LIVRE XIL
IS
FABLE XYIL Ia Jtoiuini» b £ottp • et le CAevoZ.
Un renard, jeane enoor , qaoiqoe des plus madrés, Vit le premier dieral qa'Û eût vu de sa vie. n (fit à certain loap, franc novioe : Aocoorezi
Un animal paît dans nos prés, Beau , grand; j'en ai la vue encor toute ravie. Est-il pins fbrt que nous? dit le loup en riant.
Fais-moi aon portrait, je te prie.
Si fêtais quelque peintre ou qudque étudiant , Repartit le renard , j*avancerais la joie
Que voos aurez en le voyant.
Mais venez. Que saivon? peut-être est-ce une proie
Que la ibrtune nous envole.
Ds vont; et le cheval, qu'à llierbe on avait mis, AsKz peu curieux de semblables amis , Fut presque sur le point d'enfller la venelle '. Seiginenr, (fit le renard , vos humbles serviteurs Apprendraient volontiers comment on vous appelle. Le cheval , qui n*était dépourvu de cervelle , Leur dK : Lbez mon nom, voos le pouvez, mesâeors : Men cordoBider Ta mis autour de ma semelle. Le renard s^ezcnsa sur son peu de savoir. Mes parents, reprit-il , ne m'ont point fait instruire ; Ib sont pauvres, et n*ont qu'un trou pour tout avoir ; Ceux du loop , gros messieurs , Font fiiit apprendre à
Le loup , par ce discours flatté , [lire.
S'approcha. Mais sa vanité Loi coAta quatre dents : le cheval lui desserre Un coup; et haut le pied. Voilà mon loup par terre,
Mal en point *, sanglant, et gâté.
Frère, dit le renard , ceci nous justifie
Ce que m'ont dû des gens d'esprit: • Cet animal vous a sur la mâchoire écrit Qœ de tout inconnu le sage se méfie.
FABLE XVIIL Ia fynard ^ et les Poulets d'Iniê.
Cootre les assauts d'un renard Dnaiim à des dmdons servait de dtadelle. Le perfide ayant ftdt tout le tour du rempart,
Et vu diacnn en sentinelle.
S'écria : Qnoil ees gens se moqueront de moi ! Eux seuls seront exempts de la commune loi! Mon, par tons les dieux t non. II accomplit son dire. La lime, alors luisant, semblait, contrôle sire,
* ^(HMirtfrigBHe temier.pMage étroit; et M/r/tfr lavmuae «t me opRHlQD pravaiMrie ^ ilffiiae «^/Mr.
* Cat>Mire vaiiico , maltraité. Mai en point est l'faivene de
arae û^aecompH, de triomfktmL
Vouloir Ikvoriser la Lui , qui n'était novice au métier d'assiégeant, Eut recours à sàn sac de ruses scélérates , Feignit vouloir gravir, se guinda sur ses pattes; Puis contrefit le mort, puis le ressuscité.
Ârleqinn n'eût exécuté
Tant de différents personnages, n élevait sa queue , il la Ikisait briller,
Et cent mille autres badinages , Pendant quoi nul dindon n'eût osé sommeiller. L'eimemi les lassait en leur tenant la vue
Sur même objet toujours tendue.
Les pauvres gens étant à la longue éblouis. Toujours il en tombait quelqu'un : autant de pris , Autant de mis à part : près de moitié succombe. Le CMopagnon les porte en son garde-manger.
Le trop d'attention qu*on a pour le danger Fait le plus souvent qu'on y tombe.
FABLE XIX
Le Sbtge.
nest un singe dans Paris A qui l'on avait donné f^mme : Singe en effet d'aucuns maris*' , Il la battait. La pauvre dame En a tant soupiré , qu'oifin elle n'est plus. Leur fils se fdaint d'étrange sorte, n éclate en cris superflus : ,
Le père en rit, sa femme est morte; n a déjà d'autres amours ,
Que l'on croit qu'il battra toujours ;
H hante la taverne , et souvent il s'enivre.
N'attendez rien de bon du peuple imitateur, Qu'il soit singe ou qu'il fasse un livre : La pire espèce , c'est l'auteur.
FABLE XX
Le Philosophé seyike.
Un philosophe austère, et né dans la Scythie, Se proposant de suivre une plus douce vie, Voyagea chez les Grecs , et vît en certains lieux Un sage assez semblable au vieiUard do Virgile * ,
' C*est-à«dire de c$rtaku, m de plusieurs muk. Auemms m t'emploie an plnrid.danile leosde plusieurs, de fuelfues' «MM, que dana leMyie narotiqae oa Indiii. LaFonlaiiie tfeit aflnrlcBOortda ee mot, Ihr.Vl, bb.iet fidk ti. VolUin ta SBHi CMploirë pntiaun Ibis.
«GMIeTMHaiddes bonb dn Odéaet
CQlpaaeanIkU.
