ACTE QUATRIEME
POLYNICE
Si tu n'en veux sortir , tu pourras en tomber.
ÉTÉOCLE
Si je tombe , avec moi tu pourras succomber.
JOCASTE
Ob dieux ' que je me vois cruellement déçue i
ais-je tant pressé cette fatale vue , Que pour les désunir encor plus que jamais ? Ah ! mes fils , est-ce là comme on parle de paix ?
avec des couleurs plus ménagées : Equité tant qu'on vaudra , je la respecte; mais si Ton peut jamais être injuste . i/ est beau l'être pour régner.
Etèocle, dans la pièce française, ne donne aucune raison plausible du refus qu'il fait de céder le trône à Polynice. Dans la pièce grecque , il s'efforce au moins de justifier sa conduite par des motifs spécieux, pris dans sa passion.
Quelle lâcheté serait- ce de devenir sujet ', quand on s'est vu roi ' Ma/s quelle honte de céder ce trône h un perfide . qui ose j . nir les armes à ta main désoler sa patrie'. Quel opprobre pour Thaïes et pour moi , si la crainte des lances argiennes me forçait de descendre du trône , pour y placer un vainqueur .' Non , madam, .
.'était point à main armée que Polynice devait chercL trer en négociation avec moi; la raison, plus puissante qu armée, eût suffi. Qu'il habite cette terre, j'y consens: mais, /.i'.nui.t donné la loi, je me rabaisse à la recevoir , qu'il ne l'espère pas. •loycz donc , dit-il à Polynice , le fer et la flamnit : corn ^laines de chars : je ne céderai point ma couronne. 'IhcàtM i , tome 4- t>> B>
Quittez , au nom des dieux , ces tragiques pensées ; Ne renouvelez point vos discordes passées : Vous n'êtes pas ici dans un champ inhumain. Est-ce moi qui vous mets les armes à la main? Considérez ces lieux où vous prîtes naissance ; * Leur aspect sur vos cœurs n'a-t-il point de puissance ? Cest ici que tous deux vous reçûtes le jour ; Tout ne vous parle ici que de paix et d'amour : Ces princes , votre sœur , tout condamne vos haines ; Enfin moi , qui pour vous pris toujours tant de peines , Qui , pour vous réunir, immolerais.... Hélas ! Ils détournent la tête , et ne réécoutent pas ! Tous deux pour s'attendrir ils ont l'ame trop dure ;
* Considérez ces lieux ou vous prîtes naissance.
C'est une répétition. Jocaste leur a déjà dit au commencement de la scène :
Dans ce même palais où vous prîtes naissance.
Je ne remarque cette faute , qui est légère , que pour avertir que le commentateur s'est trompé en jugeant « qu'il y a de la 3> mal-adresse à Jocaste de -j- rappeler à ses fils le lieu de leur » naissance , qu'ils ne doivent qu'à un crime. »
Ce scrupule est très-frivole. Le crime de leur naissance ne <M.!ruil en rien ce pouvoir si nature! qu'a sur tou« les hommes Je lieu ou ils sont ntls. Euripide n'a pas eu ce scrupule , et a bien connu ce pouvoir dont il a tiré des effets pathétiques.
-J- JV. B. Il faut, pour la grammaire , à rappeler.-