THÉSÉE, THÉRAMÈNE
THÉSÉE
Tliéramène, est-ce toi? Qu'as-tu fait de mon fils? Je te l'ai confié des Tàge le plus tendre.... Mais d'où naissent les pleurs que je te vois répandre ? Que fait mon fils ?
THÉR\MÈ>JE.
O soins tardifs et superflus !
Inutile tendresse ! Hippolyte n'est plus.
THÉSÉE
Dieux!
THÉRAMÈNE
J'ai vu des mortels périr le plus aimable , Et j'ose dire encor , seigneur , le moins coupable.
THÉSÉE
Mon fils n'est plus ! Hé quoi ! quand je lui tends les bras ,
Les dieux impatiens ont hàlé son trépas !
Quel coup me l'a ravi? Quelle foudre soudaine?'
' Les dieux impatiens ont hâté son trépas !
Quel coup me Va ra^'l ? Quelle foudre soudaine ?
Ceci vaut beaucoup mieux que tout ce que dit Thtse'e dans Se'nèque. Fais-moi , dit-il, le détail de la mort de mon fils. Et plus bas : Décris-moi le monstre qui Va occasionnée. liippolylc , Gcie IV, scène i.
Le défaut de cette scène , s'il y en a , ne saurait être dans la
i4p PHÈDRE,
THÉRAMÈNE
A peine nous sortions des portes de Trézëne , *
situation de Thésée : il est naturel qu'il veuille apprendre comment il a perdu son fils; la manière dont il le demande , a plutôt l'air d'une exclamation douloureuse , que d'une simple interrogation. L. B.
* A peine nous sortions des portes de Trézene.
Boileau et Racine , en leur qualité de classiques, ont été traités comme des anciens par les scholiastes et les commentateurs de profession , au point qu'on ferait un volume de ce qui a été écrit sur ce seul récit de Théramène , et qu'on trouve dans Saint-Marc une énorme dissertation sur ce seul vers ,
Le flot qui l'apporta , recule épouvanté. Comme il y a , dans toutes ces diatribes , beaucoup plus de verbiage et de pédanterie que de vraie critique , c'est un avertissement de plus pour nous de nous restreindre purement à l'essentiel. 11 est indubitable qu'il y a du luxe de style dans ce récit d'ailleurs si beau ; mais ce qui est de trop , se réduit à sept ou huit vers à retrancher , et à la description du monstre , qui est trop détaillée. Il est d'ailleurs très-naturel que Thésée , accablé d'abord par la terrible nouvelle de la mort de son fils , veuille ensuite en apprendre les circonstances , et d'autant plus qu'elles sont autant de prodiges , effets de la colère des dieux, provoquée par ses imprécations. Il n'est pas moins naturel que Théramène , revenu de cette première épouvante qu'il a dû. éprouver , raconte toutes ces circonstances avec toute la vivacité d'une imagination encore frappée des objets comme s'ils étaient présens ; et de plus , le poëte a eu soin d'animer le récit des faits par les mouvemcns et les exclamations , et les intcr-