ACTE V, SCENE TIIL 46t
Ah ! Madame) pour moi j'ai vécu trop d'un jour»
Plût au ciel que sa inain , heureusement cruelle,
Eut fait sur inoi Fessai de sa fureur nouvelle !
Qu'il ne m'eût pas donné ^ par ce triste attentat ,
Un gage trop certain des malheurs de Tétat !
Son crime seul n'est pas ce qui me désespère ;
Sa jalousie a pu l'armer contre son frère:
Mais, s'il vous Êiut, Madame, expliquer ma douleur,
Néron l'a vu mourir sans changer de couleur.
Ses yeux indiffërehts ont déjà la constance
D'un tyran dans le crime endurci dès l'en&nce»
Qu'il achève^ Madame, et qu'il fasse périr
Un ministre im^portun qui ne le peut soufi&ir»
Hélas ! loin de vouloir éviter sa colère ,
La plus soudaine mort me sera la plus chère*