ACTE I, SCÈNE I
Et, quoique vos conseils tâchent de nie fléchir ,
Je dois demeurer libre afin de 1 affranchir.
Je sais l'inquiétude où ce dessein vous livre ;
Mais, comme vous , ma sœur , j'ai mon amour à suivre.
Les beaux yeux d Axiane , ennemis de la paix , *
Contre votre Alexandre arment tous leurs attraits :
Reine de tous les cœurs , elle met tout en armes
Pour celte liberté que détruisent ses charmes ;
Elle rougit des fers qu'on apporte en ces lieux,
El n'y saurait souffrir de tyrans que ses yeux.
Il faut servir, ma sœur, son illustre colère;
Jl faut aller....
née ne veut dire ([uunie; au lieu que la phrase de Racine signifie que Taxile tient la fortune de l'état enchaînée aï ce son sort : ce qui n'est pas vrai.
* 'fais . comme vous , ma sœur, j'ai mon amour à suivre* Les beaux yeux d'Axiane , ennemis de la paix , etc.
Comme vous , ma sœur . j'ai mon amour à suivre Les leaux
yeux d'Axiane . ennemis de la paix , et cette Axiane , qui met
tout en armer pour cette liberté que détruisent ses charmes . et qui
m' saurait souffrir de tyrans que ses yeux , etc. Cette confusion
de la liberté de l'Inde et de la liberté des cœurs, ce burlesque
amphigouri si tranquillement débite par un roi des Indes quand
il ft*aftit de combattre Alexandre, est sans doute le comble du
goût. Mais toorenons-notu que ce n'est pas Corneille,
nalgre tout ion génie, qui a fail tomber ce détestable pnùt;
: de Corneille que R.icine le prenait ;il<>rs, et c'est Racine
tprrs nous apprit à m. pi iser ces puérilités , qui ont
ii long tenu déshonoré la tragédie.
CLÉOFILE.
Hé bien ! perdez-vous pour lui plaire ; De ces tyrans si chers suivez l'arrêt fatal , Serrez-les : ou plutôt servez votre rival ; De vos propres lauriers souffrez qu'on le couronne ; Combattez pour Porus , Axiane l'ordonne ; Et , par de beaux exploits appuyant sa rigueur , Assurez à Porus l'empire de son cœur.
TAXII.E.
Ab , ma sœur ! crryez-vous que Porus...
CLÉOFILE.
Mais, vous-mcme.
Doutez- von s en effet qu' Axiane ne l'aime r Quoi ! ne voyez-vous pas avec quelle chaleur L'ingrate à vos veux même étale sa valeur ? Quelque brave qu'on soit , si nous la voulons croire , Ce n'est qu'autour de lui que vole la victoire : Tous formeriez sans lui d'inutiles de: seins; La liberté de l'Inde est toute entre ses mains ; Sans lui déjà nos murs seraient réduits en cendre ; '
1 Sans lui déjà nos murs seraient réduits en cendre.
Louis Racine demande si l'expression réduits en cendre convient à des murs. Oui , sans doute , puisque tous les anciens peuples faisaient entrer du bois dans la construction de leurs murs. D'ailleurs , en poésie , par ce mot murs, on entend la ville entière , les maisons, les tours , les portes , etc. L. B. *
* La second* raison est la seule bonne; car, d'ailleurs , le bois