‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 52 sur 185 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Et le sang d'un Iiltos , auprès des immortels , Vaut seul plus que celui de mille criminels. ■

JOCASTE

Connaissez mieux du ciel la Yengeance fatale.

Toujours à ma douleur il met quelque intervalle : 2

Mais , hélas ! quand sa main semble me secourir ,

C est alors qu'il s'apprête à me faire périr.

Jl a mis. celte nuit, quelque fin à mes larmes,

Afin qu'à mon réveil je visse tout en armes.

S il me flatte aussitôt de quelque espoir de paix ,

I 0 oracle cruel me l'ôte pour jamais.

II inanicne mon fils ; il veut que je le voie :

du tresor public : je le paierai du produit de mes terres ; de cette vente , de mes bois , etc. ; ce qui signifie sur le trésor , sur le produit . etc.

1 faut seul plus que celui de mille criminels.

ne a supprima ici le* quatre vers suivans :

■ Ce *or.t eux «1 • -nt la mai.i >u>| i ml la barbarie De deux fainj - .u'iin es d'une égale furie ; f .' >i de tant de sang ils n'étaient i oint lasses , I ' bouillante rage ils les auraient laides ». L. B.

5 Toujours 1/ ma douleur il nul quelque intervalle.

plaintes ont quelque chose de semblable à ce que dit Camille dans les Horaces :

Vtt-oil jamais une aine en un jour plus atteinte [)-• joie • ' <!'■ douleur | d'espérance .1 .1- crainte , ^Mervieeq e->c!a\c a phu d'éréntmens , etc. 1.

lîULt',, 1 'J

ig4 LES FRÈRES ENNEMIS,

Mais , hélas ! ' combien cher me vend-il celte joie !

Ce fils est insensible et ne m'écoute pas ,

Et soudain il me lote, et l'engage aux combats.

Ainsi , toujours cruel, et toujours en colère.

Il feint de s'apaiser, et devient plus sévère ;

Il n'interrompt ses coups que pour les redoubler ,

Et retire son bras pour me mieux accabler.

À.NTIGONE.

Madame , espérons tout de ce dernier miracle.

JO caste.

% a haine de mes fils est un trop grand obstacle. '• Polynice endurci n'écoute que ses droits ;

1 Mais , hélas '. combien cher me vend-il cette joie ! On trouve dans les premières éditions :

« Mais combien chèrement me vend-il cette joie ! » L. B* * Cette phrase est incorrecte ; il faut dire : Combien il me vend cher cette joie 1 Cher ne peut pas se séparer de vendre , parce que vendre cher est ce qu'on appelle une phrase faite. Ainsi le mot combien tombe sur le mot vendre , et signifie seulement qu'*7 me vend cher.

2 La haine de mes fils est un trop grand obstacle. Les quatre vers suivans ne se trouvent que dans les premières éditions :

« En vain tous les mortels s'épuiseraient le fia. , >. Ils se veulent baigner dedans leur propre sai. . » Tous deux voulant régner , il faut que l'un périsse : i) L'un a pour lui le peuple , et l'autre la justice ». L. B.

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