‹ Œuvres complètes de Jean de La FontaineChapitre 75 sur 723 · LIVRE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII

Pour réprimer leur babil , iiez-Tot»

Les maltraita? Voos n'êtes [Xis peat-étre Assez poissant. Il faut les en^^ger A s'adresser à qui peut se venger '•

FABLE XXUL

Lb Renard anglais*

A IIADAIIB HARVBT *.

Le bonoœor est chez vous compagnon du bon sens; Arec cent qualités trop longues à déduire, Lue noblesse d'âine, on talent pour conduire

Et les albires et les gens.

Une bomeor francbe et libre , et le don d'être amie Malgré Jupiter même et les temps orageux , Toot cela méritait un éloge pompeux :

11 en eât été moins selon votre génie ; La pompe vous déplaît , Téloge vous ennuie. J'ai donc lait celui-ci court et simple. Je veux

Y coudre encore un mot ou deux

En bvenr de votre patrie :

Vous l'aimez. Les Anglais pensent profondément; Leur esprit, en cela, suit leur tempérament : Creusant dans les sujets , et forts d'expériences , Ils étendent partout l'empire des sciences, le ne dis point ceci pour vous faire ma cour : Tes gens , à pénétrer l'emportent sur les autres;

Même les chiens de leur séjour

Ont meilleur nez que n'ont les nôtres.

Vos renards sont plus fins ; je m'en vab le prouver

Par un d'eux , qui , pour se sauver , - Mit en usage un stratagème Non encor pratiqué , des mieux imaginés.

Le scélérat, réduit en un péril extrême , Et presque mis à bout par ces chiens au bon nez , Passa près d'un patibulaire'

* DiM «n eiempUIre des Ouvrages de prose et de poésie iet sieurs Uaueroix et de taFoniain»,letrourtk la mite de ecttefatile(p.44)iiiieiioleiiianuicrite, en écriture du tempf, titti conçue: < Cette fable fat faite contre le deûr abbé dn

• Ptenb • une espèce de Ibn sérieux , qnl s'était mis sur le pied

• de ca»BMet à la cour les ecclésiastiques . et même les évéques,

• et que If. l'arcfacTéque de Reims fit bien cbâlier. »

* BHtabeth Uontaigu , Tenve du cberalier Hanrey, mort à CooMaMlnople au senrice de Charles II. Madame Harrey eut keuooop de part aux dlrers cbanfçemcnts de ministère qui euTRU lien tons le règne de ce rai, et elle contribua fortement iitUrer en Angleterre la duchesse de llaxarin. dont elle était ^anefamie. En I6S3, madame Harvey vint k Paris, et la Foolaioe eut sonrent occasion de la Toir clicz milord Monlsisn< son frère, ambassadeur auprès de la cour de France. M^Uoie Harref mourut en 1702. La Fontaine a toujours écrit Ber^njifXBarvayi mais II parait, d'après rédilcnr deSaint- Kncmond. que c est k tort

roue potence.

Là, des anim^ox ravissants , Blaireaux , renards , hiboux , race encline à mal faire, Pour l'exemple pendus , instruisaient les passants. Leur confrère , aux abois , entre ces morts s*arrange. Je crois voir Annibal , qui , pressé des Romains , Met leur chef en défaut , ou leur donne le change , Et sait , en vieux renard , s'échapper de leurs mains.

Les defe de meute ' , parvenues A Tendroit où pour mort le traître se pendit, Remplirent l'air de cris : leur maître les rompit , Bien que de leurs abois ils perçassent les nues. Il ne put soupçonner ce tour assez plaisant. Quelque terrier, dit-il, a sauvé mon galant; Mes chiens n'appellent point au delà des colonnes

Où sont tant d'honnêtes personnes.

Il y viendra , le drôle I II y vint , à son dam.

Voilà maint basset clabaudant; Voilà notre renard au charnier se guindant. Maître pendu croyait qu'il en irait de même Que le jour qu'il tendit de semblables panneaux ; Mais le pauvret, ce coup , y laissa ses liouseaux'. Tant il est vrai qu'il faut changer de stratagème ! Le chasseur, pour trouver sa propre st^reté , M'aurait pas cependant un tel tour inventé ; Non pomt par peu d'esprit : est-il quelqu'un qui nia Que tout Anglais n'en ait bpnne provision? Mais le peu d'amour pour la vie Leur nuit en mainte occasion.

Je reviens à vous, non pour dire

D'autres traits sur votre sujet;

Tout long éloge est un projet

Peu favorable pour ma lyre.

Peu de nos chants , peu de nos vers , Par un encens flatteur amusent l'univers , Et se font écouter des nations étranges \

Votre prince* vous dit un jour

Qu'il aimait mieux un trait d'amour

> Terme de Ténerie , pour désigner les chiens qui relèTcnt d« détaut les autres chiens accoutumés i les suirre.

• Des fourdies paUbulaircs où les animaux étalent pendus.

* Expression proTcrblale , pour dire quil j mourut Les Aonseaux étaient des espèces de boUincs ou des brodequins qui st fermaient avec des boucles et des courroies. Il parait que c'était une chaussure particulière aux Parisiens dans le treizième si^e t car Jean de Ueung , décriTant de quelle manière Pygmalion babilla sa statue, dit t

Kai pas do hottmu esirenée, Car el n'est pas de Paris oée.

