ACTE m, SCÈNE IV
Dir-u fit choix de Cyriis avant c[ii"il vît le jour," I/appela par son nom *, le promit à la terre, lie fit naître , et soudain l'arma de son tonnerre , Brisa les fiers remparts et les portes d'airain, ** Mit des superbes rois la dépouille en sa main , De son temple détruit vengea sur eux l'injure. Babylone paya nos pleurs avec usure. ' Cyrus, par lui vainqueur, publia ses bienfaits, Regarda notre peuple avec des yeux de paix , Nous rendit et nos lois et nos fêtes divines; Et le temple déjà sortait de ses ruines. Mais, de ce roi si sage héritier insensé, Son fils interrompit l'ouvrage commencé , Fut sourd à nos douleurs. Dieu rejeta sa race, Le retrancha lui-même, et vous mit en sa place. Que n'espérions nous point d'un roi si généreux ! '
* Vappcla par son nom.
Vocai'i Cyrum nomine. Isaïe.
■** Brisa les fiers remparts et les portes d^ airain. Contrivit portas œreas , et vectes ferreos confregit. Ps. CVI , V. 16.
' Que n'espérions-nous point d^un roi si généreux!
Ce morceau est d'autant plus adroit, qu'Esther met dans la i>oiic}ie dfî Juifs les louantes d'Assucrus. L. B.
Dieu regai'de en pitié son peuple malheureux^ Disioas-nous ; im roi règne , ami de Tinnocence. Partout du nouveau prince on vantait la clémence : Les Juifs partout de joie en poussèrent des cris. Ciel! verra-t-on toujours par de cruels esprits Des princes les plus doux. Foreille environnée , Et du bonheur puljlic la source empoisonnée ! Dans le fond de la Thrace un barbare enfanté Est venu dans ces lieux souffler la cruauté : Un ministre ennemi de votre propre gloire...
AMAN
De votre gloire! moi! Ciel! le pourriez-vous croire? Moi qui n'ai d'autre objet ni d'autre dieu...
Tais-toi,
Oses-tu donc parler sans l'ordre de ton roi ?
Notre ennemi cruel devant vous se déclare. ■ C'est lui ; c'est ce ministre infidèle et barbare Qui, d'un zèle trompeur à vos jeux revêtu, Contre notre innocence arma votre v rlu.
' Notre ennemi cruel ddant vous se déclare.
Hostis et iniinicus nosicr pessimus iste est Aman. Esther , chapitre Fil, V. 6. L. B-