‹ Œuvres complètes de Jean Racine (volume 4)Chapitre 210 sur 264 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

NÉRON.,, r^ARCÏSSE,

NARCISSE

Grâces aux dieux , Seigneur, Junie entre vos mains,

3RITANNICUS. 53g

Vous: a^î^^; aujourd'hui du reste des Romains . Vos ennemis:^ déchu (i de leur vaine espérance , Sont allés .dxes9 Pallas pleurer leur impuissance* Mais qu» vois-je? Vousr^mêma, inquiet , :étanné , Plus que Britannicus p^roissesî consterné.

Que pté^a^ à tee^ yeux^ cettô t^kteôse obscure^ Et ces sombr^d regaa-ds er^^tS; à l'aventure ? : ^out TOUS r^. I^ fortu*iejp\l#t:à vp§ ycettx. .

Narcisse /(^n iest fait , Néron est aniotit<ettx. '

' NAÏlCISSXr. '

Vous? •■•'■■ • -■-• '-■ •• : '

Depuis un moment ,' mais pour totitè ma vie.

J'aime, que dis-je aimer? j'idolâtre Junie.

NARCISSE

Vous raîméz?^' t • .

isréAOîf;

ïkcité d^un desîr curieux , Cette nuit je F ai Vue sMbtent en ces lieux , Triste, levant au ciel ses yeui mouillés de larmes , Qui brilloicâît au travers des 'fiambeftu:3t et des armes j Belle , sans ôtriement , dans le simple appareil D'une beauté qu*on vient d'arracher au sommeil. Que veu3&-tû7 Je ne sais si cette négligence , Les ombres , les flambeaux , les cris et le silence, ''Et le fkrouicte aspect de ses fiers ravisseurs , Relevoient de ses yeux les timides douceurs.

Quoi qu'il «n soit , ravi d'une si'beRe vue ,

J'ai voulu lui parler, et ma voix s'est perdue j Immobile , saisi d'un long étonnement , Je Tai laissé passet dans son appartement; ' J'ai passé dans le mien. Cfest là que ; solitaire, De son image en vain j^ai voulu me distraite. Trop présente à mes yeux , )e croyois lui parler : J'aimois jusqu'à ses pleurs que je fidsois'Côtiler. Quelquefois-, mais trop tard, je lui deitiafldois grâce : J'employois les soupirs et ihâme la menace.

Voilà comme occupé de mon nouvel çugaouar, Mes yeux, sans se fermer, ont attendu le jour. Mais je m'en £ais peut-être une trop belle image : • Elle m'est apparue avectriPp d'avantage :

Narcisse^ qu'en dis-tu? .

NARCISSE

Quai! Seigneur, croira-t-on Qu'elle ait pu si longtemps se cachei; à Nércm ?

NJÉROIi*

Tu le sais bien, Narcisse. Et spit que sa colère

M'imputât le malheur qui; lui ravit son frère ;

Soit que son cœur, jalou^ d'une. austère fierté,

Enviât à nos yeux sa naissante be£|.|iié j

Fidèle à sa douleur , et daais l'pm,]j?.re. enfermée , .

Elle se déroboit même à s^ rencanmée ; , ,

Et c'est cette vertu, si nçuvelle à la^ oojua:^

Dont la persévérance irrite mon autour. ,

Quoi ! Najrcisse, tandis qu'il n'est point jde Romaine

Que mon amour n'honore et ne rende^plus vaine ,.

Qui, dès qu'à ses regards elle ose sie fier, ; . . ,

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