ACTE I, SCÈÎ^E I
Devant ce fier monarque , Élise , je parus.
Dieu tient le cœur des rois entre ses mains puissantes ; '
11 fait qxie tout prospère aux âmes innocentes,
Tandis qu'en ses projets l'orgueilleux est trompé.
De mes faibles attraits le roi parut frappé. ^
11 m'observa long-tems dans un sombre silence ;
Et le ciel , qui poiir moi fit pencher la balance ,
Dans ce tems-là , sans doute , agissait sur son cœur.
Enfin , avec des yeux où régnait la douceur
Soyez reine , dit-il ; et , dès ce moment même , ^
De sa main sur mou front posa son diadème.
de ne paraître devant lui qu'à leur tour. ( Hérodote , llv. III. ) Cet ordre s'observait aussi pour les femmes des particuliers. ( Gènes. XXX , i6. ) Cette coutume est encore en pratique dans l'Asie. L. B.
^ Dieu tient le cœur des rois entre ses mains puissantes.
Le ctBur des rois , dit Salomon , est dans la main du Seigneur. Proverbes , chap. XXI, v. i. L. B.
^ De mes faibles attraits le roi parut frappé , etc.
» Dès que le rci vit Esther , elle lui plut , elle trouva grâce » devant lui , et il l'aima bientôt plus que toutes ses femmes. » Esther , chap. II , v. 1 7. L. B.
' Soyez reine , dit-il; et , dés ce moment même, De sa main sur mon front posa son diadème. Il faudrait , pour l'exactitude , il posa. Ces vers et les quatre suivans sont une traduction litte'rale de
224 ESÏHER,
Pour mieux faire éclater sa Joie et son amour , TI combla de présens tous les grands de sa cour; Et même ses bienfaits, dans toutes ses provinces , Invitèrent le peuple aux noces de leurs princes. ■ iïéîas! durant ces jours de joie et de festins, Quelle était en secret ma bonté et mes cbagrids! * Estber , dlsais-je , Esther dans la pourpre est assise ; I-a moitié de la terre à son sceptre est soumise ; Et de Jérusalem l'herbe cache les murs ! Sion , repaire affreux de reptiles impurs , Voit de son temple saint les pierres dispersées;
l'Ecriture sainte. « Assuerus posa le diadème sur le frout » d'Esthcr ; il la fil souveraine de ses e'iats à la place de \as— >> thi. » Esther , cliap. II, v. 17 et 18. L. B.
' Incitèrent le peuple aux noces de leurs princes.
« Assuerus, dit l'auteur d'Esllier, fit inviter à un repas i> magnifique tous les seigneurs de sa cour et tous les officiers " de son armée ; il y distribua de ricHcs présens avec une magnificence digne de l'étendue de son pouvoir : il dispensa toutes ses provinces des tributs qu'elles étaient obligées de >' payer. « Chap. Il , v. \^ L. U.
* Quelle était en secret ma honte et mes chagrins !
Tout le inonde supplée Téllipse, et quels étaient mes chagrins] et ce tour plus vif vaut mieux en poésie, que l'affectation d'une régularité très-inutile si le poëte eût mis, comme U- veut l'abbé d'Olivet :
Quels étaient en effet ma honte et mes chagrins !