‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 3)Chapitre 49 sur 164 · ACTE lil, SCÈ>E III · texte numérisé non relu

ACTE lil, SCÈ>E III

ŒNO^'E.

'Mon zèle n'a besoin que de Totre silence. Tremblante comme vous , j en sens quelques remords : Vous me verriez plus prompte affronter mille morts. Mais, pviisque je vous perds sans ce triste remède, Votre vie est pour moi dun prix à qui tout cède. Je parlerai. Thésée , aigri par mes avis , Bornera sa vengeance à Texil de son fils. Un père, en punissant , madame , est toujours père ; Un supplice léger suffit à sa colère.

Mais , le sang innocent dùt-il être versé , Que ne demande point votre honneur menacé ? C'est un ti'ésor trop cher pour oser le commet Ire. Quelque loi qu'il vous dicte , il faut vous y soumettre, Madame ; et, pour sauver notre honneur combattu, Il faut immoler tout, et même la vertu. On vient; je vois Thésée.

PHÈDRE

Ah ! je vois Hippolyte ; Dans ses yeux insolens je vois ma perte écrite.

l'aine de cette malheureuse femme , au point qu'elle laisse dire et faire à Œnone tout ce qu'elle a propose'. C'est cette adresse , dont Euripide et Se'nèque sont e'galement loin, qui fait que rien ne nous révolte dans ce plan , quand tout rctolte dans le leur.

98 PHÈDRE

Fais ce que tu voudras , je m'abandoime à toi : Dans le trouble où je suis je ne puis rien pour moi. '

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