Jasarararlianat '• • . •
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FABLES
HonuneégalaotlesTm8,hoiiunea{iprocliantclesdieux, 1 Et , comme ces derniers , salisfait et tranquille. - Son bonheur consistait aux beautés d'un jardin. Le Scythe Ty trouva qui , la serpe à la main , De ses arbres à fnlit retranchait Tinutile , Ébranchait , émondait , ôtait ceci , cela ,
Corrigeant partout la nature , Excessive à payer ses soins avec usure.
Le Scythe alors lui demanda Pourquoi cette mine : étaitnl d'homme sage ' De mutiler ainsi ces pauvres habitants ? Quittez-moi votre serpe , instrument de dommage ;
Laissez agir la faux du Temps :
Us iront assez tôt border le noir rivage. J'ôte le superflu, dit l'autre; et l'abattant,
Le rest^ en profite d'autant.
Le Scythe , retourné dans sa triste demeure , Prend la serpe à son tour, coupe et taille à toute hem*e; Conseille à ses voisins , prescrit à ses amis
Un universel abatis.
n ôte de chez lui les branches les plus belles Il tronque son verger contre toute raison ,
'Sans observer temps ni saison ,
Lunes ni vieilles ni nouvelles.
Tout languit et tout meurt.
Ce Scythe exprime bien
Un indiscret stoïcien :
Celui-ci retranche de l'âme Désirs et passions , le bon et le mauvais ,
Jusqu'aux plus innocents souhaits.
Contre de telles gens , quant à moi , je réclame. Ils ôtent à nos cœurs le principal ressort ; Ils font cesser de vivre avant que Ton soit mort *.
FABLE XXL
VÈlèplimi^ et le Singe de Jvpiter,
Autrefois l'éléphant et le rliinocéros,
En dispute du pa&et des droits de l'empire ,
Voulurent terminer la querelle en champ clos.
Le jour en était pris , quand quelqu'un vint leur dire
Que le singe de Jupiter, Portant un caducée , avait paru dans l'air! Ce singe avait nom Gille , à ce que dit l'histoire.
BcgoiB aqoalMt opei tnlinto ; cenqn* rererlefit noctt domouij, dsptbof meonf oocrabal InempCU.
ViM., Oeorg.^ iib. IT, r. 127-199.
• était-ce Taction d'un homme aage ? EUfpse.
*Sic isU apathia, qui vlderlesse tranquiUoa, et Intnpidoe, et immobiles volant, dam nihll cupiunt, nibil dolent, nihil irascuDtur. nihfl mandent, omnibus vehemenUorls anlmt oCBdit ampuutit. Incorpore isnavs et quaii enerrats vita. oonaeneraint. Jtti. GeiU
Aussitôt l'éléphant de croire
Qu'en qualité d'ambassadeur
Il venait trouver sa grandeur.
Tout fier de ce sujet de glou-e Il attend maître Gille , et le trouve un peu lent
A lui présenter sa créance.
Maître Gille enfin, en passant ,
Va saluer son excellence.
L'autre était préparé sur la légation :
Vais pas un mot. L'attention Qu'il croyait que les dieux eussent à sa querelle N^agîtait pas encor chez eux cette nouvelle.
Qu'importe à ceux dju firmament
Qu'on soit mouche ou bien éléphant?
n se vit donc réduit à commencer lui-même. Mon cousin Jupiter, dit41 , verra dans peu Un assez beau combat ; de son trône suprême ;
Toute sa cour verra beau jeu.
Quel combat ? dit le singe avec tm front sévère. L'éléphant repartit : Quoi ! vous ne savez pas Que le rhinocéros me dispute le pas ; Qu'Éléphantide a guerre avecque Rhinocère ? Vous connaissez ces lieux , ils ont quelque renom. Vrjôment je suis ravi d'en apprendre le nom , Repartit maître Gille : on ne s'entretient guère De semblables sujets dans nos vastes l^unbris.
LYléphant, honteux et surpris, Lui dit : Eh 1 parmi nous que venez-vous donc foire?— Partager un brin d'herbe entre quelques fourmis : Nous avons soin de tout. Et quant à votre affaire, On n'en dit rien encot dans le conseil des dieux : Les petits et les grands sont égaux à leurs yeax.
FABLE XXII
Un Fo* et vn Sage.
Certain fou poursuivait h coups de pierre un sage. Le sage se retourne, et lui dit: Mon ami. C'est fort bien feit à toi , reçois cet écn-d.. Tu fatigues assez pour gagner davantage*/ Toute peine , dit-on, est digne de loyer * : Vois cet homme qui passe , il a de quoi payer ; Âdresse-Iui tes dons , ils auront leur salaire. Amorcé par le gain , notre fou s'en va faire.
Même insulte à l'autre bourgeois»
On ne le paya pas en argent cette fois. Maint estafier accourt : <m vous happe notre homme,
On vous l'échiné , on vous l'assomme.
Auprès des rois il est de pareils fous : A vos dépens ils font rire le maître.
« De Mlalre, de réoonpenM. Ce mot est encore tv^ dana ce lens par les poétet nMdemei»