‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 138 sur 185 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

SCÈ^E PREMIÈRE.

AXIANE, CLÉOFILË.

AXIANL

l^Koi! madame, en ces lieux on me tient enfermée : Je ne puis au combat voir marcher mon armée ! Et , commençant par moi sa noire trahison , Taxile de son camp me fait une prison ! C'est donc là cette ardeur qu'il me faisait paraître î Cet humble adorateur se déclare mon maître! Et déjà son amour , lassé de ma rigueur , Captive ma personne au défaut de mon cœur î

CLÉOFILE.

Expliquez mieux les soins et les justes alarmes

D un roi qui pour vainqueur ne connaît que vos charmes

Et regardez, madame, avec plus de bonté

L'ardeur qui l'intéresse à votre sûreté.

Tandis qu'autour de nous deux puissantes armées.

D une rgile chaleur au combat animées , '

1 Tondit </ 'autour de nous deuac puissantes années , 1 1 m i iteur au combat animées.

On liviit u'.ibord :

•> qu'autour de nous deux pinçantes arn > D'une égale fierté Tune et l'autre animées ». L. B.

De leur fureur par-tout font voler les éclats , * De quel autre côté conduiriez-vous vos pas? Où pourriez-vous ailleurs éviter la tempête ? Un plein calme en ces lieux assure votre tète. Tout est tranquille...

AXIATsE.

Et c'e>t cette tranquillité ■ Dont je ne puis souffrir l'indigne sûreté. Quoi ! lorsque mes sujets, mourant dans une plaine , Sur les pas de Punis combattent pour leur reine; Qu'au prix de tout leur sang ils signalent leur foi : Que le cri des mourans vient presque jusqu'à moi ; On me parle de paix î et le camp de Taxile Garde dans ce désordre une assiette tranquille ! On flatte ma douleur d'un calme injurieux!

* De leur fureur partout font voler les éclats , De quel autre côté conduiriez-vous vos pas ?

Ces deux vers pèchent par l'impropriété des termes. On peut faire retentir les éclats de sa fureur , et alors la figure est juste: on ne peut les faire voler , et l'image est iausse. On dirige ses pas, et on conduit les pas d'un autre. On ne peut conduire les siens , quoiqu'on dise bien se conduire soi-même : c'est que l'expression de conduire les pas pre'sente tropformellemant un double objet, celui qui conduit , et celui qui est conduit.

Et c'est cette tranquillité Dont je ne puis souffrir l indigne sûreté.

On ne dit point la sûreté d'une tranquillité. L. B,

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