SCÈNE V
PHÈDRE, ŒNONE
œno>;e.
Madame , je cessais de vous presser de vivre : '
de l'éloquence; témoin celui d'Ajax dans X Odyssée ^ et de Didon dans \ Enéide. L. B. *
* Au lieu d'insister sur ce silence qui est tout naturel dans Ja situation de Phèdre , et qui n'a rien de commun avec le silence cloquent d'Ajax ni de Didon , il importait de remarquer que tout l'artifice du plan , jusqu'à la moitié du troisième acte , c'est-à-dire , jusqu'au retour de Thésée , tient à ce ressort si habilement imaginé du faux avis de la mort de ce prince ; avis qui change d'abord la face des choses en un sens à la fin du premier acte , et la change encore en un sens tout opposé au milieu du troisième. C'est la supposition de la mort de Thésée qui ouvre quelqu'espérance à Phèdr.- , et l'enhardit à risquer une déclaration lorsqu'auparavant eHe ne voulait que mourir. C'est ensuite l'appa. .tion imprévue de Thésée , et l'effroi qu'elle conçoit des suites terribles de ce qu'elle vient de hasarder, qui la met hors d'elle-même , et qui sert à excuser le consentement qu'elle accorde, comme malgré elle, à l'accusation d'Œnone. Que d'eflels dans un moyen qui parait si simple ! Ce sont là les ressorts qui appartiennent aux maitres de l'art , comme la multiplicité des incidens aux artistes médiocres. Ceux-ci, avec beaucoup de mouvement, produisent peu d'effet; les autres savent être riches avec peu de fonds par l'usage qu'eux seuls peuvent en faire.
' Madame , je cessais de vous presser de vitre, etc.
La confidente , dans Euripide , change tout d'un coup de