‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 2)Chapitre 5 sur 32 · DE L'ÉDITEUR · texte numérisé non relu

DE L'ÉDITEUR

JNous plaçons sous ce titre de Supplément deux morceaux à la composition desquels on croit que Racine a eu grande part.

Le premier est une Lettre en forme de dédicace , qui parut en 1677 à Toccasion que voici. Madame de Maiiitenon , chargée de l'éducation du duc du Maine, imagina de faire imprimer un Recueil des ouvrages de ce Prince, qui consistaient pour la plupart en versions de divers passages de Florus , Justin et autres historiens latins , qu'il avait faites sous la direction de son précepteur Le Ragois. Le livre, imprimé sur format in-4°. sans indication du lieu ni de la date de l'impression, sous le titre de OEuvres diverses d'un Auteur de sept ans , était précédé d'une Epîlre dédîcatoire à madame de Moniespan , mère du jeune écolier, et d'un sixain que nous avons rapporté {voj. tome 6, p. 3 17). Celte épître , qui n'était pas signée , fit brait dans le

monde, et fut d'abord allrlbuce à madame de Maintenon. Mais les gens de goût ne tardèrent pas à penser que c'e'lalt l'ouvrage d'mie plume encore plus habile et plus exercée que la sienne. Ils trouvèrent que les louanges, qui n'y étaient pas ménagées, y étaient cependant présentées avec une délicatesse, et relevées par une grâce d'expression et une variété de tournure qui leur donnait tout le piquant de la nouveauté. Ils en conclurent que madame de Maintenon avait, dans cette occasion, emprunté le secours de l'écrivain le plus distingué de son siècle, de celui c|ui avait le mieux étudié les finesses de la langue, et qui en connaissait le mieux toutes les ressources. Cette pièce a néanmoins été insérée dans le Ptecueil des Lettres de madame de Maintenon, donné en lySi ; mais l'éditeur des Œuvres complètes de Racine, publiées en 1768, n'a pas balancé à la comprendre dans son édition.

Le second morceau , qui est moins connu , a été publié , en 1 788 , par Tabbé d'Olivet, h la suite de ses Ju'mar(jues sur Racine. L'éditeur raconte à ce sujet, cpi'au moment où l'Académie française était sur le point de mettre au jour son Dictionnaire , en ïGg/j. , elle chargea Charles Perrault d'en préparer l'Epître dédicatolre. « Tout promettait «un chef-d'œu\TC, ajoute-t-il ; la noblesse du

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» sujet, la brièveté de l'ouvrage, le grand loisir » de l'auteur, sa longue expe'rience dans l'art d'e'- « crire, les grands motifs qui devaient Tîninicr, » ayant h répondre à l'attente d'une Compagnie » si éclairée. » Perrault se mit donc à l'ouvra^ , et quand il fut satisfait de son Epître, il en lu tirer quarante copies, qu'il distribua à ses confrères pour avoir leurs observations s'il y en avait à faire. Une de ces copies manuscrites, chargée de trente-une remarques , est tombée entre les mains de l'abbé d'Olivet, et celui-ci, en publiant cette pièce , Tattribue h Racine et à l'abbé Piegnier Desmarais. Nous nous sommes déterminés d'autant plus volontiers à faire reparaître ici ce morceau de critique , qu'il est devenu peu commun , et qu'il renferme d'excellentes observations sur l'art si difficile et si nécessaire d'écrire avec justesse , clarté et correction '.

On connaît encore deux autres pièces auxquelles Racine a participé.

L'une est cette facétie qui parut en 1664 sous le titre de Chapelain décoiffé , au sujet de la pension de 3,000 llv. que Colbert fit donnera ce poêle.

* D'Alembert a donne cette pièce à la suite de l'Eloge de Régnier Desmarais, et a fait lui-même des observations sur cette critique. Voyez \ Histoire des membres de r Académie française y morts depuis i;oo. Tome III, pag. ï^i ^t •''"'''■

Voici ce qa'en dit l>oileau dans une lettre à son éditeur Brossette, du lo décembre l'joi : « A » regard du Chapelain décoiffé^ c'est une pièce » où/e vous confesse que M. Racine et moi avons » m quelque part, mais nous n'y avons jamais » travaillé qu'à table, le verre à la main. 11 n'a » pas été proprement fait currente calamo , mais » currente lagenâ , et nous n'en avons jamais écrit » un seul mot ». Il dit dans un autre écrit, que Pvacine et lui ont seulement fourni quelques traits à Furetière, le véritable auteur de cette parodie.

L'autre pièce est \ Arrêt burlesque rendu a la Grand ' Chambre du Parnasse^ le 12. août 1671, pour le maintien de la doctrine d .Aristote, plaisanterie dont Bernier fut le principal auteur, et dans laquelle il se fit aider par Racine et Boileau , qui lui donnèrent quelques idées, et par Dongois, greffier en chef de la Grand'Chambre et neveu de Boileau, qui y contribua pour la forme et le style.

Nous croyons devoir nous borner à indiquer ces deux dernières pièces, parce que Racine n'y eut que très-peu de part, et que d'ailleurs elles se trouvent dans presque toutes les éditions des Œuvres complètes de Boileau.

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