ACTE I, SCÈNE IV
En vain demande au ciel le retoiir de Tlie'sée , Et que , par des vaisseaux arrivés dans le port y Hippolyte son fils vient d'apprendre sa mort.
PHÈDRE
Gei!
PAKOPE.
Poiu" le choix d'un maître Athènes se partage , Au prince votre fds l'un donne son suffrage , Madame ; et de l'état l'avitre oubliant les lois , Au fils de l'étrangère ose donner sa voix. On dit même qu'au trône ime brigue insolente Veut placer Aricie et le sang de Pallante, J'ai cru de ce péril vous devoir avertir. Déjà même Hippoljte est tout prêt à partir; Et l'on craint, s'il paraît dans ce nouvel orage. Qu'il n'entraine après lui tout un peuple volage.
ŒNONE
Panope, c'est assez : la reine, qui t'entend, ' Ne négligera point cet avis important.
^ Panope , c'est assez : la reine , qui f entend , cic.
Le poëte a l'attention de faire répondre Œnone à la place de Phèdre. Le silence que garde la reine en apprenant cette nouvelle , est infiniment plus adroit et plus éloquent que tout ce ■qu'il aurait pu lui faire dire. Une nouvelle destinée commence pour la veuve de Thésée : une foule d'idées se présente à son esprit : les paroles seraient superflues ; la situation parle pour elle. Le silence est quelquefois chez les grands poètes le comble
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