‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 3)Chapitre 90 sur 164 · ACTE IIL · texte numérisé non relu

ACTE IIL

Pendant que le chœur termine le second acte par une espèce de retour sur le pouvoir de Vénus,

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la confidente déclare à Hippolyte l'amour de Phèdre pour lui. Hippolyte, saisi d'horreur, fait e'clater son indignation. Phèdre, qui est restée sur la scène avec le chœur, entend ses cris, et soupçonne , à la fureur qui passionne ce jeune prince, l'indiscrétion de sa nourrice ; elle s'en plaint aussitôt d'une manière si vive et si forte, que le chœur en est attendri.

Hippolyte veut se soustraire à cet horrible entretien. La nourrice , qui craint que son secret ne lui échappe , le poursuit jusque sur la scène ; elle lui rappelle, en présence de Phèdre et du chœur, le serment qu'elle a eu l'adresse de lui arracher. Hippolyte, qui se trouve forcé de se taire par cet engagement, se permet alors une satire contre les femmes, qui pouvait être du goût des Athéniens , mais qui ne serait pas supportable aujourd'hui : il se plaint de ce que les dieux les ont rendues nécessaires au renouvellement du genre humain ; il voudrait qu'on eût pu se procurer des enfans sans avoir commerce avec elles, en portant seulement des offrandes dans les temples; il détaille les inconvéniens qui résultent du mariage, les peines surtout que traîne après soi l'éducation

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des filles, les dlffîculte's qu'on trouve à les marier, les désagre'mens auxquels leure'tablisseinent donne lieu ; il convient cependant qu'il est des femmes qui joignent à une simplicité vertueuse toutes les qualités qui peuvent les faire chérir; il regrette ensuite de s'être engagé par un serment à ne point révéler le mystère qu'on lui a confié ; il sort du palais , et promet de n'y rentrer que pour être témoin de la réception que Phèdre et sa nourrice feront a Thésée.

Phèdre, confuse, ne sait où se cacher: elle se plaint à la nourrice de l'embarras où son indiscrétion l'a jetée; elle lui reproche la nécessité où elle se trouve de recourir à un artifice qui sera peut-être sans effet pour son honneur. La confidente , qui ne peut se justifier par l'heureux succès de sa témérité, convient de sa faute. Phèdre, désespérée, lui impose silence, et lui défend pour jamais de reparaître à ses yeux : elle recommande ensuite au chœur le secret sur tout ce qui s'est passé ; elle lui confie les moyens qu'elle a imaginés de sauver son honneur et celui de ses enfans; elle «e retire après, en disant que la fierlé de son ennemi ne triomphera pas long-lems de sa faiblesse.

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