‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 104 sur 185 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Et, quoique vos conseils tâchent de nie fléchir ,

Je dois demeurer libre afin de 1 affranchir.

Je sais l'inquiétude où ce dessein vous livre ;

Mais, comme vous , ma sœur , j'ai mon amour à suivre.

Les beaux yeux d Axiane , ennemis de la paix , *

Contre votre Alexandre arment tous leurs attraits :

Reine de tous les cœurs , elle met tout en armes

Pour celte liberté que détruisent ses charmes ;

Elle rougit des fers qu'on apporte en ces lieux,

El n'y saurait souffrir de tyrans que ses yeux.

Il faut servir, ma sœur, son illustre colère;

Jl faut aller....

née ne veut dire ([uunie; au lieu que la phrase de Racine signifie que Taxile tient la fortune de l'état enchaînée aï ce son sort : ce qui n'est pas vrai.

* 'fais . comme vous , ma sœur, j'ai mon amour à suivre* Les beaux yeux d'Axiane , ennemis de la paix , etc.

Comme vous , ma sœur . j'ai mon amour à suivre Les leaux

yeux d'Axiane . ennemis de la paix , et cette Axiane , qui met

tout en armer pour cette liberté que détruisent ses charmes . et qui

m' saurait souffrir de tyrans que ses yeux , etc. Cette confusion

de la liberté de l'Inde et de la liberté des cœurs, ce burlesque

amphigouri si tranquillement débite par un roi des Indes quand

il ft*aftit de combattre Alexandre, est sans doute le comble du

goût. Mais toorenons-notu que ce n'est pas Corneille,

nalgre tout ion génie, qui a fail tomber ce détestable pnùt;

: de Corneille que R.icine le prenait ;il<>rs, et c'est Racine

tprrs nous apprit à m. pi iser ces puérilités , qui ont

ii long tenu déshonoré la tragédie.

CLÉOFILE.

Hé bien ! perdez-vous pour lui plaire ; De ces tyrans si chers suivez l'arrêt fatal , Serrez-les : ou plutôt servez votre rival ; De vos propres lauriers souffrez qu'on le couronne ; Combattez pour Porus , Axiane l'ordonne ; Et , par de beaux exploits appuyant sa rigueur , Assurez à Porus l'empire de son cœur.

TAXII.E.

Ab , ma sœur ! crryez-vous que Porus...

CLÉOFILE.

Mais, vous-mcme.

Doutez- von s en effet qu' Axiane ne l'aime r Quoi ! ne voyez-vous pas avec quelle chaleur L'ingrate à vos veux même étale sa valeur ? Quelque brave qu'on soit , si nous la voulons croire , Ce n'est qu'autour de lui que vole la victoire : Tous formeriez sans lui d'inutiles de: seins; La liberté de l'Inde est toute entre ses mains ; Sans lui déjà nos murs seraient réduits en cendre ; '

1 Sans lui déjà nos murs seraient réduits en cendre.

Louis Racine demande si l'expression réduits en cendre convient à des murs. Oui , sans doute , puisque tous les anciens peuples faisaient entrer du bois dans la construction de leurs murs. D'ailleurs , en poésie , par ce mot murs, on entend la ville entière , les maisons, les tours , les portes , etc. L. B. *

* La second* raison est la seule bonne; car, d'ailleurs , le bois

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