ACTE TROISIÈME. l
SCÈSE II.
JOCAsTE seule.
Dureront-ih toujours ces ennuis si funestes? ]N 'épuiseront-ils point les vengeances célestes ? Me feront-ils souffrir tant de cruels trépas , Sans jamais au tombeau précipiter mes pas? O ciel , que tes rigueurs seraient peu redoutables , Si la foudre d'abord accablait les coupables ! Et que tes cbâtimens paraissent infinis , Quand tu laisses la vie à ceux que tu punis ! Tu ne l'ignores pas , depuis le jour infâme '
s'arrêter entre ces deux mots , peut Vêtre. Cette faute contre les premiers élémens de la versification , et déjà très-rare à l'époque des frères ennemis, devait être remarquée , ne fût-ce que pour faire voir avec quelle négligence l'auteur écrivit ce premier ouvrage , et avec quelle négligence d'une autre espèce il le laissa réimprimer si souvent sans corriger de pareilles fautes.
1 Tu ne r ignores pas, depuis le jour infâme.
\ v pression de jour infâme est incorrecte. En général, le mot iï infâme ne peut entier dans des vers nobles, si ce n'est de cette manière : infâme ravisseur. Infâme est pour les personnes , et non pour les choses. L. h. *
* Jour infâme est une expression impropre, parce qu'il n'y eut
en effet que du malheur et nulle infamie dans le mariage de Jo-
Infdme s< du de tout ce qui est déshonorant et déshonora .
des eh âme deJ bersonnes. Ou<>i ! Fon qc dirait pai dani L
l86 LES FRÈRES ENNEMIS,
Où de mon propre fils je me trouvai la femme, Le moindre des tourmens que mon cœur a soufferts , Egale tous les maux que l'on souffre aux enfers : Et toutefois , ô dieux , un crime involontaire Devait-il attirer toute votre colère ?
Le connaissais-je hélas ! ce fils infortuné ? Vous-mêmes dans mes bras vous l'avez amené. ■ C'est vous dont la rigueur m'ouvrit ce précipice. "N oilà de ces grands dieux la suprême justice ! Jusques au bord du crime ils conduisent nos pas ; Ils nous le font commettre , et ne l'excusent pas î
poésie la plus noble , un infâme complot , une infâme perfidie , un infâme artifice , un supplice infâme , etc. , etc. ?
L>ont Y infâme avarice est la suprême loi.
Alzire.
A la porte d'Aman est déjà préparé
D'un infâme trépas l'instrument exécrable.
Esther.
1 Le connaissais-je , hélas! ce fils infortune ? Vous-mêmes dans mes bras vous l'avez amené.
VARIANTE
« Le connaissais-je , hélas ! ce fils infortuné , » Lorsque dedans mes bras vous l'avez amené ? » L. B.
- Jusques au bord du crime ils conduisent nos pn i : Ils nous le font commettre , et ne l'excusent pas.
Pensée très-belle et en même teins très-juste , à ne consulter