‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 17 sur 185 · ACTE PREMIER. ifô · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER. ifô

ÉTÉOCLE

Hé bien! Madame, lié bien! il faut vous satifaire, Il faut sortir ■ du trône et couronner mon frère j Il faut, pour seconder votre injuste projet, De son roi que j'étais, devenir son sujet; Et , pour vous élever au comble de la joie , Il faut à sa fureur que je me livre en proie ; Il faut, par mon trépas

JO CASTE

Ah , ciel ! quelle rigueur !

Que vous pénétrez mal dans le fond de mon cœur! Je ne demande pas que vous quittiez l'empire : Régnez toujours , mon. fils, c'est ce que je désire. Mais si tant de malheurs vous touchent de pitié , Si pour moi votre cœur garde quelque amitié , Et si vous prenez soin de votre gloire même , ■ Associez un frère à cet honneur suprême ; Ce n est qu'un vain éclat qu'il recevra de vous : Votre règne en sera plus puissant et plus doux.

nier sens nVst sûrement pas celui que Racine a prétendu donner ici. L. B. *

* Celte remarque méritait d'être conserve'e : elle est non-seulement juste, mais assez fine.

1 Tl faut sortir du troue, etc.

M l'ivaise expression : on ne dit point qu'on entre au trône , ne dit pas mieux qu'il en faut sortir. L. B.

1 j \ LES FRÈRES ENNEMIS,

Les peuples , admirant cette vertu sublime , Voudront toujours pour prince un roi si magnanime; Et cet illustre effort , loin d'affaiblir vos droits , Vous rendra le plus juste et le plus grand des rois ; Ou , s'il faut que mes vœux vous trouvent inflexible -, Si la paix à ce prix vous paraît impossible, Et si le diadème a pour vous tant d'attraits , Au moins consolez-moi de quelque l heure de paix. Accordez cette grâce aux larmes d'une mère 2 : Et cependant , mon fds, j irai voir votre frère j La pitié dans son ame aura peut-être lieu , Ou uu moins pour jamais j irai lui dire adieu. i !■ ■ ii... . .

I Au moins consolez-moi de quelque heure de paix.

II faut quelques heures au pluriel. De plus, ce vers est prosaïque et manque d'harmonie. L'art d'un versilicateur habile consiste dans la manière de placer favorablement , pour l'oreille , les syllabes muettes. Quelque lu ure de paix rend le vers traînant. L.B.*

* Ajoutez , ce qui e'tait plus essentiel que tout le reste , que la préposition de est ici à contre sens. Ce n'est pas ie cas où elle peut être le vnonyme de par. On console à'une chose par une autre, et les heures de paix e'tant ici la consolation dans la pense'e de Jocaste , et non pas la chose dont on console , il fallait absolument , consolez-moi par quelques heures de paix.

a Accordez cette grâce aux larmes d'une mère. Racine a substitue' ce vers à relui qui suit :

« Accordez quelque trêve à ma douleur amère ». — L. B.

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