ACTE \, iCÈNE III
Mon frère a vainement recherché votre appui;
» dans le génie de ces nations, et avoir conserve à la fille d'As- >» drubal son véritable caractère. »
Cette excursion sur Sophonisbc . qui tient une grande place dans cette dissertation , n'es! ici que pour montrer la partialité de Saint-Erremond pour Corneille. Elle l'aveuglait au point de lui faire croire que le public avait eu tort en rejetant la S>phonisbc . et que celle pièce n'était tombée que parce que Tauleur ai- ait de plu à son siècle , pour être entré dans le génie des nations. Il ne songe pas que Corneille n'avait point deplu à son siècle dans Cinna et dans les Horaces , quoique jamais il ne fût mieux entré dans le génie des Romains : et il ne s'aperçoit pas, ou ne veut pas convenir que si Corneille a eu le malheur de ne pas plaire dans sa Sophonisbe . c'est que la pièce avait le malheur d'être mortellement froide , et que si celle de Mairet resta longtems encore en possession du théâtre , c'est que , malgré tous ses défauts , elle n'était pas sans intérêt. Il prétend faire la leçon au siècle sur le bon goût de Punti-juitc . qu'il attribue exclusivement à Corneille parmi les écrirait!* dramatiques, comme apparemment il se l'attribue aussi parmi leurs juges, et jamais prétention ne fut plus vainc , comme jamais i! n'y "t de louange plus mal— adroite. C'est précisément le bon p "t de l antiyuitc qui manquait a Corneille. Si ce goût avait e t» joint a ion rare génie , qui t- . il n'eû'paj tant ,ire
a Racine | et ne lût pas tombé si some'il de i.i hauteur naturelle.
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4o8 ' ALEXJWNDRE,
Et votre gloire , liéîas ! n'est funeste qu'à lui.
dans la scène du premier acte , entre Taxile et lui , avant qu'il ait dît un mot d'Axiane et de son amour , il de'veloppe , avec autant de noblesse que de force , son caractère et ses sentimens. Tout y est héroïque , et l'on sent que tout est vrai. C'est dans la suite de la pièce qu'il devient doucereux et fade comme Alexandre , en sorte qu'il est clair que Racine a d'abord représenté Porus tel qu'il le voyait , et a satisfait ainsi à l'histoire et au bon sens , et qu'ensuite il* l'a montre' galant, comme on le voulait , pour satisfaire a 1 i mode.
Ensuite, comment est-il possible qu'un homme qui sent si bien Je ridicule de cette galanterie , et qui en reconnait si bien le modèle dans les chevaliers errans des romans espagnols, loin de retrouver, et le même ridicule , et le même modèle dans les héros de Corneille, semble fermer les yeux pour ne pas voir ce que tout le monde voit, et oppose sans cesse l'exemple de Corneille à l'auteur à? Alexandre , qui l'a jusqu'ici fidèlement suiv'i ? On ne peut pas pousser plus loin l'aveuglement de la pfrévemion , et l'attachement obstiné à ce qu'il appelait , avec madame ôo Sévigné et quelques autres : ses vieilles admirations.
Ce n'est pas «\u'il ne se rappelât fort bien les scènes de Cleopâtre et de César àans la Mort de Pompée ; mais rien n'est plus inepte que les efforts qu'il fait pour les justifier, comme rien n'est plus faux que. les principes qu'il établit sur la place que doit tenir l'amour dans la tragédie et dans les grands personnages qu'elle met en scène.
« Corneille fait parler ses héros avec tant de bienséance . que » jamais il ne nous eût donné la conversation de César avec » Cléopâtre , si César eùi cru avoir les affaires qu'il eut dans :> Alexandrie, quelque belle qu'elle puisse être, jusqu'à rendre