‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 3)Chapitre 12 sur 164 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Vous trahissez enfin vos cnfans malheureux , ' Que vous précipitez sous un joug rigoureux. Songez qu'un même jour leur ravira leur mère, Et rendra l'espérance au fils de l'étrangère ,

' Vous trahissez enfin vos en/ans malheureux , etc. Imitation d'Euripide. Hippolyte , acte II , scène 2.

LA CONFIDENTE

« Sachez au moins que vous traliirez en mourant les

» intérêts de vos enfans, et qu'ils seront de'pouille's de l'heri- >» tage de leur père par cette orgueilleuse Amazone qui mit au » monde un lils qui sera leur maitre , tout e'tranger qu'il est..-. j> Vous le connaissez , cet Hippolyte ?

PHÈDRE

» Ah ! malheureuse !

LA CONFIDENTE

» Ce reproche vous touche ?

» Je suis perdue ! Ne me parle jamais de lui , je t'en conjure » au nom des dieux.

LA CONFIDENTE

« Mais quelle est votre ide'e ? Quoi ! vous ne voulez nî

» conserver vos jours , ni prendre soin des intérêts de vos en-

» fans ?

PHÈDRE

» Je che'ris mes enfans (y/ part. ) Je suis en proie à des

» soins bien plus de'chirans. » Sènèque s'est privé de ce morceau , en supposant la confidente de Phèdre instruite de l'amour de sa maîtresse dés le comnienceoient de la pièce. L. B.

4o PHÈDRE,

A ce fier ennemi de vous, de votre sang,

Ce fils qu'une Amazone a porté dans son flanc,

Cet Hippolyte...

PHÈDRE

Ah ! dieux !

Ce reproche vous touche ?

PHÈDRE

Malheureuse ! quel nom est sorti de ta bouche !

(EN ONE

Hé bien ! votre colère éclate avec raison : J'aime à vous voir frémir à ce funeste nom. Vivez donc ; que l'amour , le devoir vous excite : "Vivez ; ne souffrez pas que le fils d'une Scythe , Accablant vos enfans d'un empire odieux. Commande au plus beau sang de la Grèce et des dieux. Mais ne diftérez point ; chaque moment vous tue. Réparez promptement votre force abattue , Tandis que de vos Jours prêts à se consumer Le flambeau dure encore et peut se rallumer.

PHÈDRE

J'en ai trop prolongé la coupable durée.

ŒNONE

Quoi ! de quelques remords ètes-vous déchirée r Quel crime a pu produire un trouble si pressant :

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