Bomoi 4» la lest, r. 2ISI, «dll. 1811.

4 Pour dire les nations étrangères. Le mot étrange était en usage . dans ce sens . an temps de Nioot, qui traduit dans son dictionnaire nations étranges par gentes exteree. Corneille a aussi employé cette expression ; mais elle était di^à Tlelllc du temps de la Fontaine.

•Uiarics IL

FABLES

' Qoeqoatiepagei^dtloiiangM.

Agréée Nolement le don que je tous flJs

Des dernière efforts de ma muse.

C'est peu de dbose; elle est oonAise

De ces oaTrages imparfiûts.

Cependant ne poorriez-YOus faire

Qae le même liommage pût plaire A celle qui remplit vos dimats d*habitants

Tirés de File de Cythère?

Voos voyez par là que f entends Mazarin ' , des Ainoors déesse totélaire.

FABLE XXIV-

Les filles do limon tiraient da roi des astres

Assistance et protection :

Gaerre ni pauvreté , ni semblables désastres Ne pouvaient approcher de cette nation; Elle foisalt valoir en cent lieux son empire. Les reines des étangs , grenouilles veux-je dire , (Car que ooûte-t-il d'appeler Les choses par noms honorables? ) Contre leur bienfoiteor osèrent cabaler ,

Et devinrent insupportables.

L'imprudence', Torgueil, et Foubli desbien&its,

Enfimts de la bonne fortune I Firent bientôt crier cette troupe importune : On ne pouvait dormir en paix.

Si Ton eût cru leur murmure , Elles auraient, par leurs cris , Soulevé grands et petits Contre l'œil de la nature.

Le soleil, à leur dire , allait tout consumer; Il fallait promptrâient s'armer y Et lever des troupes puissantes.

Anssitdl qu'il foisait un pas , Ambassades coassantes Allaient dans tous les états :

A les ouïr, tout le monde , Toute la machine ronde Roulait sur les mtérêts De quatre méchants marets *.

* HOrteue Mandai . dncbesie de If axaria • née I Rome eniGIS. et morte à Chetiey, près de Loiidret,le2 Juillet 1609, était la nièceda cardinal de Haxario : elle fut mariée enlSSI à Armand-CharletdelaPorte,dacde la Meilleraie . à oondiUon qn il prendrait le nom et les armrs de llatarin. Voyei YBUMre dtlatUêldêê&unragtê déJMnde la Fonteine , tnMèow édiUcn, 1610, iB-a», p. 373-379.

•V Al. Dans les troll éditionsda reeneU duP.Boohonrs. i|M J'ai aous les yenz . oeUe de Paris . I6B8, p. 14 , celle de Hollande, même année, p. IS, celle de Paris, 1701, p. 15, on trouve tmirOt; et il est éTidentqne ce mot aété écrit ainsi parTantenr poor rimer «toc intérilts car celte orthographe n'était pins

Cette ptefaite téméndre Dore toujours ; et pourtant Grenouilles doivent se taire , Et ne murmurer pas tant :

Car si le soleil se pique, nie leur fera sentir; La république aquatique Pourrait bien s>n repentir.

FABLE XXV

La Ligue deiRaîi.

Une souris craignait un cbat ~ Qui dès longtemps la guettait an passage. Que foire en cet état? Elle , prudente et sage Consulte son voisin: c'était un mattierat, Dont la rateuse seigneurie S'était logée en bonne liôtellerie , Et qui cent fois s'était vanté , dit-on , De ne craindre ni chat, ni diatte.

Ni coup de dent, ni coup de patte.

Dame souris, lui dit ce fSeinforon , • Ma foi , quoi que je ftsse, Seul , je ne puis diasser le chat qui vous menace : Hais assemblons tous les rats d'alentour , Je lui pourrai jouer d'un maayais tour. La souris fidt une bumble révérence ; Et le rat court en diligence A Toffîce , qu^on nonme autrement la dépense,

Où maints rats assemblés Faisaient, aux (irais de Tbôle, une entière bombaDce. Il arrive , les sens troublés, Et tous les poumons essoufflés.

Qu'avez-vous donc? lui dit un de ees rats; ptriet* En deux mots , répond-il , ce qui fût mon voyage, C^est qu'il fiiut promptement secourir la souris; Car Raminagrobis Fait en tous lieux un étrange oaroage.

Ce chat , le plus dialrfe des diats , S'il manque de souris , voudra manger des rats. Chacun dit : Il est vrai. Sus! sus! counmsauxfrmcsl Quelques rates ' , dit-on, répandirent des laimei* T^importe , rien n'arrête un si noble prQf|et:

Chacun se met en équipage ; Chacun met dans son sac un morceau de fromage ; Chacun promet enfln de risquer le paquet. Us allaient tous comme à la fête , L'esprit content , le cœur joyeux.

Cependant le chat , plus fin qu'eux , Tenait d^ la souris par la tète.

en naage de ma temps. Dans le dlctionnairB de PoreCière. Mil on troure mare^l et maraît , mats traite part marets* > Ce mot est foisé, et n'est point français.

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