèiordre. Voyez les Mémoires chronologiques ded'Avnguy. t. lil, p. lA

* Var. J'ai préféré ici la leçon du recueil du P. Boahoan» I>aiis les Œuvres diverses, ce vers se trouve avant œioi 40! précède.

* Pierre Bayle , né à Cariât, dans l'anc-en comté de Fois . la 18 septembre 1647, mourut le 2» septembre 1706, I l'age de cinquante-neuf ans. Le journal de sa couiposition doni paris la Fontaine est celui qui rat intitulé Noorelle de la répu^ blique des lettres, il l'avait oouimt-ncé en mars 1694 : aiofi il était alors nouveau : U fut coniiuué Jusqu'en 1711, et forme cihquante-Mi volumes petit in-1 2.

* Jean le clerc , né k Genève en 1657 . rnoomt le S Janvier 1736. U se 6u en Hollande en 1683 : il fut d'abord un des collaborateurs de Bayle dans la oompositim de son Jonroal: puis il en entreprit un pour «on compte , intitulé Bibliothèque universelU, Puisque le premier numéro de ce Journal ne parut qu'an commencement de 1686, cette lettre de la Fontaine, ou U en est fait mentioa, ne saurait être de l'année 1689. eoims

LETTRES A DIVERS

Ton deox oot nn boo ityle , et le langage nio. Le jagemeot eo grut sur ces deux penonoaget

{E( œ fut de moi qu'il partit).

C'est que Tiio cherche à plaire aox sages.

L'autre veut plaire aux gens d'esprit.

n leur plaît. Vous aurez peut-être peine à croire Qa'oo ait daue do repas de tels d isoours teous :

On tint ces discours; on flt plus.

On ftit au sermon après boire.

Je crains que ce dernier vers ne vous semble pas assez sérieux. Pardonnez à la nécessité que je m'étais imposée de finir tous mes contes comme le Tassone ses stances, dans la Seo- CHu RAPfTA. Pour rectifier cet endroit Je vous dirai en langue vulgaire que nous allâmes an sermon raprès-dînce ; que nous y portâmes tous le sang-froid qu'auraient eu des philosophes à jeun, et que même nous accourcimes notre repas, pour ne rien perdre de cette action. C'était la seconde de M. L. D. CJ. J'y trouvai de h piété et de l'éloquence , des expressions, et un bon tour en beaucoup d'endroits tout à fait selon mon goût. J'en ferais un plus long cloge, si je ne craignais de déplaire à M. L. D. C. Ce sera donc la fin de ma lettre , comme ce fut celle de notre journée. Je suis, monsieur, etc.

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