PORUS, TAX1LE
PORUS
Seigneur , ou je me trompe , ou nos fiers ennemis
Feront moins de progrès qu'ils ne s'étaient promis.
Nos chefs et nos soldats, brûlant d'impatience ,
Font lire sur leur front une mâle assurance;
Ils s'animent Ion L'antre ; et nos moindres guerriers
S promettent déjà des moissons de lauriers.
J'.ii \u de rang en rang cette ardeur répandue
Par des cris généreux éclater à ma vue : ■
Ils se pfc igni ut qu'au lieu d'éprouver leur grand cœur,
L'oisiveté d Un camp consume leur vigueur.
1 J'ai VU <!f rang en rang cette auteur répandue , Par dis <ri\ jrrtercux et la tir a ma rue.
De» 1 fra ont poinl la vue, et d'ailleurs y'W vu ... à ma
vue dc (aurait se dire. L. B.
2û8 ALEXANDRE,
Laisserons-nous languir tant d'illustres courages? Noire ennemi, seigneur, cherche ses avantages : 1 1 se sent faible encore ; et , pour nous retenir , Kphestion demande à nous entretenir , Et par de vains discours...;
TAXILE
Seigneur, il faut l'entendre :
Nous ignorons encor ce que veut Alexandre : Peut-être est-ce la paix qu'il nous veut présenter.
P ORl"1
La paix ! Ah ! dr sa main pourriez-vous l'accepter? Hé quoi ! nous l'aurons vu , par tant d'horribles guerres, Troubler le calme heureux dont jouissaient nos terres, Et , le fer à la main , entrer dans nos états Pour attaquer des rois qui ne l'offensaient pas ; Nous l'aurons vu piller des provinces entières , Du sang de nos sujets faire enfler nos rivières : * Et , quand le ciel s'apprête à nous l'abandonner , J'attendrai qu'un tyran daigne nous pardonner!
TAXILE
Ne dites point , seigneur , que le ciel l'abandonne ; D'un soin toujours égal sa faveur l'environne.
* Faire enfler nos rivières. Toutes les fois que ce mot faire , joint à un autre verbe, n'est point nécessaire au sens ou a !a phrase , ii la fait languir, surtout en poésie. Enfier nos rivières disait tout.