ACTE I, SCÈNE III
11 voit comme un néant tout lirnivers ensemble ; Et les faibles mortels, vains jouets du trépas, ' Sont tous devant ses yeux comme s'ils n'étaient pas. S'il a permis d'Aman l'avidace criminelle , Sans doute qu'il voiûait éprouver votre zèle. Cest lui qui, m'excitant à vous oser chercher, Devant moi , chère Estlier , a bien voulu marcher ; Et s'il faut que sa voix frappe en vain vos oreilles, ' Nous n'en verrons pas moins éclater ses nii^rveilles. Il peut confondi'e Aman , il peut briser nos fers Par la plus faible main qui soit dans l'univers : Et vous , qui n'aiu"ez point accepté cette grâce , ^ Vous périrez peut-être et toute votre race.
Allez : que tous les Juifs dans Suze répandus ,
' Ef les faibles mortels , vains jouets du trépas . etc.
L'idée de ces vers sublimes est emprunfi'e d'Isaïe , chap.XL V. 17. Omnes gentes quasi non sint y sic sunt coram eo.h. B.
^ Et s Ulfaut que sa voix frappe en vain vos oreilles , etc.
Si vous gardez aujourd'hui , dit Mardochée , /" silence, Dieu prendra d'autres moyens de tirer les Juifs de l'oppression. Esther, cAap. ir, V. 4. L. B.
' Et vous , qui n 'aurez point accepté celle grâce , etc. Et tu et domus patris lui perièitis , etc. Elsther, càap. Jf, i. i^.
A prier avec vous joxir et nuit assidus ,
Me prêtent de leurs vœux le secours salutaire ,
Et pendant ces trois Jours gardent un jeûne austère. •
Déjà la sombre nuit a commencé son tovu' :
Demain , quand le soleil rallumera le jour ,
Contente de périr, s'il faut que je périsse,
J'irai pour mon pa3^s m'offrir en sacrifice. '
Qu'on s'éloigne un moment.
( Le chœur se retire vers le fond du théâtre. )
* Et pendant ces trois jours gardent un jeûne austère.
Ce vers et les trois pre'ce'dens sont une traduction d^Esther.
Vade et congre ga omnes Judœos quos in Suzam repérer; s , et orate pro me. Non comedatis et non bibatis tribus diebus et tribus noctibus.'EsiheT, chap. IV, v. i6. Ce jeûne consistait à ne manger qu'une fois le jour , et à s'interdire toute nourriture pre'pare'e au feu. Anti(j. Judaïg. liv. IX , chap. 6. L. B.
^ Tirai pour mon pays m ^offrir en sacrifice.
Ce sentiment est pris de l'Ecriture sainte. Et moi, dit Esther , j'irai me présenter au roi , etc. je m 'exposerai volontairement à ce danger., à la mort même. Eslher, cliap. IF, vers i6.