‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 3)Chapitre 148 sur 164 · ASSUÉRUS, ESTHER, AMAN, ÉLISE, LE CHOEUR · texte numérisé non relu

ASSUÉRUS, ESTHER, AMAN, ÉLISE, LE CHOEUR

ASSUÉRUS à E ther.

Oui , vos moindres discours ont des grâces secrètes : Une noble pudeur à tout ce que vous faites Donne un prix que n'ont point ni la pourpre ni l'or. Quel climat renfermait un si rare trésor ? Dans quel sein vertvieux avez-vous pris naissance ? Et quelle main si sage éleva votre enfance ? Mais dites promptement ce que vous demandez : Tous vos désirs , Esther , vous seront accordés ; ' Dussiez-vous , je l'ai dit , et veux bien le redire , Demander la moitié de ce puissant empire.

' Tous vos désirs , Esther, vous seront accordés.

Ce sont les paroles d' Assue'rus dans Esther, chap. V, v. 3. On remplit des désirs , on les /ait naître , mais peut-on dire accorder des désirs ]> L. B. *

* Non pas sans doute en prose , mais dans ce vers ;

Tous vos de'sirs , Esther , vous seront accorde's.

Tous vos désirs n'est-U pas clairement l'e'quivalent de tout ce que vous désirez ? Et quand on dit c^est mon désir , n'est-ce pas le même équivalent pour c est ce que je désire ?

29 i ESTIIER,

Je ne m'égare point dans ces vastes désirs. Mais puisqu'il faut enfin expliquer mes soupirs, Puisque mon roi lui-même à parler me convie,

( elle se jette aux pieds du roi. ) J'ose TOUS implorer , et pour ma propre vie , ' Et pour les tristes jours dun peuple infortuné Qu'à périr avec moi vous avez condamné.

A s s u É R u s , la relevant.

A périr ! vous ! Quel peuple ? et quel est ce mystère ? '

AMAN , bas a part.

Je tremble.

Esther, seigneur, eut un Juif pour son pèi-e.

' S ose vous implorer, et pour ma propre vie , etc.

•< Seigneur, dit Esther à Assuérus , si j'ai trouvé grâce de- >' vant vos yeux, etc. , je ne vous demande que la vie et celle SI d'un peuple tualheureux pour lequel je viens ici vous implorer. y> Moi, -dit-elle , votre e'pouse , et la nation dont je tire moa r, origine , nous sommes proscrits et condamne's à la mort. » Esl/ier, chap. \'II, v. 3 et 4- L. B.

^ Â périr', vous ! Que/ peuple ? et guelestce mystère ?

« Quel est l'audacieux, s'e'crie Assuérus , quel est l'homme » assez puissant pour former un pareil projet dans mes états? » F.siher , ç\\7\^. Ml, v. 5. L. B.

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