‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 103 sur 185 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

On ne voit point d'esclave au rang de ses amis.

Ali ! si son amitié peut souiller votre gloire,

Que ne m épargniez-vous une tache si noire ?

Vous connaissez les soins qu'il me rend tous les jours,

11 ne tenait qu'à vous d'en arrêt- r le cours.

Vous me vovez ici maîtresse de son ame ;

C^ut messagers secrets m'assurent de sa flamme : *

Pour venir jusqu'à moi , ses soupirs embrasés

Se font jour à travers de deux camps opposés. l

dire l'usage du beau monde. Le beau monde étant devenu une expression provinciale, dont on ne se servait plus qu'en ridicule, on a renonce aussi au bel usage, et d'autant mieux, que ce bel usage n'était pas toujours bon. Un grammairien , un académicien des belles-lettres devait repondre au grammairien de l'Académie française , que brûler de voir est une ellipse tres-naturclle et très - autorisée , même dans le langage ordinaire, pour dire brûler du désir de voir.

• Cent messagers secrets m \issurmt de sa flamme.

"N oltaire a remarqué que Corneille fait tenir à CléopâH%| le De lan ,'ge.

Cbaquc jour ses courriers M'apportent en tribut ses vœux et ses lauriers.

Il trace des IOUJ ir^ , et , d'un style plaintif . Danj ton champ de victoire , il se «lit mon rajitil.

Pompée y acte H, scène i.

I Scjont -ur h travers de dt u r - mmps apposés.

II y a ici une rem irque>à faire sur la grammaire. 11 faut, ou

Au lieu de le haïr , au lieu de m'y contraindre , De mon trop de rigueur je vous ai vu vous plaindre ; Vous m'avez engagée à souffrir son amour , Et peut-être, mon frère, à l'aimer à mon tour.

Vous pouvez, sans rougir du pouvoir de vos charmes,

Forcer ce grand guerrier à vous rendre les armes ;

Et , sans que votre cœur doive s'en alarmer ,

Le vainqueur de l'Euphrate a pu vous désarmer :

Mais l'état aujourd'hui suivra ma destinée ;

Je tiens avec mon sort sa fortune enchaînée ; **

à travers les deux camps opposés , ou au travers de deux camps opposés.

A travers les rochers la peur les précipite.

Phèdre, acte Y, scène 6.

Racine a retranché ici les quatre vers suivans :

« Mes yeux de leur conquête ont-ils fait un mystère ?

« Yîtes-vous ses soupirs d'un regard de colère ?

» Et lorsque devant vous ils se sont pre'sentés ,

» Jamais comme ennemis les avez-vous traite's ?

» Au lieu , etc. » L. B. * * Ces vers, que l'auteur supprima, sont remarquables : des soupirs traités comme ennemis étaient bien du style à la mode , mais bien étranges sous la plume de Racinr.

** Je tiens avec mon sort sa fortune enchaînée. Je tiens avec mon sort, etc. Cette phrase manque d'exactitude et de clarté. Il fallait enchaînée à mon sort, et ici enchai-

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