‹ Œuvres complètes de Jean RacineChapitre 53 sur 185 · JOCASTE, ÉTÉOCLE, ANTIGONE, CRÉON · texte numérisé non relu

JOCASTE, ÉTÉOCLE, ANTIGONE, CRÉON

JO CASTE

Mon fils , c'est donc ainsi que Ton garde sa foi ?

ÉTÉOCLE

Madame , ce combat n'est point venu de moi ,

Mais de quelques soldats , tant (TArgos que des nôtres ,

Qui . s 'étant querellés les uns avec les autres ,

Ont insensiblement tout le corps ébranlé , '

1 Ont insensiblement tout le rorj s ébranlé.

Tout le corps ébranle , pour ébranle t.ml te corps , inversion dore cl forcée. I> \\ *

* C, 1 n'étaient pas encore Urot-à— fait paires de

snode. C*es1 depuis <|u<- Uoi'.cau et Racine eurent écrit , qu'elles ne rcpararenl ploi dan* le M\lc lontenn, Eue* sont encore admises •l.ms la poésie b nliiic ; mais il y faut beaucoup «le discernement et <!»■ discrétion.

iqG les frères ennemis,

Et fait un grand combat d'un simple démêlé. La bataille sans doute allait être cruelle , Et son événement vidait notre querelle, Quand du fils de Créon L'héroïque trépas De tous les combattans l a retenu le bras, Ce prince , le dernier de la race royale, S'est appliqué des dieux la réponse fatale : Et lui-même à la mort il s'est précipité , De l'amour du pays noblement transporté.

JO CASTE

Ah ! si le seul amour qu'il eut pour sa patrie

Le rendit insensible aux douceurs de la vie ,

Mon fils , ce même amour ne peut-il seulement ,

De votre ambition vaincre l'emportement ?

Un exemple si beau vous invite à le suivre.

11 ne faudra cesser de régner ni de vivre :

Tous pouvez , en cédant un peu de votre rang ,

Faire plus qu'il n'a fait en versant tout son sang ;

11 ne faut que cesser de haïr votre frère ;

Vous ferez beaucoup plus que sa mort n a su faire.

O dieux ! aimer un frère , est-ce uu plus grand effort

Que de haïr la vie et courir à la mort ?

Et doit-il être enfin plus facile en un Mitre ,

De répandre son sang , qu'en vous d aimer le vôtre ?

1 De tous les combattans a retenu le bras. Racine a substitue ce vers au suivant :

* Des Th'Lains et des Grecs a retenu le bras ». L. B.

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