AGRIPPINE, BURRHUS, ALBINE
Ah Madame ! ah Seigneur ! courez vers Pempereur j Venez sauver César de sa propre fureur ; H se voit pour jamais séparé de Junie.
AGRIPPINE
Quoi ! Junie elle-même a terminé sa vie?
AliBIKE.
Pour accabler César d'un éternel ennui.
Madame, sans mourir, elle est morte pour lui. I. 36
4o2 BRITANNICUS.
Vous savez de ces lieux comme elle s'est rayie :
!l^lle a feint de paser chez la triste Octayiè ;
Mais bientôt elle a pris des chemins écartés ,
Ou mes yeux ont suivi ses paâ précipités.
Des portes du palais elle sort éperdue.
D'abord elle a d'Auguste aperçu la statue;
Et 9 mouillant de ses pleurs le marbre de ses pieds y
Que de ses bras pressants elle tenoit liés :
tt Prince y par ces genoux, dit--elle, que j'embrasse,
ce Prot^e en ce moment le reste de ta race.
ce Rome, dans ton palais, vient de voir immoler
ce ho seul de tes neveux qui te pût ressembler.
ce On veut après sa mort que je lui sois parjure :
ce Mais, pour lui conserver une foi toujours pure,
ce Prince , je me dévoue à ces dieux immortels
ce Dont ta vertu t'a fiiit partager les autels. y>
Le peuple cependant, que ce spectacle étonne.
Vole de toutes parts , se presse , l'environne,
S'attendrit à ses pleurs, et, plaignant sonjennui.
D'une commune voix la prend sous son appui.
Ils la mènent au temple , où depuis tant d'années
Au culte des autels nos vierges destinées
Gardent fidèlement le dépôt précieux
Du feu toujours ardent qui brûle pour nos dieux.
Gésar les voit partir sans oser les distraire.
Narcisse, plus hardi, s'empresse pour lui plaire :
D vole vers Junie; et, sans s'épouvanter.
D'une profane main commence à l'arrêter.
De mille coups mortels son aùdaee est pimie :