‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 13 sur 185 · ACTE PREMIER. l · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. l

J'ai fait mordre' la poudre à ces audacieux. Et leur sang est celui qui parait à vos yeux.

JOCASTE

Mais que prétendiez-vous ? et quelle ardeur soudaine Vous a fait tout à coup descendre dans la plaine a ?

ÉTEOCLE.

Madame , il était tems que j'en usasse ainsi , Et je perdais ma gloire à demeurer ici3.

1 J'ai fait mordre la poudre h ces audacieux , Et leur sang est celui qui parait à vos yeux. Les quatre vers qui précèdent celui-ci , étaient différens dans les premières éditions. Racine y faisait dire à Etéocle : m Polynice à mes yeux ne s'est point présenté, » Et l'on s'est peu battu d'un et d'autre côté ■ » Seulement quelques Grecs d'un insolent courage, » M* avant osé d'abord disputer le passage , » J'ai fait mordre, etc. » — L. B.

liais que prétendiez -vous ? et quelle ardeur soudaine fous a fuit tout ii coup descendre dans la plaine? Joraste disait dans les premières éditions.

« Mai* pourquoi donc sortir avecque votre armée? « Qu.1 est ce mouvement qui m'a tant alarmée >? 1 1 qui n'était que prosai'que. L. fi.

3 Et je perdais ma gloire à demeurer ici.

Racine a retranché les huit vers suivans :

«« Je n'ai que trop langui derrière une muraille; ■ Je brùlaû de me voir en un champ de bataille. LorsqOC l'on peut paraître au milieu des hasards, I r est honteux de garder les rempart*.

l36 LES FRÈRES ENNEMIS,

Le peuple, à qui la faim se faisait déjà craindre, De nion peu de vigueur commençait à se plaindre , Me reprochant déjà qui! m'avait couronné, Et que j'occupais mal le rang qu'il m'a donné. Il le faut satisfaire, et, quoi qu'il en arrive, Thèbes, dès aujourd'hui, ne sera plus captive; Je veux , en n'y laissant aucun de mes soldats , Qu'elle soit seulement juge de nos combats* J'ai des forces assez pour tenir la campagne ; Et. si quelque bonheur nos armes accompagne* , L'insolent Polynice et ses fiers alliés2 Laisseront Thèbes libre , ou mourront à mes pieds.

» J'étais las d'endurer que le fier Polynice » Me reprochât tout haut cet indigne exercice , » Et criât aux The'bains, afin de les gagner , » Que je laissais aux fers ceux qui me font régner. » Le peuple , etc. » — L. B.

1 J'ai des forces assez pour tenir la campagne ;

Et , si quelque bonheur nos armes accompagne. On sent combien le premier vers est prosaïque, et combien l'inversion du second est dure et forcée, L. B.

- L'insolent Polynice et ses fiers allies

Laisseront Thèbes libre , ou mourront ù nés pieds.

VARIAI T E.

« L'insolent Polynice et ses Grecs orgueilleux » Laisseront Thebes libre, ou mourront à mes ) us.

JOCASTE

w Vous pre'serve le ciel d'une telle victoire! » Thèbes ne veut point voir une action si noire.

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