ACTE I, SCÈNE III
Vous trahissez enfin vos cnfans malheureux , ' Que vous précipitez sous un joug rigoureux. Songez qu'un même jour leur ravira leur mère, Et rendra l'espérance au fils de l'étrangère ,
' Vous trahissez enfin vos en/ans malheureux , etc. Imitation d'Euripide. Hippolyte , acte II , scène 2.
LA CONFIDENTE
« Sachez au moins que vous traliirez en mourant les
» intérêts de vos enfans, et qu'ils seront de'pouille's de l'heri- >» tage de leur père par cette orgueilleuse Amazone qui mit au » monde un lils qui sera leur maitre , tout e'tranger qu'il est..-. j> Vous le connaissez , cet Hippolyte ?
PHÈDRE
» Ah ! malheureuse !
LA CONFIDENTE
» Ce reproche vous touche ?
» Je suis perdue ! Ne me parle jamais de lui , je t'en conjure » au nom des dieux.
LA CONFIDENTE
« Mais quelle est votre ide'e ? Quoi ! vous ne voulez nî
» conserver vos jours , ni prendre soin des intérêts de vos en-
» fans ?
PHÈDRE
» Je che'ris mes enfans (y/ part. ) Je suis en proie à des
» soins bien plus de'chirans. » Sènèque s'est privé de ce morceau , en supposant la confidente de Phèdre instruite de l'amour de sa maîtresse dés le comnienceoient de la pièce. L. B.
4o PHÈDRE,
A ce fier ennemi de vous, de votre sang,
Ce fils qu'une Amazone a porté dans son flanc,
Cet Hippolyte...
PHÈDRE
Ah ! dieux !
Ce reproche vous touche ?
PHÈDRE
Malheureuse ! quel nom est sorti de ta bouche !
(EN ONE
Hé bien ! votre colère éclate avec raison : J'aime à vous voir frémir à ce funeste nom. Vivez donc ; que l'amour , le devoir vous excite : "Vivez ; ne souffrez pas que le fils d'une Scythe , Accablant vos enfans d'un empire odieux. Commande au plus beau sang de la Grèce et des dieux. Mais ne diftérez point ; chaque moment vous tue. Réparez promptement votre force abattue , Tandis que de vos Jours prêts à se consumer Le flambeau dure encore et peut se rallumer.
PHÈDRE
J'en ai trop prolongé la coupable durée.
ŒNONE
Quoi ! de quelques remords ètes-vous déchirée r Quel crime a pu produire un trouble si pressant :