JOCASTE, ÉTÉOCLE, ANTIGONE, CRÉON
JO CASTE
Mon fils , c'est donc ainsi que Ton garde sa foi ?
ÉTÉOCLE
Madame , ce combat n'est point venu de moi ,
Mais de quelques soldats , tant (TArgos que des nôtres ,
Qui . s 'étant querellés les uns avec les autres ,
Ont insensiblement tout le corps ébranlé , '
1 Ont insensiblement tout le rorj s ébranlé.
Tout le corps ébranle , pour ébranle t.ml te corps , inversion dore cl forcée. I> \\ *
* C, 1 n'étaient pas encore Urot-à— fait paires de
snode. C*es1 depuis <|u<- Uoi'.cau et Racine eurent écrit , qu'elles ne rcpararenl ploi dan* le M\lc lontenn, Eue* sont encore admises •l.ms la poésie b nliiic ; mais il y faut beaucoup «le discernement et <!»■ discrétion.
iqG les frères ennemis,
Et fait un grand combat d'un simple démêlé. La bataille sans doute allait être cruelle , Et son événement vidait notre querelle, Quand du fils de Créon L'héroïque trépas De tous les combattans l a retenu le bras, Ce prince , le dernier de la race royale, S'est appliqué des dieux la réponse fatale : Et lui-même à la mort il s'est précipité , De l'amour du pays noblement transporté.
JO CASTE
Ah ! si le seul amour qu'il eut pour sa patrie
Le rendit insensible aux douceurs de la vie ,
Mon fils , ce même amour ne peut-il seulement ,
De votre ambition vaincre l'emportement ?
Un exemple si beau vous invite à le suivre.
11 ne faudra cesser de régner ni de vivre :
Tous pouvez , en cédant un peu de votre rang ,
Faire plus qu'il n'a fait en versant tout son sang ;
11 ne faut que cesser de haïr votre frère ;
Vous ferez beaucoup plus que sa mort n a su faire.
O dieux ! aimer un frère , est-ce uu plus grand effort
Que de haïr la vie et courir à la mort ?
Et doit-il être enfin plus facile en un Mitre ,
De répandre son sang , qu'en vous d aimer le vôtre ?
1 De tous les combattans a retenu le bras. Racine a substitue ce vers au suivant :
* Des Th'Lains et des Grecs a retenu le bras ». L. B.