‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 3)Chapitre 91 sur 164 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

Le chœur occupe le théâtre pendant que Phèdre va se donner la mort : il voudrait être changé en oiseau, pour se transporter dans les lieux que de pareils malheurs ont rendus fameux ; il plaint le triste sort de Phèdre, qui, par un effet du courroux de Vénus, vient de recourir à un nœud cruel pour finir ses jours.

Une femme de Phèdre sort tout éperdue : elle appelle du secours; elle s'écrie que Phèdre vient d'attenter à ses jours. Le chœur, qui craint d'être la dupe de son trop d'empressement à la servir, balance sur le parti qu'il doit prendre.

Pendant ce tems , un officier du palais court à Phèdre; il l'étend par teiTe, après avoir coupé le nœud fatal. Thésée arrive au milieu de ce trouble, qu'il croit occasionné par la mort de Pitlliée son aïeul , ou de ses enfans : il apprend que Phèdre est morte ; il s'informe des raisons qu'elle a eues de mourir; personne ne lui répond; il fait ouvrir les portes de son palais ; il voit son épouse couverte d'un voile funèbre il se jette sur son

corps; il la couvre de baisers il s'écrie qu'il

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veut la suivre au tombeau ; il aperçoit une ettre entre les mains de cette princesse ; il croit y trouver un dernier gage de sa tendresse : qu'y voit-il? Hippol) te accusé d'avoir voulu souiller son lit. Il invoque aussitôt Neptune pour le venger de son fils; il rappelle à ce dieu la promesse qu'il lui a faite d'exaucer trois de ses vœux. En vain le chœur veut faire re'voquer à Thésée cette indiscrète imprécation : ce prince , qui craint de n'être pas assez tôt vengé, condamne son fils au bannissement.

Hippolyte est bien éloigné de soupçonner le sort qu'on lui prépare. Dès qu'il est instruit de l'arrivée de Thésée, il vient au-devant de lui; il voit à ses pieds Phèdre morte. Saisi de terreur et d'effroi, il le prie de lui apprendre la cause d'un si grand malheur. Thésée, sans faire attention à ses instances, paraît absorbé par sa douleur. Hippolyte épuise tous les moyens de le rendre sensible à la part qu'il prend à sa situation : Thésée ne lui répond rien. Hippolyte présume alors qu'où

a cherché à le perdre dans l'esprit de son père

Thésée, qui ne peut contenir sa fureur, lui reproche le crime dont il est accusé; il lui montre la lettre de Phèdre, qu'il regarde comme une preuve

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de sa conviction. Illppolyte, par ménagement pour son père, ne veut pas révéler tout le mystère de cette intrigue : il lui rappelle sa conduite passée, ses liaisons , son attachement au culte des dieux , son éloignement de Tamour qu'il ne connaît que de nom ; il lui fait observer qu^ayant toujours été sans ambition, il n'a point eu de raisons de commettre un aussi grand crime ; il prend enlin les dieux à témoin de son innocence; il proteste que Phèdre, qui la connaît aussi bien qu'eux, lui rendrait justice si elle pouvait parler. Thésée n'ajoute pas plus de foi à ses sermens qu'à ses raisons; il prononce une seconde fois l'arrêt de son exil. En vain Hippolyte le supplie de ne le point condamner sans examen ; Thésée persiste dans ses préventions. Hippoljte, au désespoir, est presque tenté de violer son serment ; mais quel fruit retirerait-il de cette infidélité ? Il appelle en témoignage les lieux où il devint coupable du crime prétendu qu'on lui impute. Thésée rentre dans son palais, et commande à ses officiers d'arracher son fils de sa présence. Hippolyte, resté sur la scèue, se soumet alors à la rigueur de son destin ; il assure

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ses amis que, quelque part qu'ils le suivent, ils ne trouveront jamais un cœur plus vertueux que le sien.

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