ACTE IV, SCÈNE II. 3; I
Et, voyant de son bras voler par-tout l'effroi , '
1 Et voyant de son bras voler partout l'effroi. L'effroi d'un iras pour l'effroi causé par un bras. Expression hasardée et incorrecte. L. B. *
* Je ne condamnerais pas plus l'effroi de son bras . que la terreur de ses armes , qui est assurément une phrase reçue , et qui se justifie par l'usage de la même ellipse , la terreur causée par ses armes , l'effroi causé par son bras; mais j'avoue que je ne trouve pas le même rapport entre faire voler la terreur et faire voler l'effroi. C'est ici qu'il faut dUhnjruer les nuances des synonymes. La terreu r pre'sente l'idée d'une espèce de contagion qui se propage rapidement : de là l'expression de terreur panique. L'effroi exprime particulièrement le saisissement cause' par la peur. Ces distinctions sont essentielles à observer dans l'usage des mots qu'on appelle synonymes : c'est de là que de'pendent en partie la pureté du style et la justesse de l'expression. Ces deux vers , Et , voyant de son bras voler partout l'effroi , L'Inde sembla m'ouvrir un champ digne de moi , peuvent fournir une autre obscr\ation. / ayant est ici un de ces ablatifs absolus {moi voyant) , qui sont si favorables a la poésie , et dont personne ne s'est mieux servi que Rarine. Ils exigent quelques précaution^, pour ne produire dans la phrase ni embarras ni ob-curité. Enlr'auîns choses il faut prendre garde que l'ablatif absolu ne pu M rapporter à deux substantifs : ici voyant
| i ut également s'entendre de Y Inde et d\llcaandre. Il y a dOOC hdi bibologie , < I < 'est une faute.
Remarques que l'ablatif absolu est naturel aux langues qui
marquent les cas par la terminaison , parce qu alors il M pCBl
rodnire d'équivoque 11 n'en est ; i «le même des langue*
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3;:i ALEXANDRE,
L Inde sembla m/ouvrir un champ digne de moi. Lassé de voir des rois vaincus sans résistance , J'appris avec plaisir le bruit de sa vaillance : Un ennemi si noble a su m'encourager ; Je suis venu chercher la gloire et le danger. Son courage , madame , a passé mon attente : La victoire , à me suivre autrefois si constante , M'a presque abandonné pour suivre vos guerriers. Porus m'a disputé jusqu'aux moindres lauriers : Et j'ose dire encor qu'en perdant la victoire Mon ennemi lui-même a vu croître sa gloire ; Qu'une chute si belle élève sa vertu , Et qu'il ne voudrait pas n'avoir point combattu.
AXIAî>£.
Hélas î il fallait bien qu'une si noble envie
Lui fit abandonner tout le soin de sa vie ,
Puisque, de toutes parts trahi , persécuté,
Contre tant d'ennemis il s'est précipité.
Mais vous , s'il était vrai que son ardeur guerrière
Eut ouvert à la vôtre une illustre carrière ,
Que n'avez-vous , seigneur , dignement combattu ?
Fallait-il par la ruse attaquer sa vertu,
Et , loin de remporter une gloire parfaite ,
D'un autre que de vous attendre sa défaite ?
absolu est souvent près de l'équivoque. Il sert beaucoup en vers pour la rapidité et la précision; il peut nuire à la clarté , et celleci est avant tout.